1914-1929-1939 – Les mécanismes économiques menant aux guerres mondiales

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Depuis quarante années, le canon n’a pas tonné en Europe. De temps à autre, quelque alerte a secoué le continent, mais chaque fois le conflit s’est dénoué, l’orage s’est dissipé. Un état d’esprit s’est créé – tout au moins en France – qu’un guerre européenne était désormais impossible. Excepté les journaux militaristes qui annoncent 365 jours par an la guerre comme prochaine, tout le monde croit à la paix.

“Ce dossier a pas pour but de comparer sur certains points ces périodes de l’histoire à ce qui arrive aujourd’hui, la guerre au final comme seule solution quand la crise deviendra insupportable, la montée politique aux extrêmes comme un gage du consenti des peuples…”

Jean Michel Quatrepoint – Parrallèle entre la 1ere guerre mondiale et celle qui arrive Documentaire (2 parties) – “1929 – La crise” – Documentaire qui va plus loin que la simple explication de 1929, soulignant les conséquences directes:la montée politique aux extrêmes et la seconde guerre mondiale en 1939.  Produit par William Karel avec de nombreux intervenants, notamment pour les plus connus, le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et l’économiste Daniel Cohen
19/03/2012 – 4 Mars 1911 – L’approche de la guerre – Extrait de la revue “Le Succès”
Depuis quarante années, le canon n’a pas tonné en Europe. De temps à autre, quelque alerte a secoué le continent, mais chaque fois le conflit s’est dénoué, l’orage s’est dissipé. Un état d’esprit s’est créé – tout au moins en France – qu’un guerre européenne était désormais impossible. Excepté les journaux militaristes qui annoncent 365 jours par an la guerre comme prochaine, tout le monde croit à la paix.Cette confiance dans la solidité de la paix est exagérée ; je dirai même que cette confiance ne me semble légitimée par rien. Nous nous trouvons à la veille d’un gigantesque conflit européen. Les nations y marchent à grands pas ; elles s’y préparent fiévreusement. Mais les Guillots de la presse chauvine ont si souvent crié : au loup ! que l’opinion publique ne croit plus au danger et marche les oreilles bouchées, les yeux clos dans un rêve de paix.Je n’entends pas dire que la guerre va éclater instantanément. Mais, ainsi que le montreront les faits que je vais étaler, elle est une menace suspendue sur l’Europe ; elle peut éclater dans dix ans, dans cinq ans, peut être avant.

Les causes économiques des guerres

S’il est arrivé autrefois – et je n’en suis pas sûr – que des peuples se soient entredéchirés dans des questions d’honneur national, pour des raisons politiques, aujourd’hui ces prétendues causes de guerre se règlent facilement par voie diplomatique.

Ce qui s’arrange moins aisément ce sont les conflits économiques ; l’eau bénite de cour et les simagrées des diplomates ne suffisent pas à les aplanir. Il faut que fléchisse un côté de la balance, que soient supprimer des avantages matériels et alors les résistances sont formidables.

Le monde est un vaste champs où se heurte les compétitions, les appétits capitalistes. Plus même que des appétits : des forces fatales, des nécessités d’expansion commerciale.

L’outillage mécanique de chaque nation oblige à produire, à surproduire. Cette surproduction, il faut l’écouler. On s’élance alors sur les marchés mondiaux, tout en fermant son propre marché par des tarifs prohibitifs.

On se jette sur les pays neufs. Chaque nation s’efforce d’y assurer la prépondérance aux produits de son industrie. Et par une conséquence naturelle, un pays marche à la rencontre d’un autre, se heurte à lui. Qui est-ce qui assurera en définitive la suprématie commerciale de ses nationaux et comment ? Le plus fort, et par la guerre.

Mais à mesure que les pays neufs sont pénétrés, qu’ils sont saturés de produits, la concurrence se fait plus âpre, la situation devient plus tendue. Lentement mais sûrement, l’épée sort du fourreau. Plus d’une nation, aujourd’hui, est prête à se jeter dans la balance.

Il suffit d’examiner les dernières guerres pour se convaincre que des conflits économiques seuls les ont ouvertement provoquées.
Existe-t-il un antagonisme franco-allemand ?L’expansion commerciale de la France est-elle une menace pour l’Allemagne ? Il serait ridicule de le prétendre tant est grande l’infériorité de notre outillage national.Commercialement, le voyageur allemand l’emporte partout, dans toutes les nations, sur le voyageur français. A lui seul le port d’Hambourg a un trafic supérieur au commerce français, importations et exportations réunies.

