Analyse et Stratégie : Cholet Dupont table sur une poursuite de la hausse mais reste « neutre » à court terme sur les actions

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Selon Vincent Guenzi, stratégiste de Cholet Dupont, le vent d’optimisme récent « a porté les indices boursiers à des niveaux qui n’étaient pas attendus avant 6 à 12 mois et la valorisation des actions s’est fortement tendue. » Cette reprise des cours a pour origine l’arrêt des confinements, les montants cumulés des plans de soutien engagés par tous les gouvernements et les assouplissements monétaires des banques centrales. « Toutes ces mesures ont un effet contra-cyclique et permettront aux économies de ressortir plus facilement de leur coma artificiel. Cependant, la phase de convalescence va dépendre de la durée des séquelles, comme le chômage, la perte de confiance ou d’appétit des consommateurs, la baisse des dépenses ou des investissements des entreprises, l’augmentation des faillites et enfin la découverte d’un vaccin. Compte tenu de tous ces éléments, les prévisions sont rendues compliquées et pourront être révisées in fine à la baisse mais aussi à la hausse. »

Vers la fin des révisions bénéficiaires en baisse ?

Les prévisions bénéficiaires ont été abaissées d’environ 30% aux Etats-Unis et de 40% en Europe, avec à la clé des reculs respectifs de 20% et 30%. « Les analystes financiers révisent de moins en moins leurs estimations malgré des messages très prudents de la part des entreprises. Les marchés peuvent en déduire que les estimations de résultats sont proches de leur point bas. Dans le même temps, la hausse des indices a été alimentée par celle des multiples de capitalisation qui ont atteint des niveaux inconnus depuis près de 20 ans. Mais, compte tenu du sursaut des résultats attendu en 2021, les PER à cette date sont beaucoup plus acceptables. Finalement, le risque repose sur l’intensité de la reprise économique et sur les résultats en 2021. Ceci explique pourquoi les marchés peuvent progresser même si les statistiques économiques restent déprimées encore quelques mois ou si les résultats trimestriels sont plus mauvais qu’attendus en 2020. »

Vincent Guenzi anticipe donc une poursuite de la hausse d’ici la fin de l’année. L’optimisme retrouvé des investisseurs explique le rebond des valeurs cycliques. Mais « les risques pourraient se situer plutôt vers l’automne, ou si les perspectives économiques pour 2021 étaient fortement dégradées du fait des séquelles de la crise. Il est trop tôt pour l’envisager. »

Un accent mis sur Wall Street

En attendant, cet expert reste neutre à court terme sur les actions, tout en relevant à la marge, de 53,2% à 54,2%, son taux d’investissement. Il les surpondère pour le moyen terme, avec un accent mis de nouveau sur les titres américains, européens et asiatiques hors Japon. Dans le domaine obligataire, les emprunts d’Etat européens non AAA ainsi que les obligations privées européennes (bien notées et à haut rendement) sont surpondérés au détriment des emprunts d’Etat européens les mieux notés. A moyen terme, la dette émergente est privilégiée alors que les emprunts d’Etat américains et européens notés AAA sont sous-pondérés.

L’avis d’Investir

Pour notre part, nous profitons du beau rebond récent, avec un Cac 40 revenu à proximité des 5.100 points, pour passer d’une « sur-pondération » à un retour à la neutralité sur les actions. Le mouvement a été trop rapide et justifierait une phase de consolidation d’autant plus vraisemblable que les incertitudes concernant les bénéfices des entreprises restent trop élevées.


Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

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