Brexit : le Labour alarme des risques liés à l’absence d’accord commercial avec l’UE

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Quand le Brexit inquiète outre Manche …. Tout bien réfléchi, l’Union européenne aurait-elle finalement quelques avantages ? C’est que laissent penser les propos du chef de l’opposition travailliste britannique Jeremy Corbyn, lequel a mis en garde vendredi contre les conséquences néfastes qu’aurait l’absence d’accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne à l’issue des négociations sur le Brexit.

« Nous devons être clairs : pas d’accord signifie un mauvais accord », a-t-il ainsi déclaré lors d’un discours consacré au sujet. Une manière de répondre mot pour mot au discours prononcé en janvier par la Première ministre Theresa May, laquelle avait alors affirmé qu’elle préférait « pas d’accord qu’un mauvais accord ».

Rappelant que près de la moitié des exportations du Royaume-Uni étaient destinés à l’Union européenne, Jeremy Corbyn a martelé que les britanniques devaient continuer à avoir un accès à ces marchés, sous peine d‘impacter l’emploi et le niveau de vie. Selon lui, si Theresa May échoue à réaliser un tel accord, « elle aura échoué sur le plan économique ».

Si le chef de l’opposition affirme vouloir se plier au résultat du référendum, il souhaite cependant selon ses propres dires « protéger le pays contre le danger d’un Brexit brutal ». « Notre avenir ne doit pas être décidé par une petite clique de conservateurs fanatiques du libre marché, utilisant le Brexit pour imposer l’austérité, les privatisations et la dérégulation« , s’est-il exclamé.

Jeremy Corbyn a également pointé du doigt ce qu’il considère être une « tentative » du gouvernement britannique d’utiliser les citoyens européens présents au Royaume-Uni comme « monnaie d’échange » dans la négociation. « Les droits des citoyens européens qui vivent et travaillent au Royaume-Uni doivent être garantis maintenant, sans condition, tout comme le droit des Britanniques d’être protégés à travers le reste de l’Union européenne », a-t-il déclaré. Précisons que jusqu’à présent Theresa May a refusé de garantir les droits des trois millions d’Européens vivant au Royaume-Uni, arguant qu’elle attendait de recevoir des assurances similaires pour les Britanniques vivant dans l’UE pour s’engager à son tour.

Début février, citant des responsables européens, l’ex-ambassadeur britannique auprès de l’UE Ivan Rogers, a déclaré qu’aucun accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ne sera conclu avant les années 2020-2025. Rappelons que nommé à Bruxelles en 2013 à Bruxelles, Ivan Rogers a démissionné avec fracas début janvier en dénonçant le manque de préparation du gouvernement britannique face au Brexit.

« C’est une négociation d’une envergure inédite, au moins depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela va être d’une ampleur monstre », a déclaré Ivan Rogers devant la Commission des Affaires européennes de la Chambre des communes, jugeant que les négociations de sortie de l’UE seraient « véhémentes ».

Si le divorce entre Londres et Bruxelles pourrait être prononcé courant 2019, des responsables européens estiment cependant qu’il faudra attendre probablement jusqu’aux années 2020-2025 avant qu’un accord commercial soit ratifié par l’ensemble des parlements nationaux et régionaux des 27 Etats membres, a par ailleurs expliqué le diplomate.

Fin janvier, la Commission européenne avait indiqué pour sa part que l’UE et le Royaume-Uni devront d’abord s’accorder sur les termes du divorce avant d’entamer toute discussion sur un futur accord commercial. Or, de source européenne, on indique que la « facture de sortie » de l’UE que Bruxelles souhaite faire payer aux Britanniques serait comprise entre 55 et 60 milliards d’euros. De quoi faire durer les discussions.

Sources : AFP, levif.be

Elisabeth Studer – 25 février 2017 – www.leblogfinance.com

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