Api Restauration accommode sa cuisine aux sauces régionales

Mots-clefs : , , , ,

Plus de 40 restaurants d’entreprise ouverts au premier trimestre, une trentaine de nouveaux restaurants scolaires et autant en maisons de retraite. Le nordiste Api Restauration ne manque visiblement pas d’appétit. La petite entreprise familiale fondée en 1956 par Jean Debosque dans l’ancien magasin de ses parents, charcutiers-traiteurs à Lille, a bien changé. D’un premier contrat portant sur 15 repas quotidiens, elle est passée à près de 800 000 repas par jour. Api Restauration gère la restauration des salariés du siège parisien de Google, mais aussi de ceux d’Hermès, Capgemini, RTL ou encore Europe 1. Présente en Belgique, au Luxembourg et depuis 2013 en Allemagne, elle emploie quelque 8 000 salariés en France et 1 000 à l’étranger. Enfin, le groupe affiche une croissance à deux chiffres depuis vingt ans, pour une rentabilité entre 1,5 et 2 %.

Mais pas facile de conserver l’esprit familial quand on est devenu le quatrième acteur français de la restauration collective, derrière les géants Elior, Sodexo et Eurest (Compass). Damien Debosque et sa soeur Béatrice, la deuxième génération à la tête d’Api Restauration, entendent bien conserver, depuis leur siège de Mons-en-Baroeul, en banlieue lilloise, les valeurs qui ont fait le succès de l’entreprise : le respect des gens, des produits et des régions où Api est implanté. « La première force d’Api c’est faire grandir les hommes pour faire grandir l’entreprise », affirme Damien Debosque.

« Circuits courts »

Tous les quatre ans, Api Restauration organise un grand concours culinaire interne, les Api d’or. L’entreprise possède également deux écoles de cuisine, à Lille et Paris, où les salariés passent en formation. Car 50 à 100 recrutements sont ouverts en permanence. Tous les salariés sont également actionnaires de l’entreprise au bout de dix ans de présence. « Notre seconde force : l’engagement autour de vraies valeurs culinaires, en privilégiant l’approvisionnement local et les circuits courts », poursuit Damien Debosque. Jean-Michel Guitton, directeur de Real Partner, consultant indépendant pour la restauration collective, appuie ce choix : « La notion de proximité régionale et la transparence sur les fournisseurs sont devenues des stratégies indispensables de la restauration collective. » Décentralisés en 45 régions, les services Api nouent partout des partenariats avec les producteurs locaux pour les approvisionnements. « Ce qui nous permet d’être reconnus comme alsaciens en Alsace, aveyronnais dans l’Aveyron, catalans à Perpignan », assure Damien Debosque.

« Lieu de vie »

Une dernière force, c’est l’innovation. Une vingtaine de personnes travaillent au sein du bureau d’études interne CréApi. Exemple ? L’Api Mobile, déjà en service dans une cinquantaine d’entreprises, est une application où les consommateurs nouent une véritable relation avec leur restaurant d’entreprise (information sur les produits, suggestions de menus, etc.). Pour Jean- Michel Guitton, « le self traditionnel disparaît pour laisser place à des offres plus diversifiées (restauration rapide, vegan, etc.). On peut désormais aller chercher à toute heure une salade à manger à son bureau ». Du coup, ne parlez surtout plus de cantine ou de cafétéria à Damien Debosque. « La restauration offre désormais un lieu de vie, qui doit pouvoir être ouvert toute la journée, où l’on peut aussi travailler comme dans un espace de coworking, partager un moment de convivialité entre collègues, avec un client, un lieu où l’on peut créer. »

Jean-Marc Petit (en partenariat avec La Voix du Nord)

Challenges en temps réel : Entreprise

Partager cet article