CAC 40 : Donald Trump n’a pas voulu se laisser damer le pion par la BCE, enflammant les marchés

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(BFM Bourse) – La Bourse de Paris a connu mardi une ascension en deux temps. L’annonce par le président de la BCE d’un possible retour du stimulus monétaire a lancé le mouvement. Non sans avoir critiqué la baisse de l’euro qui a suivi, le président américain a accéléré la flambée des principaux indices en annonçant une prochaine rencontre au sommet avec son homologue chinois.

Le président des Etats-Unis a semble-t-il rivalisé d’ardeur avec celui de la Banque Centrale Européenne pour doper les indices boursiers mardi. Le CAC 40 parisien a terminé en hausse de 2,2% à 5.509,73 points, tandis que l’Eurostoxx50 bondissait d’autant. Au même moment, soit l’approche de la mi-séance à New York, le Dow Jones gagnait 1,3%, le S&P 500 1% et le Nasdaq 1,6%.

Comme à la grande époque du “whatever it takes”, c’est-à-dire en 2012 où d’une seule phrase (ou presque) Mario Draghi avait mis fin à la spéculation contre la dette des Etats périphériques de la zone euro, la seule parole du président de la Banque centrale européenne a suffi à convaincre les marchés. “Super Mario” comme le surnomment ses admirateurs s’est en effet dit prêt à assouplir à nouveau la politique monétaire si persistent la faiblesse de l’inflation et les risques conjoncturels, y compris relancer l’assouplissement quantitatif, suspendu il y a quelques mois à peine.

Après une ouverture en léger repli (-0,08%), le baromètre de la place parisienne a immédiatement bondi en réaction à cette profession de foi, puis a légèrement accru ses gains au cours de la matinée. Puis, le président des Etats-Unis a de nouveau surpris son monde en livrant sur Twitter son ressenti de la situation. Et c’est peu de dire que l’inflexion de la politique monétaire européenne n’est pas à son goût : “Mario Draghi vient d’annoncer que d’autres mesures de relance pourraient être mises en place, ce qui a immédiatement fait chuter l’euro contre le dollar, leur facilitant [aux européens] injustement la concurrence face aux États-Unis”. Commentateur régulier des indices boursiers, habituellement Wall Street, il n’a pas manqué cette fois de relever que “Les marchés européens ont grimpé suite aux commentaires (pas corrects envers les États-Unis) faits aujourd’hui par Mario D!” (l’économiste milanais a dû être un peu étonné de se voir ainsi affubler d’un surnom de rappeur).

Et comme pour montrer que si quelqu’un sur cette planète pouvait faire vraiment grimper les indices boursiers, c’était bien lui, Donald Trump a assuré qu’il venait d’avoir eu une très bonne conversation téléphonique avec son homologue chinois Xi Jinping et confirmé qu’il le rencontrerait longuement la semaine prochaine à Osaka, un tête-à-tête que les investisseurs n’osaient plus espérer au vu du regain de tensions macro-économiques depuis mai.

Pour la brièveté de ce point de clôture, nous passons rapidement sur les commentaires du président américain vis-à-vis du patron de la propre banque centrale américaine, qui n’ont fait qu’accroître la pression sur les épaules de Jerome Powell. Au terme d’une réunion de deux jours l’institution devrait confirmer demain une baisse des taux au cours de l’été.

Les 40 valeurs de l’indice phare dans le vert

Sur le front des valeurs, aucune baisse notable n’était remarquablement à signaler en clôture. Même les secteurs des banques, pénalisées initialement par la perspective de taux d’intérêt durablement bas, et des semi-conducteurs, d’abord affectées par l’avertissement de l’allemand Siltronic, ont terminé en hausse : Société Générale +2%, BNP +1,8% et Crédit Agricole +1,35% et STMicro +3%, l’optimisme renaissant sur un accord Chine-USA effaçant toutes inquiétudes.

Les valeurs pétrolières comme CGG (+8,1%) ou Vallourec (+4,3%), la distribution (+5,4% pour Fnac Darty et +5,3% pour Maisons du Monde après la présentation des ambitions 2024 de ce dernier), les entreprises exposées à la conjoncture comme Eramet (+5%) ou Nexans (+4,5%) ont sans surprise très bien réagi. Le luxe également avec une hausse de 4% pour Kering, de 3,4% pour Hermes et de 2,9% pour LVMH, qui touche ainsi un nouveau plus haut historique après celui atteint le 6 juin dernier.

Accor (+4,9%) a qui plus est profité d’un relèvement de l’opinion de Bernstein à surperformance. La liste des changements de recommandations est d’ailleurs à retrouver ici.

Sanofi s’est adjugé 2,65%, le premier groupe pharmaceutique français ayant annoncé une nouvelle collaboration sous la forme d’un laboratoire “virtuel” d’innovation avec le géant mondial du numérique Google pour développer de futurs médicaments et services en tirant parti des technologies de données.

Parmi les plus petites valeurs, la jeune pousse de technologie médicale Mauna Kea Technologies a grimpé de 24% après l’annonce de l’obtention du remboursement de l’examen réalisé avec son endomicroscope Cellvizio par l’assurance maladie en France, après plusieurs années d’attente depuis l’avis positif de la HAS.

La perspective de la reprise d’un dialogue plus constructif entre les Etats-Unis et la Chine et qui sait d’un prochain accord commercial entre les deux puissances, qui renforcerait nettement les perspectives de l’économie mondiale, a aussi logiquement dopé les cours pétroliers. Affectés en matinée part la confusion autour de la date de la prochaine réunion de l’Opep, certains pays demandant de repousser le rendez-vous du 25 juin, les cours repartaient en très forte hausse : +4,39% à 54,21 dollars pour le WTI et +3,02% à 62,78 dollars pour le Brent.

Sur le marché des changes, la monnaie unique cédait 0,16% en fin de journée à 1,1200 dollar.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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