Analyse et Stratégie : Retour à la normalisation des politiques monétaires : que va faire la Fed ?

Mots-clefs : , , , , , ,

La réunion de la Fed qui débute aujourd’hui prépare le retour à la normalisation de la politique monétaire américaine. La première crainte des investisseurs face à la fin des politiques de QE (Quantitative Easing) est l’éclatement d’une bulle obligataire qui se serait formée à la suite des rachats massifs des banques centrales. ETF Securities préfère parler de « ballon » plutôt que de « bulle » pour qualifier cette situation du marché des obligations. En effet, la bulle est par nature spéculative, non organisée et peut éclater à tout moment. Au contraire, le ballon a été « artificiellement gonflé par les banques centrales ». Le retour à la normalisation des politiques monétaires sera planifié et donc très graduel pour éviter le retournement brutal du marché et pour ne pas annuler les effets positifs de l’assouplissement monétaire passé. Pour le moment, les conditions restent toujours accommodantes. Selon ETF Securities, « les banques centrales devraient maintenir des bilans plus élevés qu’avant la crise même après l’arrêt des programmes d’achats d’actifs. »

L’efficacité du QE

Un niveau de bilan relativement important est en effet positif pour l’économie. L’efficacité de ses politiques d’assouplissement monétaire est réelle. ETF Securities estime l’avoir démontrée en créant un indicateur mesurant la performance du QE. Cet indice prend en compte, entre autres, les performances économiques de la région et le sentiment de confiance des ménages et des entreprises. Il montre que l’effet du QE commence à partir de la deuxième ou troisième année après le lancement des programmes et que, dans l’ensemble, ces politiques accommodantes ont réussi à relancer la croissance. Les décisions groupées des banques centrales ont ainsi été bénéfiques sur l’économie mondiale. Par conséquent, malgré les risques qui étaient liés à ces politiques non conventionnelles, elles ont eu un impact positif sur l’économie.

Et maintenant, que va faire la Fed ?

D’après ETF Securities, « le bilan de la Fed devrait atteindre environ 2.500 milliards de dollars d’ici 2026, si la Fed entame la normalisation de son bilan en janvier 2018. » Ces 2.500 milliards de dollars sont le niveau minimum du bilan estimé par le cabinet, ce serait sa taille « normale ». Ils correspondent à 1.800 milliards de dollars de monnaie en circulation (montant actuel qui ne devrait pas changer) auquel est ajouté 1.000 milliards de dollars de réserves bancaires qui sont nécessaires à une politique monétaire efficace, montant estimé par l’ancien président de la Fed Ben Bernanke en 2008. Aujourd’hui, ces réserves s’élèvent à 2.700 milliards de dollars, dans un bilan qui en représente 4.500.

Comment atteindre cette taille « normale » ?

Le processus proposé par le Comité fédéral de l’Open Market (FOMC) en juin 2017 est le suivant : ne réinvestir qu’une partie des actifs arrivés à échéance. ETF Securities précise que le plafond de ces réinvestissements augmentera de 6 milliards de dollars par mois pour les bons du trésor jusqu’à atteindre 30 milliards et de 4 milliards de dollars par mois pour les créances immobilières titrisées (MBS) pour atteindre 20 milliards. Plus de précisions seront données mercredi soir. D’autres économistes imaginent une fin plus brutale du réinvestissement et donc un repli du bilan plus rapide.

La BCE, elle, réagira par la suite pour préparer très prudemment la fin du QE en zone euro. Comme le dit Morgane Delledonne, stratégiste Fixed Income chez ETF Securities, chaque banque centrale n’est plus « le seul maître » de la politique monétaire dans sa région. Elle doit d’abord observer l’impact des politiques des autres banques centrales sur sa zone pour ajuster ses mesures afin d’être le plus efficace possible. C’est ce que fera certainement la BCE.

Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

Partager cet article