L’Allemagne n’a rien à craindre de notre côté. Nulle part la France n’est sa rivale.Le commerce entre les deux nations justifierait-il une guerre ? Non ! Le rapport de M. A. Picard, président de la commission permanente des valeurs des douanes pour 1909, le prouve. En 1900, la France achetait à l’Allemagne pour 427 millions de francs de marchandises et l’Allemagne achetait à la France pour 465 millions de produits. En 1909 nos achats de produits allemands sont montés à 661.100.000 francs, ceux des Allemands à la France à 725.900.000 francs.Ainsi les échanges entre les deux pays augmentent avec la même vitesse et se balancent à peu de chose près. Nous vendons aux Allemands principalement des produits de luxe. eux nous envoie surtout de la camelote et des articles à bon marché. On voit qu’il n’y a pas de rivalité commerciale entre les deux pays.

Au point de vue industriel, que voyons nous ? Un phénomène identique. Les industriels allemands s’associent, de plus en plus, avec les industriels français.

Les deux rivales.Ainsi, il n’existe pas de rivalité commerciale entre l’Allemagne et la France. En est-il de même en l’Angleterre et l’Allemagne ? Non !Un simple examen de la situation va nous montrer la lutte industrielle et commerciale que ce livrent ces deux nations.

Pour bien saisir toute l’importance, il faut nous reporter à quarante ans en arrière : il faut remonter à 1870.

A cette époque, l’Allemagne industrielle n’existait pour ainsi dire pas. L’Angleterre rayonnait sur le monde, grâce à son merveilleux outillage industriel infiniment supérieur à celui des autres nations.

L’Allemagne achetait à l’Angleterre ses fers et ses cotons. La grande majorité des navires qui fréquentaient les ports allemands étaient anglais. La flotte à vapeur de l’Allemagne comprenait seulement 147 navires, dont la plupart sortaient de chantiers anglais.

Les années 1870-80, écrit M. F. Delaisi dans « La Force Allemande », furent, pour la Grande-Bretagne, d’une prospérité inouïe. A ce moment, Albion règne vraiment sur le monde. Birmingham inonde l’univers de ses fers, Manchester de ses cotonnades…
…Sans les coups de canons et sans fracas militaires, par la seule supériorité de son industrie, l’Angleterre est en train d’accaparer le monde.

L’Angleterre pouvait donc se croire – et nous pouvons dire, aujourd’hui, qu’elle a cru pendant trop longtemps – être imbattable sur les marchés et les mers du monde.

La guerre de 1870 modifia, bouleversa l’ancien état de choses. Bismarck réalisa d’abord l’unité allemande.

Par le protectionnisme et par un grand programme de travaux publics, il permit à l’industrie rhénane, saxonne et silésienne de se développer. Par les lois sociales, il assura une tranquillité relative à cette industrie pendant sa période d’expansion.L’Allemagne traversa ainsi trois grandes périodes : la première, d’organisation politique, de 1871 à 1880 ; la deuxième, d’organisation industrielle, de 1880 à 1893 ; la troisième commerciale, de 1893 à 1900, où nous voyons le nombre annuel d’émigrants décroître dans d’énormes proportions, l’Allemagne retenant tous ses travailleurs.[S’en suit une liste considérable de comparaisons sur l’évolution de la flotte à vapeur des deux pays, le nombre global de leurs équipages, leur production de houille, de fonte, leur PIB, PBN, leur réseau ferroviaire… Bref une série de données considérables qui rendait cet article complètement indigeste. Il en ressort que l’Angleterre est en perte de vitesse, surtout en Asie et en Europe, alors que l’Allemagne voit son rythme de croissance s’accélérer. Ces passages sont disponibles par mail.]

A vrai dire, il y a longtemps que les Anglais ont jeté le cri d’alarme. Il y a quelques années, sous la pression de l’opinion publique, le gouvernement anglais crut arrêter, en Angleterre même, la marche ascensionnelle des produits allemands. Il obligea les industriels allemands à mettre sur leurs produits une marque indiquant leur provenance, croyant en gêner l’écoulement. Un livre récent Made in Germany a révélé que depuis que cette marque existe, non seulement les entrées de marchandises allemandes n’ont pas diminué, mais qu’elles ont augmenté considérablement.

Ces fait marquent le degré d’acuité des relations anglo-allemandes. Ainsi, en Orient comme en Europe, l’influence anglaise, le développement commercial anglais se heurtent à l’action puissante et continue de l’Allemagne et sont paralysés par elle. Se sachant mieux outillée industriellement et commercialement, l’Allemagne ne perd pas une occasion de l’affirmer, froissant ainsi les susceptibilités de sa rivale.

