ADP : La spéculation sur l’action ADP se dégonfle avec les incertitudes sur sa privatisation

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(BFM Bourse) – Le maintien du statut public de la société exploitant les Aéroports de Paris pourrait bien faire l’objet d’un référendum d’initiative partagée, une première en France. Le titre ADP (dont seule une part minoritaire est cotée) qui avait profité d’une envolée spéculative en vue de sa privatisation continue à reculer.

Au lendemain d’une baisse de 5,68%, le titre du Groupe ADP reste très mal orienté vendredi, en repli de 9,97% à 152,60 euros vers 15h00, après le feu vert du conseil constitutionnel à un éventuel référendum sur l’avenir capitalistique de la société. L’action retombe ainsi à son plus bas niveau depuis novembre 2017 – date à laquelle l’hypothèse d’une privatisation commençait tout juste à prendre corps, avec la sélection d’une banque-conseil par l’Agence des participations de l’Etat.

La baisse a été déclenchée jeudi par la décision du Conseil constitutionnel vis-à-vis de la procédure de référendum d’initiative partagée (RIP), créé par une loi de 2008 mais jusqu’ici jamais mis en oeuvre (si la loi a été votée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les décrets nécessaires à sa mise en oeuvre sont beaucoup plus tardifs).

Le conseil a jugé que toutes les conditions et critères étaient réunis pour lancer la procédure. Mais cela ne signifie pas qu’un référendum aura bien lieu. En effet pour lancer le vote il faut d’abord qu’au moins un dixième des électeurs -soit plus de 4,7 millions de personnes actuellement- se prononce en faveur d’un référendum, soit en ligne via un site dédié soit dans des points d’accès physiques situés dans les grandes villes et les consulats, dans un délai de neuf mois. Et pas moyen de faire gonfler les signatures, puisque chaque pétitionnaire doit s’identifier. Si ce seuil est atteint, le Conseil constitutionnel doit être sollicité (à nouveau) pour se prononcer sur la conformité du scrutin… Bref, il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

Le gouvernement contraint de temporiser

Néanmoins, il apparaît politiquement difficile au gouvernement d’ignorer le lancement de la procédure. De fait, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, tout en réitérant sa conviction dans l’intérêt du projet, a indiqué que l’Etat n’engagerait aucune démarche pendant le déroulé de la procédure, au moins jusqu’à la fin du délai de neuf mois.

En pratique, le processus de privatisation apparaît bel et bien suspendu, relèvent les analystes de JPMorgan chargés du suivi d’ADP. La banque américaine a donc franchement réduit son objectif de cours, de 210 à 160 euros, et dégradé sa recommandation à neutre (au lieu de surpondérer).

Inévitablement, les péripéties politiques ne sont pas de nature à rassurer les investisseurs potentiels, qui pourraient se détourner quoi qu’il en soit de la piste ADP. Le candidat le plus proche, Vinci, a d’ores et déjà reconnu que d’autres opportunités se présenteraient à lui le cas échéant.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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