Analyse et Stratégie : Les valorisations de la dette émergente sont attrayantes, selon M&G

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Avec la crise du coronavirus, les marges de crédit offertes par la dette émergente se sont considérablement élargies. Trois facteurs ont joué selon l’équipe d’obligations émergentes de M&>. « Premièrement, les marchés d’actions internationaux ont été les témoins d’une rapide correction suite à la prise de conscience que l’économie mondiale se dirigeait tout droit vers une récession. Deuxièmement, les investisseurs ont renoncé à toute prise de risque et se sont réfugiés dans les liquidités en dollar américain. Troisièmement, la rupture des accords de l’OPEP a fait encore un peu plus chuter les prix mondiaux du pétrole. C’est terrible pour les producteurs d’or noir, mais cela a également tendance à peser sur tous les pays émergents : si les importateurs de pétrole bénéficient d’un certain allègement de leur balance commerciale, ils sont aussi confrontés à des coûts d’emprunt plus élevés et aux conséquences de la détérioration de la confiance du marché. »

Les marges de crédit des obligations émergentes bien notées en devises fortes sont ainsi remontées à 400 points de base par rapport aux emprunts d’Etat américains et, surtout, celles des emprunts à haut rendement ont quasiment retrouvé leur pic de fin 2008, à plus de 1.100 points de base. En effet, les sorties de capitaux ont été encore plus rapides que lors de la crise financière de 2008.

Un taux de défaut excessif anticipé

Si les incertitudes à court terme restent nombreuses, M&> remarque que « historiquement, une année de performance négative de l’indice de la dette souveraine émergente en devises fortes est suivie d’une solide performance positive l’année suivante. Si le passé ne préjuge en aucun cas de l’avenir, il donne toutefois à penser que les investisseurs pourraient chercher à repositionner l’argent retiré des marchés émergents une fois que l’aversion au risque deviendra moins intense. »

Certes, les répercussions économiques de l’épidémie sont considérables. Mais de gigantesques plans de relance monétaire et budgétaire ont été annoncés. « S’ils sont suffisants, ces efforts encourageront les investisseurs à délaisser leur aversion au risque actuelle, ce qui contribuera à améliorer la situation de la liquidité. Les « credit default swaps » sur les marchés émergents anticipent actuellement un taux de défaut de 31,4%. Mais les taux de défaut dans les pays émergents ont été bien inférieurs durant la crise financière mondiale. Ainsi, lorsque les conditions financières s’amélioreront au niveau mondial, les valorisations des obligations et des devises émergentes pourraient soudainement apparaître attractives. »

L’avis d’Investir

Nous estimons également que la dette émergente se situe à des niveaux d’achat. Même si rien ne garantit que le point bas soit atteint à court terme, nous conseillons pour le moyen terme d’acheter des emprunts à haut rendement émergents en raison de marges de crédit revenues quasiment à leur plus haut historique.


Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

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