Les esprits sont tendus en Angleterre comme en Allemagne. La furie du gouvernement anglais pour son armement a gagné le pays : campagnes de presse et discours ministériels ont porté leurs fruits. Qu’on ne s’y trompe pas.

Dernièrement, dans le rapide de Boulogne, le hasard me fit lier conversation avec un ingénieur des constructions navales anglaises qui allait en Italie, à Budapest et à Constantinople.
La discussion vient sur la question de savoir qui avait la supériorité de l’outillage économique. Les Anglais, les Français ou les Allemands ? je soutenais que l’infériorité de l’Angleterre vis-à-vis de l’Allemagne provenait de ce qu’elle n’avait pas su faire neuf et renouveler son outillage.

Il en convint et mis la conversation sur la possibilité d’un conflit anglo-allemand.

– Ce sera une drôle de guerre, disait-il. Que fera l’Autriche ? De quoi est capable la France ? Quoi qu’il en soit, nous aurons la guerre avant cinq ans. Nous serons roulés par les Allemands au début, mais vainqueurs à la fin.

Voilà l’état d’esprit général des Anglais. La guerre leur apparaît comme inévitable.

23/01/2012 – 1931: Faillites d’états, Grèce et agences de notation…
En 1930, en effet, le Trésor américain reproche à ces agences de n’avoir pas vu venir les faillites en chaîne des banques et la crise boursière de l’automne 1929. Celles-ci entreprennent de ce fait d’élargir leur champ d’action des entreprises aux Etats.Elles ont toutefois conscience que les dettes internes – celles exprimées dans la monnaie des Etats – ne doivent pas être notées, car les banques centrales, en tant que prêteurs en dernier ressort, sont là pour les monétiser et éviter la banqueroute. Elles notent donc les dettes en dollars et en livres sterling. Mais la chute des cours des matières premières provoque dans certains pays, notamment latino-américains, des déficits commerciaux qui assèchent leurs réserves en devises. Fin 1930, les agences baissent la note du Brésil et de la Bolivie et, en janvier 1931, la Bolivie fait défaut.Dans les couloirs des administrations de Washington, on reproche aux agences de se concentrer sur la zone américaine et d’ignorer l’Europe. Moody’s réagit au quart de tour et repère l’homme malade de l’Europe : la Grèce. A Athènes, le premier ministre est Elefthérios Vénizélos, leader du centre gauche et héros national depuis qu’il a associé la Grèce à la victoire des Alliés dans la première guerre mondiale. Redevenu premier ministre en 1928 dans une Grèce républicaine depuis 1923, il mène une politique de réformes économiques fondée en particulier sur la réduction du nombre de fonctionnaires et l’augmentation des investissements publics. A l’opposition monarchiste qui l’accuse de ruiner l’Etat, il répond par la distinction entre la «bonne dette qui prépare l’avenir » et la mauvaise qui sert à payer des fonctionnaires, et qu’il a su écarter.

Sauf que Moody’s ne l’entend pas de cette oreille et dégrade la Grèce. Le résultat ne se fait pas attendre : les taux d’intérêt grimpent, les capitaux fuient, la Société des nations refuse son concours. Le 25 avril 1931, Vénizélos impose un strict contrôle des changes. Quelques bons esprits lui conseillent de dévaluer la drachme pour relancer la croissance, accroître les exportations et permettre à l’Etat grec de trouver les devises dont il a besoin pour honorer ses engagements extérieurs. Il s’y résout et laisse la drachme suivre à l’automne 1931 la livre sterling dans sa chute par rapport au dollar. Le 1er mars 1932, la Grèce, dont la dette en dollars a explosé du fait de la dévaluation, fait défaut. Les victimes de ce défaut sont d’abord les banques françaises et italiennes. Puis la population grecque : gangrenée par l’inflation due à la dévaluation, l’économie fragile du pays part à vau-l’eau, les émeutes se multiplient, et Vénizélos perd les élections fin 1932.

La monarchie est restaurée en 1935 et, en 1936, le général Metaxas s’empare du pouvoir par un coup d’Etat débouchant sur une répression brutale des syndicats et de l’extrême gauche. En 1940, quand Mussolini lance ultimatum sur ultimatum à Athènes, il réclame entre autres le remboursement des sommes annulées, avant d’attaquer la Grèce le 28 octobre. Entre-temps, Moody’s a été prise d’une sorte de vertige face au drame grec. En 1936, ses dirigeants expriment leur regret sur ce qui se passe et annoncent qu’ils arrêtent de noter les dettes publiques. Fitch suit en annonçant qu’elle cesse de noter… ladette allemande. »

