Analyse et Stratégie : Pour Cholet Dupont, le potentiel de hausse des places financières est limité

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Grâce à la Réserve fédérale, à la BCE et à la trêve observée dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les places financières ont effacé leur baisse du mois de mai. En effet, les discours des banques centrales ont permis une décrue des taux à long terme. « Une fois de plus, Trump a modéré ses positions (vis-à-vis de la Chine, du Président coréen ou de l’Iran) quand les tensions ont atteint un niveau difficilement supportable pour les Bourses et l’économie américaine », analyse Vincent Guenzi, stratégiste de Cholet Dupont. Les risques de baisse se sont donc atténués, même s’il est « extrêmement difficile d’évaluer les chances d’accord plus large ou d’échec total de ces négociations commerciales. »

Cet été, il faudra surveiller les marchés obligataires, qui pourraient être déçus par des baisses de taux moins importants qu’anticipées. Cela provoquerait un repli des obligations, et par la même occasion les actions qui en ont profité le plus. « Heureusement, les marchés actions dans leur ensemble ne sont pas dans une bulle spéculative. L’optimisme n’est pas démesuré et le niveau de la prime de risque les protège en partie d’une petite remontée des taux. »

Prudence à court terme

Dans ce contexte, Vincent Guenzi « reste prudent sur l’évolution des taux longs qui pourraient remonter de 0,2% en Europe à court terme, ce qui pénalisera les marchés obligataires les plus sûrs. Les marchés actions, malgré leur progression, ne semblent pas trop risqués, mais le potentiel de hausse est limité à court terme. Alléger certaines positions si l’appréciation continue quelques semaines serait sans doute opportun alors que des risques peuvent se présenter à tout moment. Comme le mois dernier, nous restons donc raisonnablement prudents à court terme. Notre exposition légèrement sous-investie nous permet d’être relativement sereins et confiants pour les prochains trimestres. »

C’est pourquoi cet expert a encore un peu réduit, de 45% à 44,5%, son exposition aux actions dans son portefeuille modèle, même s’il reste globalement neutre. Il sous-pondère les japonaises au profit des américaines et des actions émergentes est-européennes. A moyen terme, il conseille toujours une surpondération des actions avec un accent mis sur les titres américains et européens. Dans le domaine obligataire, la neutralité s’impose à court terme sur toutes les classes d’actifs, et la sous-pondération partout à moyen terme, à l’exception de la dette émergente, surpondérée, et du haut rendement européen, sur lequel la neutralité s’impose.

L’avis d’Investir

Pour notre part, nous profitons d’un Cac 40 à 5.620 points pour redevenir sous-pondérés en actions, après être passés il y a un mois de la sous-pondération à la neutralité lorsque l’indice phare de la Bourse parisienne était revenu à 5.200 points. Un gain de 8 % en aussi peu de temps ne se refuse pas ! Nous poursuivrons ces prochains mois notre politique d’allers-retours, car ni une forte hausse, ni une baisse marquée ne semblent à l’ordre du jour.


Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

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