Altran Technologieslogies : Le niveau d’Altran en Bourse menace-t-il l’OPA de Capgemini ?

Mots-clefs : , , , , , , ,

(BFM Bourse) – Alors que l’offre publique de Capgemini pour racheter le groupe d’ingénierie externalisée a débuté le 16 octobre, le cours d’Altran demeure supérieur au prix offert.

L’équation à première vue ne paraît pas évidente pour Capgemini. Le groupe de conseil des services informatiques et de la transformation digitale entend racheter Altran dans le cadre d’une offre publique d’achat (OPA) amicale, offrant aux actionnaires 14 euros en numéraire pour chacun de leurs titres du spécialiste du conseil en innovation. Après le feu vert de l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’offre s’est ouverte le 16 octobre dernier. Mais le fonds activiste Elliott s’est entre-temps invité à la noce, jugeant que ce prix ne valorise pas suffisamment Altran. De fait, le cours de Bourse n’a jamais clôturé sous 14 euros depuis juillet dernier.

Toutefois, “le fait que l’action Altran cote légèrement au-dessus du prix de l’offre ne signifie pas nécessairement que l’offre serait sous-évaluée”, juge Matthieu Lavillunière, analyste chez Invest Securities. “Le fonds Elliott a acheté des equity swaps [contrats susceptibles de lui procurer des actions à l’échéance] pour se positionner sur Altran en espérant obtenir un prix plus élevé de la part de CapGemini. Elliott a mandaté Colette Neuville, la présidente de l’Adam [l’association de défense des actionnaires minoritaires, NDLR], pour l’aider à faire valoir ses vues”. Résultat d’un certain battage médiatique, le titre s’échange avec une légère prime (jusqu’à 14,77 euros en septembre) par rapport au prix de l’OPA. Mais le cours demeure encore loin de l’estimation du cabinet d’évaluation Sorgem, à la demande de l’ADAM, à 17 euros par action Altran.

Par ailleurs, pointe l’analyste, “Altran avait de vrais problèmes à régler avant l’offre, notamment l’intégration difficile d’Aricent et un niveau d’endettement élevé, et il n’est pas du tout évident que si l’OPA n’aboutissait pas le titre continuerait à s’apprécier. Au contraire, il est à fort à parier qu’il retomberait…” C’est en effet au départ l’OPA de Capgemini, à un prix supérieur de 22% au cours précédent l’annonce, qui a donné le coup d’envoi du rebond d’Altran en Bourse.

Invité sur BFM Business en septembre dernier, le patron de Capgemini Paul Hermelin avait en tout cas indiqué qu’il n’entendait pas relever son offre sur Altran.

“Une porte de sortie honorable”

“Certains investisseurs peuvent choisir de demeurer positionnés sur Altran dans l’attente de voir si la société est capable d’atteindre les objectifs de son plan stratégique à horizon 2022, mais il faut tout de même souligner que le groupe a déçu à plusieurs reprises” auparavant.

“L’OPA apparaît plutôt comme une porte de sortie honorable”, juge Matthieu Lavillunière. Ce n’est pas un hasard si l’actionnaire de référence d’Altran, Apax Partners (associé à un autre fonds, Altamir, via leur holding Altrafin Participations), présent depuis 2008 au capital, a déjà cédé sa participation de 11,43% du capital à Capgemini. “Ce dernier offre une prime significative”, indique l’analyste.

“Le seuil de réussite de l’opération étant fixé à l’obtention de 50,1% des parts, en ayant acquis les parts d’Apax, Capgemini n’a besoin que de recueillir moins de 40% pour réussir l’opération. Inversement, il semble peu probable qu’ils obtiennent plus de 90% du capital ne serait-ce qu’en raison de l’opposition d’Elliott”, explique Matthieu Lavillunière.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur ALTRAN TECHN. en temps réel :


Votre avis

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article