Jean-Marc Daniel, professeur à l’ESCP-Europe – le Monde.
31/08/2011 – Un sénateur américain compare la situation actuelle avec celle qui précéda la Seconde Guerre mondiale
Perry Clark, élu démocrate américain, est sénateur de l’Etat du Kentucky, USA. Le 8 août 2011, quelques jours après la ratification de l’accord sur le relèvement du plafond de la dette américaine par Barack Obama, Perry Clark publiait une lettre d’une page, adressée à ses concitoyens et exposant ce que tout le monde sait, mais cherche à cacher. Surprenant, il n’a pas été exclu de son parti.
« Mes chers citoyens, après mûres réflexions sur l’adoption d’une loi de replafonnement de la dette et d’austérité budgétaire la semaine dernière à Washington, j’ai décidé que c’en est assez. Cette législation est effrontément inconstitutionnelle, c’est pourquoi je lance un appel par la présente à la mise en œuvre d’une série d’actions d’urgence pour réparer les dommages causés, en commençant par la démission du Président Barack Obama.
Notre nation et le monde sont au seuil du chaos économique et social. Le système financier est en phase de désintégration et la plupart de nos états et de nos villes subissent des coupes budgétaires sans précédent qui ont pour conséquences l’accroissement du taux de mortalité. Cette situation rappelle la crise de 1933. Cette même année, l’Allemagne, sous les ordres de Wall Street et de la City de Londres, mettait Hitler au pouvoir. Dans le même temps, les Etats-Unis empruntaient la voie patriotique avec l’élection de Franklin Roosevelt et la mise au pas de Wall Street.
Le 2 août 2011, sous l’énorme pression des mêmes banquiers de Wall Street et de Londres qui ont mis Hitler au pouvoir, le Congrès des Etats-Unis a adopté une législation en violation flagrante de la Constitution des Etats-Unis, Article 1 Section 8. Le Congrès entérine ainsi un programme d’austérité vicieux et inutile et crée un « super-Congrès » de douze membres pour appliquer ce programme. La totalité du projet, dont le super-Congrès, l’interdiction des débats et amendements, et le mécanisme de déclenchement automatique, est effrontément inconstitutionnelle. Cela fait directement écho à la loi allemande de 1933 abandonnant le pouvoir législatif aux mains du gouvernement criminel d’Adolf Hitler. Il fallut attendre les procès de la Seconde Guerre Mondiale pour que le monde se remette de cette folie.
Le Président Obama a été un acteur central de cette législation, et à partir du moment où il a apposé son nom sur ce texte, il a franchi la limite. De nombreux membres du Congrès ont dénoncé ce texte, et des leaders nationaux l’ont déclaré inconstitutionnel. Il est aujourd’hui nécessaire d’aller plus loin. Je me joins à l’homme d’état américain Lyndon LaRouche et demande la démission immédiate du Président, sans quoi il devra faire face à une procédure de destitution.
Tous les élus, dont je fait parti, ont juré solennellement de « protéger, défendre et promouvoir » la Constitution des Etats-Unis. J’appelle donc ici le Congrès a renouveler son serment et à annuler la législation du 2 août.
Une fois fait, j’appelle le Congrès à rétablir sans délai la seule solution viable à la crise économique et à restaurer le Système américain d’économie. Nous devons commencer par rétablir la loi Glass-Steagall et ainsi mettre Wall Street en échec une bonne fois pour toute. Il faut pour cela une adoption rapide du projet de loi H.R. 1489 à la Chambre des représentants et au Sénat, pour restaurer la loi Glass-Steagall de 1933. Pendant les 66 années où la loi Glass-Steagall était en vigueur, les banques de Wall Street étaient sous contrôle, et nous avons évité l’effondrement financier. Le rétablissement de Glass-Steagall est la première étape indispensable à la reconstruction de notre nation. Et alors que nous nous engagerons sur cette voie, nous deviendrons un modèle et une source d’inspiration pour les nations qui souhaitent nous suivre.
Je presse le Congrès à faire son devoir. Ce n’est pas une période pour les « soldats à mi-temps » ou les « patriotes de la dernière heure ». Le peuple américain a trop souffert et ne mérite rien de moins ».
02/07/2011 – Extrait – 1934 – Ce que l’on appelle la crise

 

Article écrit par Jacques Duboin dans le journal “l’œuvre” du 2 juillet 1934
Un peuple peut-il avoir intérêt à faire la guerre ? Interrogez un européen moyen, en lui demandant : « Pourquoi armez-vous ? ».
Il répondra : « De peur des voisins qui peuvent se servir de leurs forces pour envahir mon pays ».
Là-dessus, demandons encore : « Pourquoi envahiraient-ils votre pays ? ».
Réponse : « Parce qu’ils veulent s’emparer de mes richesses, trouver des débouchés à leurs nationaux, bref parce qu’ils veulent une plus grande place dans le monde ».

