Ayrault : l’Etat va réduire sa participation dans certains groupes

Mots-clefs : , , , , , ,

Alors que le Qatar est à l’affût pour grignoter un peu plus chaque jour une part accrue au sein des fleurons français, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a déclaré dimanche que l’Etat envisageait de réduire sa participation dans certaines entreprises pour financer des investissements.
Une annonce qui intervient également quelques heures à peine après la décision de Bruxelles d’accorder un délai à Paris pour redresser son déficit budgétaire.
Estimant qu’il n’y avait pas de sujet tabou, le chef de gouvernement a indiqué que l’Etat envisageait de se désengager partiellement dans un certain nombre d’entreprises publiques. Les sociétés « où le taux de participation de l’Etat est très important » seraient tout particulièrement « visées ».
Objectif affiché :  » financer l’investissement, pas pour boucher les trous du budget » … si l’on en croit le Premier ministre. Laissant ainsi entendre en quelque sorte qu’il ne s’agissait pas de vendre les bijoux de famille mais d’une stratégie économique et financière mûrement réfléchie.
Un des premiers enjeux d’une telle politique consisterait notamment à dégager 20 milliards d’euros en vue de financer l’installation de l’internet à très haut débit sur tout le territoire.

Rappelons que le ministère de l’Economie avait d’ores et déjà indiqué que le portefeuille des participations de l’Etat pourrait prochainement être soumis à modification, pour nous disait-on alors « réaliser des investissements jugés plus stratégiques ».  Citant alors l’exemple de la cession de plus de 3% du capital de l’équipementier aéronautique Safran, en vue notamment de renforcer les fonds propres de la Banque publique d’investissement (BPI). Une opération qui avait au final rapporté 448,5 millions d’euros à l’Etat.

Fin avril, l’Etat français a engrangé la bagatelle de 707 millions d’euros en cédant 2,1 % du capital d’EADS. Avec une précédente opération sur le même groupe, une semaine auparavant, c’est au total 1,19 milliard que l’Etat a pu ainsi « récupérer » via le groupe aéronautique et de défense.

Officiellement cette cure d’amincissement n’aurait pas pour but ultime de combler le déficit budgétaire. D’autant plus que les règles européennes interdissent ce genre de pratiques, et que si certes, Bruxelles vient d’accorder un sursis à la France, elle n’en demeure pas moins vigilante sur les mesures adoptées par la France pour relancer son économie.
Un communiqué du ministère de l’Economie indiquait alors plus laconiquement qu’il s’agissait de « dégager des ressources en fonds propres pour de nouveaux secteurs ».

A la mi-avril, Bercy avait démenti les propos d’Arnaud Montebourg énoncés la veille, lequel évoquait d’éventuelles ventes de participations de l’Etat dans EDF et GDF Suez.  Démenti précédent toutefois une rencontre entre Pierre Moscovici et le PDG de GDF Suez, Georges Mestrallet.

« Dans certaines entreprises, on a par exemple 36% de participation. On peut passer à 33%, qu’est-ce que ça change ? » avait ainsi déclaré Arnaud Montebourg, sur France 5. Après avoir évoqué de telles possibilités au début du mois d’avril, lors d’une interview au Wall street Journal.

Sources : AFP, Reuters, BFM, Le Monde, L’Est républicain

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 5 mai 2013


Le Blog Finance

Partager cet article