CAC 40 : Après un bon départ en 2021, le marché parisien effectue un pas en arrière

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(BFM Bourse) – À quelques jours de l’intronisation de Joe Biden, la situation politique à Washington reste un casse-tête pour la future administration, tandis qu’en dépit de l’accélération de la campagne de vaccination en Europe les nouvelles sanitaires ne prêtent pas à sourire – y compris en Chine cette-fois ci.

La Bourse de Paris, qui avait entamé 2021 du bon pied est revenue à plus de prudence au démarrage de la nouvelle semaine. Face à de nouveaux risques politiques et sanitaires, le CAC 40 a reculé lundi de 0,78% à 5.662,43 points, dans un volume très ordinaire de 3,25 milliards d’euros.

Aux Etats-Unis, la chef de file Démocrate à la chambre des Représentants Nancy Pelosi semble déterminée à débuter une procédure d’impeachment contre le président sortant à la suite de l’assaut donné par ses partisans au Capitole la semaine dernière. Certains responsables estiment qu’à neuf jours de l’investiture de Joe Biden, il y a plus à perdre qu’à gagner avec cette procédure, à laquelle une bonne partie de la classe politique n’est pas favorable. Ce qui risquerait de diminuer le crédit dont dispose la nouvelle administration au moment de faire passer un nouveau plan de relance. Le président élu doit d’ailleurs détailler jeudi le projet envisagé, qui ferait notamment passer de 600 à 2.000 dollars le chèque envoyé à chaque américain éligible.

En outre, le choix de priver Donald Trump de son porte-voix favori et ses partisans de moyens de répandre leurs visées provoquait une certaine pagaille du côté des valeurs technologiques, à commencer par Twitter (-7,5%).

Au moment de la clôture européenne, le Nasdaq Composite cédait 0,6%, le S&P 500 0,4%, et le Dow 0,3%.

Parallèlement, comme c’était pourtant prévisible, le taux d’infection au Covid-19 reste élevé, avec les retombées à J+ quelques jours des déplacements et réunions des vacances de Noël. En outre, les autorités chinoises sont à nouveau amenées à des mesures vigoureuses. En quelques jours, la Province du Hebei a accumulé 360 cas confirmés. La ville de Shijiazhuang, qui compte 11 millions d’habitants, a été placée en confinement strict: il s’agit d’éviter une propagation à Pékin, la capitale chinoise étant littéralement ceinturée par le Hebei.

Le secteur de la santé en vedette

Comme une correspondance à la situation sanitaire, à Paris ce sont les valeurs de la santé, grandes ou petites, qui ont brillé lundi, portées par une activité dense. Le géant tricolore Sanofi a gagné 0,6% (2e meilleure performance de l’indice phare, derrière STMicro) avec le rachat de la biotech Kymab pour 1,1 milliard de dollars (et jusqu’à 350 millions de dollars de compléments en fonction des avancées futures). Cette opération lui permet de mettre la main sur le composé KY1005, un anticorps monoclonal doté d’un nouveau mécanisme d’action, qui a déjà franchi la phase 2 des essais cliniques chez des patients atteints de dermatite atopique modérée à sévère ne répondant pas bien aux corticoïdes. La molécule pourrait être développée dans un éventail de maladies inflammatoires auto-immunes.

Parmi les plus modestes capitalisations du secteur, Adocia a bondi de 18%. La biotech a mis au point une matrice hydrogel permettant de maintenir l’activité des implants de cellules pancréatiques chez les patients avec un diabète de type 1 qui donnerait des résultats “très prometteurs” chez l’animal. L’objectif serait de contourner les obstacles à la thérapie cellulaire (consistant à greffer des cellules prélevées sur des pancréas de cadavres) qui nécessite d’administrer en parallèle des immuno-suppresseurs, ce qui augmente le risque de cancer.

Sans autre actualité récente que l’approbation du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) en France qui conduira à réduire ses effectifs de plus de 200 postes (ramenant à environ 90 personnes l’effectif total), DBV Technologies s’est adjugé 7%. Dans le prolongement de l’annonce de son chiffre d’affaires estimatif du dernier trimestre 2020, ce qui lui a valu quelques relèvements de recommandation de la part des bureaux d’études -Oddo BHF portant son objectif à 3 euros notamment- Mauna Kea a grimpé de 10%.

Toujours parmi les biotechs, citons les hausses d’Inventiva (+6,5%), OSE Immuno (+6,2% également), Lysogène (+5,6%) ou Erytech (+3,4%).

Contrat de taille pour Gorgé

L’action du “fondeur” belgo-germanique X-Fab, qui dispose d’un important établissement en France du côté de Corbeil-Essonne et qui a choisi une cotation sur Euronext Paris, a encore grimpé de 8% (soit 37% de gains depuis le conseil des analystes de BFM Bourse de début décembre).

Le cours de Vente-unique.com a crû de 7% après la publication par la firme des résultats de son exercice 2019-2020 (clos fin septembre). Le chiffre d’affaires a crû de 24% à à 118,9 millions d’euros, encore au-delà de l’objectif pourtant relevé à plusieurs reprises, tandis que le taux de marge d’Ebitda s’est amélioré en dépit de la hausse des coûts logistiques à 8,4%. Le bénéfice net de l’exercice s’est élevé à 4,7 millions, en hausse de 67%, et Vente-unique souligne que le début du nouvel exercice se caractérise par une dynamique commerciale qui s’accélère.

Au compteur pour le titre Gorgé une progression de 3,7%, alors que le groupe a révélé avoir reçu un contrat de près de 7 millions d’euros pour l’étude et la réalisation d’un système de protection incendie sur le plus important site équipé de sprinklers d’Europe (le nom du client n’a pas été divulgué), représentant le plus gros marché jamais remporté par la société sur le segment protection incendie.

JCDecaux accablé par les analystes

Inversement, JCDecaux a enregistré une chute supplémentaire de plus de 8%, victime de non pas une mais deux dégradations ce lundi matin. UBS et Exane sont passés négatifs (la liste des changements d’objectifs et de recommandations du jour est à consulter ici).

Initialement soutenu par la publication du chiffre définitif des livraisons en 2020, soit 566 avions civils à 87 clients, encore un peu au-delà du chiffre d’environ 560 évoqué par la presse spécialisée la semaine dernière, Airbus a finalement perdu 0,4%.

Le regain d’inquiétudes vis-à-vis de la demande énergétique au regard des confinements en cours ou envisagé en Europe et surtout des nouvelles restrictions à la circulation en Chine se traduisait par un déclin des cours pétroliers. Le contrat à terme sur le Brent de la mer du Nord perd 0,73% à 55,58 dollars tandis que le WTI lâchait seulement 0,27% à 52,10 dollars. Vallourec (-4,6%) ou Total (-1,5%) en ont fait les frais.

Ayant cédé du terrain face aux principales autres devises vendredi, après la publication de statistiques économiques montrant l’ampleur de l’impact de la crise sanitaire sur le marché du travail américain, le billet vert retrouve la faveur des investisseurs de nouveau attirés par son statut de valeur refuge. L’euro cède ainsi 0,48% à 1,2160 dollar. Le Bitcoin quant à lui, après être monté tout récemment jusqu’à 42.000 dollars, subit une forte correction : -19,14% à 30.713 dollars. La crypto-devise avait déjà connu lundi 4 une correction comparable, avant de repartir.

Guillaume Bayre – ©2021 BFM Bourse

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