BCE : vers des achats d’actions, la Banque du Japon en éclaireur  ?

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De Charybde en Scylla ? Alors que  la Banque centrale européenne (BCE) va pouvoir dès le mois de juin prochain racheter des obligations émises par des entreprises de la zone euro, l’établissement financier ainsi que la Banque du Japon (BoJ) pourraient bientôt consacrer des montants comparables à ceux alloués aux obligations à des opérations d’achats d’actions. Arguments encore une fois invoqués : tenter ainsi de relancer la croissance et l’inflation.

Le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, interrogé cette semaine sur l’éventualité d’étendre la politique d’achats de titres aux marchés actions, s’est borné à répondre qu’aucune nouvelle mesure ne serait adoptée dans l’immédiat. S’agissant de la Boj, cette dernière achète déjà des actions sur les marchés mais pour des montants limités.

Les professionnels de l’investissement estiment désormais que le niveau de l’inflation restant très éloigné des objectifs, des achats d’actions à grande échelle – via l’extension de la stratégie actuelle d’assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) – pourraient offrir désormais une solution crédible à la situation actuelle.

Néanmoins, un tel scénario pourrait s’avérer pour le moins risqué, dans la mesure où il exposerait les banques centrales à un risque excessif de dépréciation de leurs actifs. Notant en passant que de telles mesures pourraient au final se rapprocher d’une politique de nationalisations. Sans parler des éventuelles conséquences politiques qu’une telle pratique pourrait générer.

Néanmoins, selon Joachim Fels, directeur exécutif du géant de la gestion obligataire Pimco, la BCE pourrait bien recourir à de telles opérations avant la fin de l’année. « Des achats d’actions en Europe permettraient de soutenir le marché et les cours, tout comme l’annonce par la BCE en mars d’achats d’obligations d’entreprise a conduit à un effondrement des spreads de crédit », a-t-il ainsi déclaré.

Pour rappel, ces dernières années la BCE et la BoJ sont devenues des acteurs de premier plan des marchés obligataires : la majeure partie des 8.000 milliards de dollars (7.000 milliards d’euros) d’obligations affichant des rendements négatifs sont ainsi libellées en euro ou en yen.

Notons également qu’une fois mis en oeuvre la totalité du plan d’achats d’obligations annoncé, la BCE pourrait détenir à elle seule jusqu’à 25% de l’encours d’emprunts d’Etat de la zone euro.

Du cote des avantages qu’une telle solution pourrait offrir, on fait valoir qu’elle est facile à mettre en œuvre. Pour éviter de déséquilibrer les marchés concernés, de tels achats seraient sans doute réalisés par le biais de fonds indiciels (ETF). Lesquels disposent d’un potentiel d’achats d’environ 6.000 milliards d’euros sur les marchés actions en Europe.

La BoJ pourrait jouer le rôle d’éclaireur en portant la part des actions à 10% du montant total de ses avoirs, soit environ 50.000 milliards de yens, contre 0,5% aujourd’hui. Un choix qui selon certains spécialistes pourraient contribuer à faire monter les cours des actions et à encourager la consommation et l’investissement par le biais de l’enrichissement des ménages et de la baisse du coût du capital.

Si la BoJ augmente son plan d’achats d’ETF en juin ou en juillet, l’opération pourrait servir de déclencheur pour que la BCE étudie cela de près affirment certains spécialistes.

De telles mesures pourraient selon eux favoriser indirectement les banques alors que leurs résultats ont souffert ces derniers mois des taux bas ou négatifs et des turbulences sur les marchés.

Sources : Reuters, AFP

Elisabeth Studer  – 12 mai 2016 – www.leblogfinance.com


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