À Londres, les super riches creusent sous terre pour agrandir leur maison

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À Londres, la folie des grandeurs se joue aussi… sous terre. Au cours de la dernière décennie, les grandes fortunes londoniennes se sont en effet lancées dans une folle course aux sous-sols. De 2008 à 2017, pas moins de 4.650 autorisations ont été délivrées dans la capitale britannique en vue d’aménager ou de créer des sous-sols (« basement » en anglais) dans les quartiers les plus chics de la ville.

Dans une étude publiée en mai, relayée notamment par le Guardian et le Daily Mail et repérée par Les Echos, des chercheurs de l’université de Newcastle ont épluché les demandes d’agrandissement ou de création de basement dans sept arrondissements (« boroughs ») parmi les plus huppés de Londres: Camden, Hammersmith et Fulham, Haringey, Islington, Kensington et Chelsea, Westminster, et enfin Wandsworth.

Dans 80% des cas, les autorisations accordées concernent des sous-sols « simples » sur un seul niveau, de trois mètres de profondeur en moyenne. Mais les chercheurs ont également répertorié pas moins de 785 sous-sols « larges » (soit près de 17% des autorisations) s’étendant sur deux niveaux, ou alors dépassant le plan initial du bâtiment pour se prolonger sous le jardin. Ils comptabilisent par ailleurs 112 « mega basements » (2,4% des demandes accordées). Ces derniers s’étendent parfois sur trois niveaux, avec des excavations allant jusqu’à 18 mètres de profondeur !

374 piscines en sous-sol

Du côté des aménagements, les propriétaires raffolent en premier lieu des salles de gym, avec près de 1000 autorisations. Les salles de cinéma sont également particulièrement prisées (456 demandes). L’étude recense aussi 381 caves à vin, 242 hammams ou saunas, 63 parkings et 60 spas Le must étant bien évidemment d’avoir des piscines en sous-sol, qui ont fait l’objet de 374 autorisations. On retrouve également 115 chambres souterraines destinées au personnel de maison. Les demandes concernant des studios de musique (29), des jacuzzis (15), des salles de massage (15) ou encore des salons de coiffure (7) sont en revanche plus rares.

Comme l’expliquent les auteurs de l’étude, il est impossible de vérifier si, une fois autorisés, ces aménagements ont bien été réalisés par la suite. Toutefois, selon les architectes interrogés par le Guardian, une vaste majorité des chantiers approuvés auraient bien été achevés. Ces chantiers, qui durent parfois une dizaine d’années, ne sont d’ailleurs pas toujours sans nuisance pour le voisinage.

La presse britannique rappelle ainsi la guérilla juridique que se livrent depuis plusieurs années Jimmy Page, membre fondateur du groupe Led Zeppelin, et le chanteur Robbie Williams. L’objet du litige? Un projet de « basement », comprenant une piscine de neuf mètres de long, que Robbie Williams souhaite construire sous sa propriété, qui jouxte celle de Jimmy Page à Londres. Le légendaire guitariste et compositeur estime que les travaux envisagés par Robbie Williams pourraient provoquer des vibrations susceptibles d’endommager sa propre demeure. Une histoire très médiatisée qui a pu peser dans la décision de plusieurs arrondissements de Londres de durcir les règles sur ces locaux souterrains au cours des dernières années.  

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