Agriculture et intempéries : Groupama réclame plus d'incitation à l'assurance

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L’assureur Groupama réclame d’avantage d’incitation, via les aides européennes, pour augmenter la proportion d’agriculteurs assurés contre les aléas climatiques.

« Pour garantir la pérennité d’un dispositif assurantiel et de la ferme France, il faut qu’il y ait presque deux hectares sur trois qui entrent dans le dispositif », a estimé François Schmitt, vice-président de Groupama, lors d’un point presse organisé mardi au siège parisien de l’assureur.

Cela permettrait, selon M. Schmitt, d’éviter que seuls les agriculteurs qui ont un risque élevé ne s’assurent et de mettre à mal l’équilibre entre les indemnités versées pour des sinistres et les cotisations.

« Si vous avez une forte proportion de gens qui font une déclaration et sont indemnisés tous les ans, ça pèse. Donc, pour rattraper vous augmentez les cotisations et les gens qui n’ont pas été indemnisés jusque là sortent du dispositif », résume M. Schmitt, qui évoque un cercle vicieux.

Depuis la fin 2017, l’Europe a donné la possibilité, via le règlement européen Omnibus, de descendre de 30 à 20% de pertes le seuil de déclenchement des assurances contre les aléas climatiques.

Cette possibilité n’est pour l’heure appliquée selon Groupama que par l’Italie et n’a toujours pas été entérinée par les pouvoirs publics en France, alors que le pays avait fortement bataillé pour l’obtenir.

M. Schmitt évoque « des craintes de dépassement des enveloppes budgétaires » pour expliquer les réticences de Bercy à mettre en place cette disposition.

Elle se traduirait par une ponction sur les aides directes à l’hectare reçues par les agriculteurs, ou premier pilier. Aujourd’hui, le budget des aides alloués à la gestion des risques pour tout le marché français « c’est à peu près 130 millions d’euros », selon M. Schmitt, qui évalue à environ 400 millions d’euros le montant des aides au développement de l’assurance nécessaires pour financer cette disposition et ainsi « faire face à ces aléas de plus en plus fréquents ».

Un montant « raisonnable » ramené aux 6,9 milliards d’euros que représente au total le premier pilier de la PAC. « Si on n’utilise pas ces outils-là, il y a un risque non négligeable qu’ils soient retirés du catalogue lors de la prochaine PAC », craint M. Schmitt.

En 2018, Groupama, qui assure environ 60% des exploitations agricoles en France pour 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires sur ce marché, a déboursé 187 millions d’euros d’indemnités liées aux risques climatiques, pour 41,1% en raison de la grêle qui a touché en premier lieu les vignes. La sécheresse a également représenté, toutes cultures confondues, 23,2% des indemnités.

Environ 30% des surfaces cultivées en céréales et en vignes sont désormais assurées contre les aléas climatiques, contre environ 25% en 2016.

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