Donc, certaines nations convoitant les territoires qui ne leur appartiennent pas, il faut être bien armés pour se défendre, comme elles sont bien armées pour attaquer.

C’est le thème de campagne de presse et de discours politiques retentissants dont le fond est toujours à peu près ceci : la prospérité d’un pays est intimement liée à sa puissance militaire en fonction, directe, appuient les nationalistes impénitents.
Malheureusement ce truisme est d’une bêtise à faire pleurer : Si la prospérité d’un pays est en fonction directe de sa puissance, les Hollandais, les Belges, les Suisses, les Danois, etc… sont condamnés à la misère…
D’autre part, qui voudra bien m’expliquer comment on peut s’emparer par la force de la fortune, de l’industrie, du commerce, de l’agriculture, en un mot de la prospérité d’une autre nation ?
Car si la force est impuissante à se procurer tout cela, à quoi bon se servir de la force ? Autrefois, oui, du temps de Rome et pendant toute l’antiquité, la conquête procurait des avantages au vainqueur. Celui-ci pouvait exploiter le territoire conquis, à son profit ou à celui de ses sujets. On réduisait les vaincus à l’esclavage, on enlevait les femmes, les fruits de la victoire n’étaient pas un, vain mot. Au Moyen-Age, la guerre de conquête se justifiait encore par la possibilité de s’emparer d’un riche butin : or, argent, meubles précieux ; on pouvait ainsi partager le territoire du vaincu entre les féaux du vainqueur, comme le firent les Normands au moment de la conquête de l’Angleterre, mais aujourd’hui ? Le vainqueur a déjà trop de stocks qu’il ne peut pas écouler, va-t-il chercher à les grossir ; encore des stocks du vaincu ?
Où est donc le bénéfice que peut rapporter l’emploi de la force ? La dévastation ? Elle est possible momentanément mais elle n’enrichit pas le vainqueur. En fait, elle ne détruit pas le potentiel économique du vaincu, car celui-ci dépend des riches ses naturelles et de l’activité de ses habitants.
L’exemple de nos régions dévastées, remises en état à une échelle beaucoup plus grande, en quelques années seulement, démontré l’inutilité de ces destructions systématiques auxquelles, se complaisent les barbares. Se contentera-t-on d’exterminer la population ? C’est autant de consommateurs éventuels que supprime le vainqueur au détriment de ses propres industriels et commerçants.
Pour peu que nous regardions autour de nous, nous voyons tous les grands peuples en face du même problème : éviter la misère qui les gagne à l’heure où chacun d’eux s’installe dans l’abondance. Les mêmes difficultés assaillent les Américains, les Allemands, les Italiens, les Anglais, les Français, etc…
Tous ces peuples sont au pied du mur et ne peuvent esquiver plus longtemps la solution logique que comporte la situation.

Quant à résoudre les difficultés en cognant sur le voisin, ce n’est certes pas une éventualité à exclure, mais c’est de beaucoup la plus stupide et la plus criminelle.

