Burkina Faso : un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis ?

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 Burkina  Faso : au final, il pourrait s’agir d’un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis, vous en doutiez ? Pas vraiment en ce qui me concerne et loin s’en faut …

Alors que nous soulevions ici-même récemment le fait que l’armée prenne le pouvoir dans un pays stratégique pour le transit de l’uranium du Niger et, qui plus est partenaire de l’Iran, certains medias n’y vont pas par quatre chemins, affirmant tout haut ce que nous laissions juste entendre à demi-mots.

Rappelons les faits : après 27 ans de pouvoir, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré a été aussi soudainement que rapidement renversé le 30 octobre dernier. Depuis 2011, une politique de répression lui avait permis de se maintenir à la tête du pays.

Ce qui a officiellement enflammée les foules : le président Compaoré venait d’annoncer son intention de modifier l’article 37 de la Loi fondamentale, en vue de pouvoir se représenter en 2015 et poursuivre son mandat.

Désormais, après avoir rapidement démissionné, il a fui le pays direction la Côte d’Ivoire, pays dont il détient la nationalité par son mariage. Si l’on en croit certains medias, l’Etat français pourrait l’avoir aidé à mener à bien cette opération.

Précisons que Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir, le 15 octobre 1987, en renversant et en éliminant son prédécesseur, l’anti-impérialiste Thomas Sankara. Il n’est pas totalement irraisonné de penser que son accession via un coup d’Etat a été préparé par la France, alors gouvernée en cohabitation par François Mitterrand et Jacques Chirac.

Et ce, d’autant plus que durant ses 27 années de pouvoir, Blaise Compaoré a soutenu les opérations néo-coloniales françaises en Angola, au Libéria, en Sierra Leone, au Mali, en Guinée et en Côte d’Ivoire.

Quant au général Honoré Traoré, après la démission du président Compaoré, le chef d’état-major des armées, il annonce, le 31 octobre, qu’il assumera la transition durant les douze mois à venir. Mais, dès le lendemain, 1er novembre, il cède sa place au lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida, cédant ainsi à la pression des États-Unis.

Or, des Etats-Unis, le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida en est proche, voire très proche … puisqu’en 2012, il a suivi une formation contre-terroriste à la base aérienne de MacDill (Floride) et une formation de renseignement militaire dispensée par le Pentagone au Bostwana. Rien que cela …

Ajoutons qu’alors que la législation américaine impose à l’exécutif de sanctionner tout gouvernement issu d’un coup d’État militaire, le département d’État US a salué l’arrivée au pouvoir du lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida et lui a demandé d’installer au plus tôt un gouvernement civil.

Le motif d’une telle opération US aboutissant au final à ce coup d’Etat : freiner voire stopper la progression des grands groupes européens sur le territoire africain.

Rappelons ainsi que le 7 novembre 2013, le Président nigérien, Mahamadou Issoufou, et son homologue béninois, Boni Yayi, ont signé un Mémorandum d’Entente pour la réhabilitation, la construction et l’exploitation des chemins de fer reliant Cotonou à Niamey. Tronçon intégré dans la boucle ferroviaire qui doit relier Cotonou (Bénin) à Abidjan (Côte d’Ivoire) , via Niamey (Niger) et Ouagadougou (Burkina Faso ). La boucle ferroviaire devra permettra à terme de relier le Niger au Burkina Faso et à la Côte d’Ivoire, devenant ainsi l’une des plus longues lignes de chemin de fer de la région.
A cette occasion le patron du groupe Timis qui finance l’étude de faisabilité de la voie ferrée Dori-Niamey avait indiqué que la réalisation de ce projet aura « un impact économique certain pour le Niger et les pays de la région, en facilitant l’exportation de la production agricole, du bétail et des ressources minières, ainsi que l’importation d’autres produits. »
Sources : AFP, Associated Press,Voltaire.net

Elisabeth Studer – 07 novembre 2014 – www.leblogfinance.com

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