Arabie saoudite : Fitch abaisse la note

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Mauvaise nouvelle pour l’Arabie saoudite : l’agence de notation Fitch a abaissé mercredi la note de la dette souveraine du pays de AA- à A+. Raison invoquée : la dégradation de la situation budgétaire et de la balance extérieure.

L’abaissement de la note du pays « reflète la détérioration continue des comptes publics et de la balance extérieure, le déficit budgétaire plus important que prévu » ainsi que les doutes continus autour du « programme gouvernemental de réforme », argumente ainsi Fitch dans son communiqué.

Fitch pointe tout particulièrement du doigt la détérioration de la balance extérieure, elle-même due à des retards dans la réalisation de nombreux projets. Selon l’agence de notation de tels chiffres sont le reflet de l’importance du déficit budgétaire du pays, lequel s’établit à 17,3% du PIB en 2016. A noter qu’en parallèle, la dette du pays représentait l’année dernière 9,7% du PIB, contre 4% en 2015.

Fitch prend toutefois acte des prévisions budgétaires établies par l’Arabie saoudite  pour 2017, le gouvernement saoudien tablant sur un déficit de 7,7% du PIB pour cette année. Reste que pour pouvoir atteindre un tel résultat le pays prend comme postulat de base une hausse des prix du pétrole, tendance qui est loin d’être acquise. Plus prudente, l’agence de notation prévoit pour sa part une baisse du déficit à 9,2% du PIB en 2017 et 7,1% du PIB en 2018.

La note fixée par Fitch est néanmoins assortie d’une perspective stable, laissant entrevoir qu’aucun nouvel abaissement n’est à redouter à moyen terme. Toutefois prévient l’agence, la note pourrait être une nouvelle fois dégradée en raison notamment d’ »une érosion rapide et continue » de la situation budgétaire, laquelle pourrait être consécutive notamment à une nouvelle chute des prix du pétrole. A l’inverse, Fitch indique qu’elle pourrait relever la note du pays après « une période durable d’augmentation des prix du pétrole ». Une manière également d’indiquer qu’il lui est difficile de prévoir  quelles seront les orientations prises par le prix du baril dans les prochains mois …

Rappelons enfin qu’en tant premier exportateur mondial de pétrole, l’Arabie saoudite  avait dû accepter en décembre 2016 de baisser sa production de près de 500.000 barils/jour, après un accord de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et des principaux partenaires.

Sources : AFP, Fitch

 

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