30/06/2011 – 1914: Quand les grandes puissances provoquent des guerres pour éviter la faillite…
Bien que ce soit l’un des secrets les mieux gardés de la guerre 1914-18, le Trésor et les finances de l’Empire britannique étaient déjà en faillite au moment où la guerre était déclarée entre la Grande-Bretagne et le Reich allemand.
Si l’on examine la réalité des relations financières des principales parties entrées en guerre, on découvre un arrière-fond extraordinaire de crédits secrets, de plans pour partager les matières premières et la richesse physique du monde entier d’alors, sur la base de crédits par tranches. A ce moment-là, il fut décidé que New York devait être le banquier de l’entreprise !En effet, la Première Guerre mondiale fut déclenchée quand on s’aperçut que les réserves d’or des pays belligérants ne pouvaient pas financer les hostilités ni garantir la valeur des émissions de monnaie fiduciaire des Banques centrales. Comme la production ne pouvait pas suivre le rythme de ces émissions, il s’ensuivit une dégradation constante de la valeur des monnaies et l’instauration de leur cours forcé, souvent accompagné d’un moratoire. Comme les échanges internationaux se réglaient en or, tout fut mis en œuvre afin d’exiger que les réserves d’or des pays belligérants soient envoyées vers les pays créanciers. Ainsi se déplaçait le centre de pouvoir de l’Europe vers les Etats-Unis ! Bien évidemment, l’ampleur de ces mouvements de capitaux déstabilisa les marchés des changes et freina le commerce international.
Transfert des réserves d’orA en croire les livres d’histoire populaire, c’est un assassinat serbe qui déclencha les hostilités en tuant à  Sarajevo, le 28 juin 1914, l’héritier du trône d’Autriche, l’archiduc François-Ferdinand.. Après un mois de négociations frénétiques, l’Autriche déclara la guerre au petit Etat de Serbie, tenu pour responsable du meurtre. Elle avait été assurée de l’appui de l’Allemagne, au cas où la Russie soutiendrait la Serbie. Le lendemain, le 29 juillet, la Russie donna des ordres de mobilisation à son armée, en préparation de la guerre. Puis le même jour, à la réception d’un télégramme de l’empereur allemand le suppliant de ne pas  mobiliser, le tsar Nicolas II annula ses ordres. Le 30 juil­let, le haut Commandement russe persuada le faible tsar de reprendre la mobili­sation. Le 31 juillet, l’ambassadeur allemand à Saint Pétersbourg remit au tsar une déclaration de guerre. Le 3 août 1914, l’Allemagne déclara la guerre à la France et les troupes alle­mandes envahirent la Belgique. Le 4 août, l’Angleterre déclara la guerre à l’Allemagne en invoquant ses engagements envers la protection de la neutralité belge. Répétons-le encore, la décision britannique d’entrer en guerre pour protéger son voisin belge sur le continent intervenait au moment où le Trésor britannique et le Système de la Livre Sterling étaient de fait en faillite. C’est d’autant plus étonnant à la lecture  d’une série de mémorandums internes du Trésor britannique,  connus désormais des historiens.En janvier 1914, six mois avant le casus belli de Sarajevo, le chancelier britannique avait demandé à Sir George Paish, haut fonctionnaire du Trésor, de mener une étude exhaustive sur les réserves-or britanniques. Depuis les années 70, la Livre Sterling et la City de Londres représentaient le pivot du système financier et monétaire mondial, de la même façon que New York et le dollar représentent ce pivot depuis 1945 sous le système de Bretton Woods. Le mémorandum confidentiel de Sir George est révélateur de la pensée officielle à Londres à l’époque. Dans son étude, Paish parlait de la sophistication progressive des grandes banques commerciales allemandes depuis les crises des Balkans en 1911-12, ce qui les conduisit à renforcer considérablement leur réserve-or. Paish avertit Lloyd George que tout retrait soudain de fonds hors de Londres  pourrait sérieusement entraver la capacité de la nation à collecter l’argent nécessaire pour mener une grande guerre. C’était, rappelons-le, six mois avant Sarajevo. Les paiements en espèces -or et argent- furent suspendus en même temps que l’Acte bancaire de 1844, ce qui mit à la disposition de la Banque d’Angleterre une grande quantité d’or pour faire face aux paiements de nourriture et de matériels militaires. Les Britanniques reçurent à la place des billets de la Banque d’Angleterre comme cours légal, pendant la durée de l’état d’urgence, soit jusqu’en 1925.

Les fondations de la domination britannique instaurée après 1815 pourrissaient déjà à l’époque depuis une cinquantaine d’années. Dans les années 50 du XIX° siècle, la Grande-Bretagne avait été la première puissance industrielle du monde. Mais, notamment à partir de la panique de 1857, les élites britanniques commencèrent à piller systématiquement leur propre économie industrielle ainsi que celle du reste du monde[1]. Après 1857, la politique officielle adoptée par la Banque d’Angleterre consistait à réguler la quantité de réserves-or mondiales, alors basées à Londres, en élevant ou abaissant les taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre, plutôt qu’en traitant les causes sous-jacentes de la stagnation technologique domestique. Donc, à la suite de ce changement politique fondamental, alors que l’or quittait l’Angleterre et mettait en danger les réserves de crédit du pays, la Banque d’Angleterre réagit en haussant ses taux, à commencer par son taux d’escompte bancaire. L’or se mit alors à affluer vers Londres, depuis d’autres centres tels que Paris et  New York. Bien sûr, l’investissement dans l’industrie nationale s’effondra  et les exploitations agricoles péricli­tèrent en Angleterre. Mais jusqu’à la fin des années 1890, la Grande-Bretagne tenta de compenser cette dévastation en saignant ses colonies, surtout l’Inde, contrôlant les termes d’échanges à l’avantage du pouvoir financier de la City de Londres. La famine, la dépression industrielle et des conséquences semblables de par le monde étaient le fait de ces cercles qui forgeaient les politiques monétaires comme les Barings, les Rothschild[2], les Hambros. Toutefois, jusqu’en 1914, ces manipulations se  révélèrent inefficaces[3].

