Barrick Gold : pleins feux sur Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire et RDC

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Barrick Gold : pleins feux sur Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire et RDC

Barrick Gold, géant groupe aurifère canadien va “spécialement concentrer” ses activités sur l’Afrique et le continent américain. C’est en effet ce qu’a annoncé vendredi son nouveau PDG, le Sud-Africain Dennis Mark Bristow.

Cette déclaration fait suite à sa fusion-absorption de la compagnie d’or Randgold – deuxième producteur africain – et le numéro un mondial de l’or, Barrick Gold, opération chiffrée à six milliards de dollars.

Pleins feux sur  l’Afrique et l’Amérique

“Nous allons vendre nos actifs en Australie et en Asie-Pacifique pour nous concentrer sur l’Afrique et l’Amérique”, a ainsi déclaré devant la presse, à Abidjan (Côte d’Ivoire) Dennis Mark Bristow, patron de Randgold Resources. Laquelle société exploite depuis 2010 la mine d’or de Tongon, joyau de l’industrie minière ivoirienne.

Le nouveau PDG a ajouté qu’il dirigera “la plus grosse entreprise productrice d’or » mais également « l’équipe de direction la plus importante en terme d’effectif”.

Dennis Mark Bristow a par ailleurs salué une «  combinaison » qui allait – selon lui – aboutir « à un actif beaucoup plus bonifié » et « à une entreprise beaucoup plus rentable au niveau mondial”.

Selon lui, Randgold est à l’heure actuelle « la société d’exploitation minière la plus rentable, la plus profitable, sans être la plus grande”.

Il a par ailleurs rappelé que l’entreprise avait des projets au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Tanzanie, en Zambie, en RDC (République démocratique du Congo) et en Arabie Saoudite. Ajoutant que Barrick menait actuellement des opérations en Argentine, en République dominicaine, aux Etats Unis, au Canada et en Alaska.

Sénégal, Mali et Côte d’Ivoire des pays à fort potentiel aurifère

En 2017, Randgold a annoncé qu’il allait investir 300 millions de dollars sur cinq ans pour développer des mines de classe mondiale en Afrique, notamment au Mali, Sénégal et en Côte d’Ivoire, alors que le pays est doté d’un potentiel aurifère encore sous-exploité.

Ces investissements seront ainsi destinés au projet Massawa, situé dans l’est du Sénégal, à l’extension de la mine de Loulo-Gounkoto  au Mali et en Côte d’Ivoire, pays considéré comme étant “le plus attractif”.

Précisons « au passage «  que l’or domine le secteur minier malien, le pays étant le 3ème plus grand producteur d’or en Afrique, derrière l’Afrique du Sud et le Ghana. Le secteur aurifère contribue au quart des revenus du gouvernement. De là à être une des sources du conflit actuel ?

Barrick Gold face à des difficultés financières

Après avoir enregistré une perte de 11 millions de dollars il y a un an, Barrick Gold a annoncé une perte de 412 millions de dollars US pour le troisième trimestre 2018.

Cette perte s’explique principalement par une charge de dépréciation de 405 millions de dollars due à des retards dans la réalisation d’un projet dans la mine Lagunas Norte, au Pérou, a tenu à préciser l’entreprise dans un communiqué.

Le groupe a également subi une perte de change de 62 millions de dollars en raison de la dépréciation du peso argentin.

La RDC s’inquiète de la fusion

Reste tout de même qu’en septembre dernier, la Société minière de Kilo-Moto SA (Sokimo), contrôlée par l’État de la RDC a protesté contre la fusion des deux géants du secteur. Arguant que l’opération allait introduire un nouveau partenaire dans la mine d’or de Kibali en lieu et place de Randgold Resources, actuellement actionnaire à 45 %.

L’opérateur public s’était alors insurgé contre « cette énième illustration d’opérations de cession de contrôle entre grands groupes mondiaux, conçues et structurées pour s’imposer sans discussion préalable dans les pays d’où sont extraites les ressources qui font leur richesse ».

Le communiqué de la société soulignait également qu’un accord de partenariat avait été récemment signé entre Barrick Gold et le chinois Shandong Gold Group, s’inquiétant de ses conséquences potentielles au niveau local.

Quelques heures après le communiqué de la Sokimo, Rangold Resources a publier une réponse, estimant que « la fusion proposée n’aurait aucun effet sur Kibali Goldmines SA » et affirmant que « l’accord de coentreprise et la documentation connexe” ne contenaient  “aucune disposition donnant à Sokimo des droits résultant de la fusion proposée. »

Ill faut dire que cette fusion-absorption voit le jour alors que la RDC tente actuellement de reprendre la main sur ses ressources minières. n mars dernier, le président, Joseph Kabila, a promulgué un nouveau code minier qui prévoit une forte hausse des taxes sur les « substances stratégiques ».

Le 12 septembre dernier, à l’occasion de la troisième conférence minière de la RDC à Kolwezi, le chef de l’État a notamment exigé « la participation des Congolais dans le capital des entreprises minières et la mise en œuvre effective de l’exclusivité [qui] leur [est] reconnue dans la réalisation de la sous-traitance ».

La mine de Kibali a produit près de 18,7 tonnes d’or en 2017, générant 287,7 millions de dollars (246 millions d’euros) de profit. Sa production est en hausse constante et devrait atteindre les 730 000 onces fin 2018. Ses réserves sont estimées à 8,7 millions d’onces, selon Randgold.

Sources : AFP, Jeune Afrique, Rangold Ressources

Elisabeth Studer – 27 octobre 2018 – www.leblogfinance.com


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