Analyse et Stratégie : NEXI : Covid-19 : un impact fort à court terme pour les groupes de services de paiement mais les perspectives long terme demeurent intactes

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« Faut reconnaître… c’est du brutal. » Cette célèbre réplique des Tontons Flingueurs de Georges Lautner s’applique parfaitement à la configuration boursière. Que ce soit à la baisse comme à la hausse, les variations sont brutales. Tous les secteurs sont concernés, celui du tourisme-transport mais aussi celui des services informatiques et de paiement. « Il est illusoire de penser que le secteur des services de paiement sortira totalement indemne, estime un analyste du cabinet Oddo BHF. A court terme, tant que les mouvements des populations seront entravés et de nombreux magasins fermés, le commerce va se réduire au strict minimum […] Le confinement généralisé va toutefois peser sur les volumes de transactions physiques, comme en Italie, de 40% à 50% sur les premières semaines. » En conséquence, l’analyste abaisse ses prévisions mais celles-ci restent conditionnées à la durée de la crise. En partant du principe que l’impact de la crise sera le plus fort sur les mois de mars et avril, avant un retour à la normale « fin mai », il estime que, dans l’univers des paiements, l’italien Nexi sera le plus durement touché. En Bourse, le titre a chuté de plus de 45% en l’espace d’un mois.

Changement d’habitudes

Le groupe est exposé à 100% à son pays d’origine, peu présent sur le online (6% du chiffre d’affaires) et fortement endetté, toutefois 50% de ses revenus sont récurrents et il n’a pas d’échéance importante avant 2024. Le cabinet se montre plus positif sur des valeurs comme Adyen et Wirecard, deux groupes présents quasi-intégralement sur le online et plus internationaux, et donc diversifiés. Ils disposent en outre de trésoreries solides de 667 et 717 millions d’euros respectivement. Concernant le rachat d’Ingenico par Worldline, son intérêt stratégique ne peut être remis en cause et les risques sont limités, juge Oddo BHF. Pour l’heure, l’expert exclut le scénario du pire, qui serait celui d’une baisse de 40% à 60% des cours de Bourse comparé aux niveaux actuels. Et de conclure : « le secteur du paiement ressortira renforcé de cette crise, qui modifiera sans aucun doute les habitudes, en accélérant la cannibalisation du cash (potentiellement porteur de virus..) par les moyens de paiement électronique et le online par rapport aux magasins physiques. »


Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

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