Dès les années 1890, du point de vue du  développement technologique et agricole, l’industrie britannique s’était fait amplement dépasser par le reste du monde. Deux nations venaient en tête : l’Amérique et l’Allemagne. Dans les années 1870, 1′Allemagne avait commencé à bâtir sa propre structure bancaire indépendante pour libérer son com­merce extérieur de la finance londonienne. En 1893,1′Allemagne répondit à une panique bancaire provoquée à Berlin en convoquant une commission nationale. Composée de dirigeants de l’industrie, de l’agriculture, du gouvernement et de la banque, elle était représentative de tous les groupes d’intérêt économiques de la nation. Il en résulta des lois strictes imposées aux autres nations industrielles, limitant, voire interdisant le commerce à terme et d’autres formes de spéculation en bourse. Le crédit fut alors orienté vers l’investis­sement, l’agriculture et l’industrie. On développa rapidement la flotte al­lemande de manière à donner au pays un plus grand contrôle sur son propre commerce, brisant le monopole britannique sur les transports marchands. Les machines allemandes, de qualité supérieure, commencèrent à pénétrer les marchés anglais et même américains. La domination de l’Empire britan­nique était menacée. Mais l’Establishment britannique refusa de se rendre à l’évidence en changeant de cap après cinquante années d’une politique industrielle de désinvestissement monétariste[4]. A la place, il se prépara à la guerre pour réorganiser les conditions de fonctionnement de l’économie mondiale[5]. Au lieu de moderniser l’industrie britannique, l’Angleterre se tourna vers ses amis dans la communauté bancaire internationale de New York, et négocia « un très gros prêt ». Londres joua bientôt son va-tout. Son marché à l’investissement le plus important depuis les années 1870 était les Etats-Unis…

[1] C’est encore la même chose aujourd’hui avec les Etats-Unis…

[2] Les Rothschild sont la plus puissante des dynasties de la Banque depuis le XIXème siècle.

[3] C’est précisément ce qui arrive aujourd’hui aux Etats-Unis : malgré les manipulations des statistiques, des taux d’intérêt et des marchés de matières premières, les effets recherchés par les familles bancaires sont de plus en plus réduits dans le temps !

[4] Que s’est-il passé aux Etats-Unis ces trente dernières années ? La même politique de désindustrialisation fut appliquée par la Haute finance… comme s’il était prévu d’engager les Etats-Unis vers une voie sans retour.

[5] En 2007, que s’apprêtent  à faire les dirigeants américains pour l’ensemble du Moyen-Orient

Extraits de l’ouvrage de Jacques Delacroix : 1929-2007 des parallèles stupéfiants – Le Pouvoir occulte met Wall Street dans son ligne de mire. Liesi

