Algérie : déploiement de marines US en Espagne, au cas où …  info ou intox ?

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Information à surveiller de près, les Etats-Unis pouvant être enclins à mettre en œuvre leur « stratégie du chaos » au Maghreb et tout particulièrement en Algérie alors que gaz et pétrole y coulent à flot … et que le gaz de schiste algérien pourrait bien à terme faire concurrence aux majors pétrolières US : selon le journal britannique Al Quds Al Arabi, 500 éléments des forces spéciales, relevant du corps des Marines de l’US Navy, ainsi que 8 avions militaires américains devraient être déployés dans les jorus qui viennent en Espagne. Plus précisément à la base Morón de la Frontera située dans la province de Séville en Andalousie. Cette force américaine devrait être investie de la mission d’intervenir en Algérie, si des troubles majeurs affecteraient le pays.

Selon Al Quds Al Arabi, la décision espagnole d’autoriser les USA à déployer leurs forces, aurait été prise de manière extrêmement rapide, chose inhabituelle. Mariano Rajoy aurait en effet transmis son feu vert à Washington après une réflexion de quelques jours seulement. Ce qui laisserait sous-entendre qu’il y a urgence.
Le journal londonien a par ailleurs indiqué que les 500 marines auront – officiellement – pour mission d’assurer la sécurité des ressortissants américains en Algérie ainsi que du personnel diplomatique US, et d’opérer leur évacuation du pays, en cas de nécessité bien évidemment.

Rappelons que l’ex-conseiller présidentiel américain Bruce Riedel a quant à lui prédit en décembre 2012 que l’Algérie serait prochainement confrontée à l’explosion d’une révolte populaire, laquelle mettrait un terme au pouvoir en place – avant tout militaire – l’actuel président Bouteflika, ne disposant que d’un pouvoir de façade.

Lors d’une conférence donnée à la fin de l’année dernière à l’institut royal ElCano à Madrid, Bruce Riedel avait ainsi déclaré que l’Algérie « souffre d’un régime policier » , n’observant par ailleurs aucune «  volonté réformatrices chez les tenants du pouvoir ».

«Les mêmes conditions ayant conduit à l’explosion populaire en Egypte, sont réunies en Algérie, une pression démographique grandissante et mal maîtrisée, une jeunesse au désarroi, désespérée et l’absence totale de toute ouverture politique» avait-il par ailleurs ajouté.

Bruce Riedel avait alors averti que «dépenser des milliards de dollars, pour acheter un silence provisoire du peuple, ne sera plus d’aucun effet dans un avenir proche». Considérant alors que le soulèvement populaire généralisé ne pouvait intervenir que rapidement.

Reste que par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, l’Algérie a qualifié de « totalement infondé et absurde » le contenu de l’article paru dans le quotidien Al Quds Al Arabi. « Les mesures dont il est question dans cet article ne sont pas dirigées contre un pays en particulier et elles concernent encore moins notre pays », a encore précisé M. Belani.

Précisons tout de même qu’en janvier dernier, alors que l’Algérie constitue l’un des points centraux de la stratégie militaire US au Mali et au Sahel, et que François Hollande a lui-même reconnu « le rôle très important » d’Alger dans la crise malienne, le ministère algérien des Affaires religieuses a souhaité définir le rôle des mosquées sur le territoire algérien. 

Alger compte bien ne pas se laisser faire avais-je indiqué alors … estimant que la capitale algérienne tentait d’éviter ainsi une montée des extrémistes, laquelle pourrait être « ordonnancée » par des puissances soucieuses d’y mettre le chaos pour mieux y régner en divisant. Et ce, à quelques mois des élections présidentielles prévues en 2014. La santé de l’actuel président Bouteflika posant parallèlement quelques inquiétudes.
But alors affiché par le ministère algérien : contrer les idéologies extrémistes. Les moyens ? Via une formation des imams, afin, nous disait-on qu’ils soient en mesure de mieux comprendre les exigences d’aujourd’hui. Mais également de recentrer ces religieux dont le l’influence est non négligeable sur faits et pensées des populations autour des véritables valeurs de l’islam. Histoire notamment que la religion ne soit pas récupérée voire infiltrée par d’éventuelles contrées, lobbies et autres puissances enclins à utiliser cette arme du 21ème siècle comme une véritable « propagande » pouvant servir leurs intérêts (politiques mais surtout économiques ..)
Ainsi, les autorités algériennes avaient annoncé vouloir éliminer l’idéologie extrémiste des lieux de culte et protéger ces derniers de l’influence des partis politiques et des organisations communautaires. Ce qui a le mérite d’être clair …

Il devrait être ainsi prochainement interdit aux partis politiques et autres organisations de prêcher ou de discourir au sein des mosquées. Cela signifiant tout de même que de telles pratiques étaient admises jusqu’à présent … avec toutes les dérives que cela peut engendrer … et qui plus est dans un pays où les tensions sociales ont pu être calmées jusqu’à présent grâce à la manne pétrolière et la place stratégique dont il dispose au niveau de l’échiquier énergétique mondial.

Un projet de loi portant sur les organisations religieuses vient pour cela d’être rédigé par le gouvernement algérien. Si le texte est adopté, toute organisation pourra être dissoute en cas « d’interférence dans le travail des responsables des mosquées et des écoles coraniques ».
Une manière de combler le vide législatif qui, au début des années 1990, a permis au FIS, aujourd’hui dissout, « de contrôler les mosquées et les soi-disant organisations humanitaires », affirme quant à lui l’universitaire Ilham Saadi.

Selon l’édition du 8 janvier du journal Echourouk, Ada Fellahi, adjoint du ministre des Affaires religieuses, avait alors mis en garde quant à lui contre l’infiltration pratiquée par les salafistes au sein des mosquées, soulignant qu’ils «ont bénéficié à ce jour d’une grande marge de manoeuvre ».

Le ministre algérien des Affaires religieuses Bouabdallah Ghlamallah avait parallèlement indiqué que « les lieux de culte doivent reprendre leur mission première ».  Première étape : assurer une meilleure formation à ces religieux, ces derniers devant ainsi « évoluer conformément aux développements et aux changements sociaux ». L’objectif étant de former les imams à appréhender « les réalités de la société dans laquelle ils vivent, pour qu’ils soient mieux à même de contrer les partisans de l’idéologie fondamentaliste ».

Sources : Al Quds Al Arabi , Presse algérienne, MAE algérien

Elisabeth STUDER – www.leblogfinance.com – 30 avril 2013


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