CAC 40 : Avec le risque d'un Brexit sans accord, la Bourse de Paris au plus bas depuis 2 ans

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(BFM Bourse) – La Bourse de Paris a creusé ses pertes en fin de séance après le report du vote sur le Brexit. À -1,47% et 4.742 points, le CAC termine à son plus bas niveau depuis décembre 2016.

Comme pouvait le suggérer la matinée, le marché parisien s’est bel et bien dirigé vers sa quatrième baisse au cours des dernières séances. Et quelle baisse ! En repli de 0,48% à la mi-séance, le CAC a largement creusé ses pertes pour boucler la première séance de la semaine en recul de 1,47% à 7.742,38 points. Plombé par les dernières statistiques chinoises et allemandes qui laissent suggérer un ralentissement de la croissance mondiale à venir, le CAC n’a pas résisté à l’annonce, en fin d’après-midi par Theresa May, d’un report du vote sur le Brexit qui devait être voté par les Communes ce jeudi.

Cette annonce renforce la défiance des investisseurs, alors que es tensions commerciales entre la Chine et les État-Unis persistent. Peu d’opérateurs semblent en effet prêts à miser sur une entente commerciale entre les deux plus grandes puissances commerciales dans le délai imparti de 90 jours décidé par Donald Trump et Xi Jinping. Pour rappel, l’arrestation de la directrice financière de Huawei la semaine dernière a évidemment accru les tensions qui s’étaient légèrement dissipées depuis la signature de la trêve. D’autant que le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a affirmé dimanche que les discussions prendraient fin le 1er mars et que, faute d’entente, de nouveaux droits de douane seraient instaurés.

Après avoir déjà cédé 3,8% la semaine dernière, ce nouveau recul ramène le CAC à un niveau qu’il n’avait plus connu depuis le 8 décembre 2016, soit il y a deux ans.

Eramet plonge, Navya et Vicat aussi

À la Bourse de Paris, les valeurs les plus exposées au cycle économique et au Brexit sont logiquement sanctionnées ce lundi, Eramet en tête (-24%). Non seulement le producteur de nickel et de manganèse est affecté par les inquiétudes sur la croissance mondiale, mais le groupe a averti qu’il enregistrerait des charges significatives, non encore chiffrées, après avoir découvert une défaillance du système de contrôle qualité dans sa branche alliages. Globalement les producteurs de matériaux de base sont sanctionnés comme Vicat (-7%), Imerys (-8,4%), ainsi que la chimie (-4,8% pour Arkema après l’avertissement de son concurrent allemand BASF) ou l’automobile (-8,2% pour Plastic Omnium, -4% pour Peugeot, -4,4% pour Faurecia et -4% pour Renault).

Toujours au rayon des baisses, Air France-KLM termine la séance en repli de 1,2% après avoir pourtant progressé de près de 2% vers la mi-séance après l’annonce d’une nouvelle expansion du trafic passagers le mois dernier.

Le titre EOS Imaging s’adjuge 1,5% après l’arrivée du chinois Fosun Pharma à son capital. La biotech Gensight Biologics progresse également de 4% dans le sillage de son dernier mois exceptionnel en Bourse (+107% désormais). Une autre biotech, Abivax, reste également bien orientée (+3%).

Sur le CAC, seuls Carrefour, Sodexo, L’Oréal et Sanofi terminent dans le vert, avec de légères hausses comprises entre 0,6% pour Carrefour et 0,2% pour Sanofi.

Wall Street dans le rouge

Wall Street a ouvert dans le désordre lundi après avoir accusé la semaine dernière sa plus mauvaise performance depuis mars, sur fond d’inquiétudes sur la croissance mondiale et la fragile trêve commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Puis le report du vote sur le Brexit a définitivement fait basculer la Bourse de New York dans le rouge Vers 18h, l’indice Dow Jones perd 1,72% quand le S&P 500 recule de 1,4% et le Nasdaq de 0,7%, l’indice à dominante technologique étant une nouvelle fois plombé par Apple (-2,2% vers 18h) qui vient de perdre une bataille de brevets contre Qualcomm en Chine.

Pétrole en baisse

Au chapitre des devises, l’euro cède un peu de terrain face au billet vert à 1,1370 dollar (-0,1%) après en avoir gagné un peu dans la matinée. En revanche, les incertitudes liées au Brexit pèsent sur la livre sterling qui perd plus de 1% face à l’euro et au dollar.

Du côté du pétrole, les cours repartent à la baisse après avoir bénéficié en fin de semaine de l’annonce d’un accord conclu entre les pays de l’Opep et d’autres producteurs en vue de réduire globalement la production de 1,2 million de barils par jour. Le baril de brut américain WTI cède 1,04% à 51,59 dollars et le Brent de la mer du Nord 0,88% à 60,86 dollars.

Quentin Soubranne – ©2018 BFM Bourse

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