08/07/2011 – Crise économique et géopolitique

Quelles sont les principales nouveautés par rapport aux précédentes sorties de crise ? (par exemple celle de 2001, après la chute du « Dot.com »D’une part, le niveau élevé de l’endettement public des Etats industrialisés (aux alentours de 80% avec une tendance à la hausse) qui s’accompagne d’un endettement également élevé des ménages et des entreprises.
L’endettement total des Etats-Unis, dépasse 350% du PIB et celui de la France approche 320 %. Si l’on compare avec les années 80 ou 90, on remarque qu’à l’époque, c’était les pays en voie de développement qui souffraient d’un endettement excessif (l’Amérique Latine dans la décennie 80 et l’Asie du Sud-Est, à la fin des années 90).
Grâce à l’intervention du FMI et d’un ajustement parfois douloureux, ces pays ont retrouvé une situation financière satisfaisante, qui leur a permis de franchir sans trop d’encombres la crise économique actuelle.
L’autre différence, qui n’est pas totalement indépendante du point précédent, c’est la « croissance rapide des échanges « Sud-Sud », c’est-à-dire entre pays émergents.
On assiste donc à un découplage partiel entre le monde dit «occidental» et l’Asie. En outre, la baisse des exportations issues des pays asiatiques est largement compensée par la hausse de la consommation intérieure de ces pays, qui abritent, rappelons-le, pratiquement la moitié de la population mondiale !
Conséquence inquiétante de cette nouvelle configuration du monde : la postérité actuelle et future des pays émergents ne va pas forcément favoriser le redémarrage de nos économies. Nous devons avant tout compter sur nos ressources propres.
Or le niveau de l’endettement anticipé dans les prochaines années (persistance de déficits budgétaires élevés, dérapage des systèmes de retraite et de protection sociale, maintien d’un chômage élevé) va bloquer durablement nos efforts de relance.
Ainsi qu’il a été indiqué dans mes éditoriaux précédents, les voies de désendettement sont limitées : la baisse des dépenses publiques se heurtent à l’opposition des opinions publiques (cf.la Grèce), la hausse des impôts risque d’étouffer la consommation renaissante, l’inflation reste peu probable (compression des salaires en raison de l’importance du chômage, surcapacités industrielles dans de nombreux secteurs, impossibilité de dévaluer pour les pays de la zone euro, etc.).
Reste la solution d’un moratoire ou d’un défaut de paiement généralisé, dont l’histoire montre que ce sont des alternatives dangereuses (cf. le précédent allemand de 1930).
Sur le front géopolitique, on assiste en parallèle à des surenchères inquiétantes : la course vers le nucléaire de l’Iran, susceptible de provoquer une frappe préventive d’Israël, ou des Etats-Unis ; le pourrissement de la situation interne au Pakistan, puissance nucléaire (en conflit permanent avec l’Inde, autre puissance nucléaire) et travaillé par le fondamentalisme ; l’avenir sombre de la Corée du Nord ; l’Afghanistan et l’Irak, où s’enlisent les armées occidentales.
Là encore, le précédent historique de 1936 n’est pas rassurant. A cette date, la Grande Dépression n’est pas encore surmontée. On a pourtant tout essayé: le libéralisme et son laisser-faire (1929-1932) ; l’interventionnisme (le New Deal américain, par exemple, à partir de 1933) ; le protectionnisme, une erreur certaine ; des moratoires partiels sur les dettes issues de la Première Guerre Mondiale, etc. En 1936, l’économie mondiale n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant la crise et le chômage reste élevé (excepté en Allemagne, compte-tenu de la mise en place du programme national-socialiste).
Il faut souhaiter que les évènements tragiques de l’avant-guerre ne se reproduisent pas. D’une certaine façon, une économie de guerre permet de résoudre les problèmes d’une société minée par le chômage, la stagnation du niveau de vie et le blocage de l’ascenseur social, mais à quel prix ! Il est tentant pour la puissance publique de fédérer la nation autour de la défense du territoire ou d’autres objectifs encore plus bellicistes.
Cela permet de justifier facilement des moratoires ou un désendettement appuyé sur des confiscations diverses.
Mais peut-être que ce n’est qu’un mauvais rêve.

01/10/2010 – 1939 – Le monde bascule dans la guerre et la bourse s’envole

Il faut remonter à 1939 pour trouver un meilleur mois de septembre que celui qui vient de s’achever à la Bourse de New York. L’Europe basculait dans la Seconde guerre mondiale, mais Wall Street s’envolait.
Le mois de septembre a la réputation d’être difficile sur les marchés financiers. En 1939, la situation paraît particulièrement sombres. Le premier jour du mois, les chars allemands franchissent les frontières de la Pologne.Le 3 septembre, la Grande-Bretagne, puis la France, se déclarent en guerre avec l’Allemagne nazie. La Seconde guerre mondiale commence.

Pourtant, le Dow Jones progresse de 13,5% sur le mois. Les Etats-Unis attendront décembre 1941 pour entrer dans la guerre.

“La perspective d’une guerre a soutenu le marché, parce que la Première guerre mondiale l’avait fait monter 25 ans auparavant, et à ce moment-là, la guerre était considérée comme une bonne chose pour l’économie”, relève Charles Geisst, professeur au Manhattan College et historien de Wall Street.
Les autorités américaines, elles, s’activent. “En septembre 1939, quand la guerre éclate, la Réserve fédérale achète pour 400 millions de dollars de titres émis par l’Etat pour compenser la forte chute des prix des obligations d’Etat américaines”, relèvent les économistes Frederic Mishkin et Eugene White dans une étude publiée en 2002.
“Cette mesure était considérée par le comité des gouverneurs de la Réserve fédérale, et probablement par les marchés, comme une rupture par rapport aux pratiques” de la banque centrale, ajoutent-ils.
Ce genre de mesure rassure généralement les investisseurs, qui craignent qu’une envolée des taux d’intérêt ne plombe la croissance et ne rende plus coûteux l’accès à l’argent.
Ironie de l’histoire, la banque centrale fait actuellement de nouveau marcher la planche à billets pour acheter des titres sur le marché obligataire et soutenir la reprise.
Pendant le reste du conflit, la Bourse new-yorkaise “a été peu active, en raison de la mobilisation pour l’effort de guerre”, note le professeur.
Sur le plan boursier, le bilan du conflit est positif: entre début septembre 1939 et le 31 août 1945, dernière clôture avant la capitulation du Japon, le Dow Jones monte de 30%. Il vaut à cette date 174,29 points, contre 10.788,05 jeudi soir.
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