Analyse et Stratégie : La « tech », le jardinage, le bien-être à la maison, la santé : ils sont là les records en Bourse

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Netflix, Amazon ou Facebook en sont les porte-étendards, mais au-delà de ces noms  connus, elles sont nombreuses les entreprises qui, portées par la crise sanitaire, ont atteint des records en Bourse. Et toutes ne sont pas américaines, quand bien même les Etats-Unis ont un marché intérieur profond, qu’ils sont à la pointe de la technologie, ce qui les rend capables d’enfanter des géants comme les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

Sur les 500 plus grosses entreprises américaines cotées sur le S&P 500, un peu plus de 200 ont atteint des records cette année, la plupart avant que le coronavirus n’impose le confinement. Mais un bon tiers, tout de même, a continué son ascension malgré la mise à l’arrêt forcée de l’économie. A partir du moment où l’Etat fédéral et les gouverneurs ont, chacun à leur manière, ordonné ou recommandé de rester à la maison, elles sont 69 entreprises du S&P 500 à avoir visité des sommets boursiers.

Ces entreprises travaillent dans la « tech », fournissent des outils de communication et de travail à distance, améliorent la qualité du réseau, sont spécialisées dans les data centers ou la cybersécurité. Elles s’appellent Paypal ou sont des grands noms du e-commerce. Ou bien, elles ont un métier qui a trait aux soins de santé, travaillent à des vaccins, font du diagnostic, vendent des consommables à usage unique ou proposent des assurances. Sinon, comme Netflix ou l’éditeur de jeux vidéo Take-Two Interactive, elles divertissent. Ou alors, ce sont des entreprises positionnées sur le secteur porteur de l’amélioration de l’habitat, du bricolage, du jardinage, à l’instar des distributeurs Home Depot et Tractor Supply.

En Europe, que ce soit à Londres, à Stockholm ou sur les Bourses de la zone euro ou de l’Est, le profil des entreprises qui sont à des sommets boursiers est le même qu’aux Etats-Unis. De la « tech », du e-commerce, du bien-être à la maison, du médical, voilà pour l’essentiel. Au sein de l’indice Stoxx Europe 600, sur lequel sont cotées les actions des 600 plus grosses entreprises européennes, une centaine ont atteint des records pendant la crise, aux rangs desquelles figurent Zalando, JustEat, l’éditeur de jeux vidéo polonais CD Projekt, Iliad, les spécialistes du paiement Adyen, Ingenico ou Worldline qui, pour ce dernier, signe la meilleure performance du Cac 40 depuis le début de l’année, aidé par ailleurs par la chute de Wirecard.

La couronne est suédoise en Europe

Outre Worldline, deux autres entreprises du Cac 40 ont atteint des records pendant la crise : Hermès et L’Oréal. Sorti de l’indice vedette parisien, ce sont bioMérieux (diagnostic) et Sartorius Stedim (consommables médicaux) qui, parmi les grosses entreprises françaises, ont le plus monté en Bourse sur les six premiers mois de l’année : +54% et +50%, à comparer avec une baisse de 13% du Stoxx 600. Reste que la vedette incontestée en Europe à l’issue de ce premier semestre, c’est le suédois Sinch. A force d’aligner les records depuis deux mois, cette société technologique est gagnante de 175% depuis le début de l’année. Le prix des actions a été multiplié par treize depuis leur introduction à la Bourse de Stockholm en 2015.

Sinch a mis au point une solution cloud qui permet à ses clients – des entreprises comme Toyota, Nespresso ou des compagnies aériennes – d’améliorer leur service consommateurs en leur permettant de contacter facilement et rapidement leurs propres clients par SMS ou MMS pour, par exemple, leur signifier que leur colis est arrivé. La technologie de Sinch est également utilisée pour envoyer des offres promotionnelles ciblées. Le chiffre d’affaires de cette entreprise un peu plus rentable chaque année depuis trois ans a progressé de 25% l’an dernier, de 30% en 2018, après avoir quasiment doublé les deux années précédentes. Sinch se développe à un train d’enfer. Rien que cette année, elle a acquis quatre sociétés. La demande est en constante augmentation. La crise provoquée par le Covid-19 s’est traduite pour Sinch par un accroissement des volumes de messages envoyés : +30% en mars à cause du confinement.

La mise en quarantaine de l’économie a, au contraire, fait chuter les actions des entreprises du tourisme, comme celles du croisiériste Carnival (-74% à Londres) ou celles d’IAG, propriétaire de British Airways et Iberia (-64%). Figurent également en bas de tableau du Stoxx 600 des banques, des constructeurs automobiles, des groupes pétroliers et le gérant de centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield qui, avec un plongeon de 64% depuis le début de l’année, est aussi la plus grosse chute du Cac 40.


Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

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