Allemagne : le russe Rosneft devient le 3ème raffineur du pays

Mots-clefs : , , , , , ,

Moscou et Berlin seraient en froid ? Heureusement, comme souvent, pétrole et gaz sont là dans l’ombre pour réchauffer les relations.

Si, certes, en marge d’entretiens à Berlin, le 13 décembre dernier, Angela Merkel s’est prononcée en faveur d’une prolongation des sanctions de l’Union européenne contre la Russie sur l’Ukraine, l’Allemagne va quant à elle augmenter sa dépendance énergétique vis à vis de Moscou à travers des transactions opérées par des majors pétrolières.

En fin de semaine dernière, Rosneft a ainsi annoncé la dissolution de sa coentreprise allemande Ruhr Oel avec le britannique BP, spécialisée dans le raffinage en Allemagne. Une opération qui se traduira dans les faits par une augmentation de la participation du géant gazier russe dans plusieurs unités de raffinage dont la plus importante unité du pays. De son côté, BP va consolider 100% du capital de la raffinerie de Gelsenkirchen et d’une usine de production de solvants, DHC Solvent Chemie.

Au final, cet accord – effectif depuis le 1er janvier 2017 – permet à Rosneft de contrôler directement 12% des capacités de raffinage en Allemagne avec des capacités de 12,5 millions de tonnes par an. Le groupe contrôlé par l’Etat russe, via sa nouvelle filiale Rosneft Deutschland, devient ainsi le troisième raffineur sur le marché allemand.

Rosneft a tenu à souligner à cette occasion que l’accord démontrait l’approfondissement de la coopération énergétique entre la Russie et l’Europe sur la base de livraisons efficaces de pétrole aux raffineries par l’oléoduc Droujba. Un pied de nez en quelque sorte de la part d’une entreprise visée par des sanctions occidentales suite à la politique menée par la Russie en Ukraine. Enfonçant le clou, le groupe a ajouté que la restructuration de la coentreprise allait permettre à Rosneft de renforcer de manière significative ses positions dans l’un des marchés les plus prometteurs en Europe pour les produits pétroliers.

Cette opération qui avait été évoquée en juin 2015, et donc l’accord avait été signé en janvier 2016 consiste à redéfinir les implications de BP et Rosneft dans les quatre raffineries que comprend Ruhr Oel en Allemagne, coentreprise détenue désormais à parts égales entre les deux groupes depuis 2011.

L’accord va permettre à Rosneft de doubler ses parts dans trois raffineries : Bayernoil (de 12,5 % à 25 %), Miro (de 12 % à 24 %), et de PCK (de 35,42 % à 54,17 %). En échange, BP obtient la totalité du capital de la raffinerie de Gelsenkirchen et de la société DHC Solvant Chemie qui détient une usine de solvants et de spécialités chimiques dérivés d’hydrocarbures à Mülheim an der Ruhr.

Sources : AFP, Rosneft, Info-chimie

Elisabeth Studer – 02 janvier 2017 – www.leblogfinance.com

Le Blog Finance

Partager cet article