CAC 40 : Dubitatif sur l’accord commercial, le CAC efface une partie des gains de la semaine passée

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(BFM Bourse) – Toujours dans l’attente de preuves tangibles d’un accord commercial partiel entre la Chine et les États-Unis, la Bourse de Paris clôture en repli de 0,4% dans un faible volume d’échanges. Signe que la prudence reste de mise chez les investisseurs.

Le net rebond de 3,23% emmagasiné la semaine dernière par le marché parisien a laissé place à une vague de prises de bénéfices lundi matin (-1% à la mi-journée) avant que le CAC 40 n’efface une partie de ses gains matinaux pour limiter son repli à 0,4% et 5.643,08 points en clôture. Le faible volume d’échanges (2,5 milliards d’euros, à comparer aux 4,6 milliards de vendredi dernier) témoigne d’un regain d’aversion au risque de la part des opérateurs, alors que les contours de l’accord commercial partiel entre Pékin et Washington restent à préciser d’ici sa signature, qui pourrait intervenir mi-novembre. Ce volume d’échanges resserré est également à mettre sur le compte de l’absence de nombreux opérateurs américains, ce lundi étant un jour férié fédéral aux États-Unis à l’occasion du “jour de Christophe Colomb”, même si les portes de Wall Street restent ouvertes.

Vanté en long et en large par Donald Trump, l’accord conclu à l’occasion de la visite à Washington d’une délégation chinoise la semaine dernière se résume pour l’instant à la suspension du nouveau relèvement des taxes douanières (de 25 à 30% sur 250 milliards de dollars de produits chinois importés) qui devait intervenir cette semaine, tandis que la Chine s’engage à acheter davantage de produits agricoles chinois. “Commencez à envisager de plus gros tracteurs !”, a lancé le Président des Etats-Unis aux agriculteurs américains. Les restrictions de visas aux fonctionnaires qui seraient impliqués dans des groupes de défense des droits de l’homme vont également être revus.

Les deux pays se seraient également accordés sur plusieurs sujets sensibles, à commencer par la propriété intellectuelle et la manipulation de devises, sans oublier l’ouverture de l’accès aux marchés chinois pour les services financiers américains. Les experts de Mirabaud Securities mettent néanmoins cette information au conditionnel tant le flou demeure, aucun détail n’ayant filtré des derniers pourparlers. Selon ces derniers, Washington refuserait néanmoins de traiter la demande chinoise de retirer les taxes américaines actuelles sur les produits chinois importés, un point qui frustre Pékin.

Le Brexit se profile

“La relation avec la Chine est très bonne. Nous allons finaliser l’importante Phase 1 de l’accord, puis nous irons directement à la Phase 2”, a également indiqué Donald Trump via Twitter. Car, il faut le souligner, cette fameuse Phase 1 doit donc encore être signée par les deux parties. Le président ne doute pas que cela soit le cas “très bientôt”…

Sur le front du Brexit, Elizabeth II a déclaré lundi au Parlement que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 octobre prochain est la “priorité” du gouvernement, se faisant ainsi la voix de Boris Johnson, au moment où les négociations pour parvenir à un accord de Brexit sont dans leur dernière ligne droite.

Wall Street doute également des progrès commerciaux

Après avoir terminé la semaine dernière sur de nettes progressions (entre 1,1% pour le S&P et 1,35% pour le Nasdaq vendredi), les principaux indices américains ont ouvert en léger recul lundi, dans un marché déserté par de nombreux observateurs. Les acteurs présents sur les marchés semblent réagir à des informations de l’agence Bloomberg indiquant que la Chine souhaitait poursuivre les pourparlers avant de signer un accord commercial avec les Etats-Unis. Vers 18h, le Dow Jones, le S&P et le Nasdaq évoluent proche de l’équilibre.

Virbac recherché, Bic sanctionné

À Paris, l’actualité des entreprises se révèle cependant assez animée avec quelques publications remarquées. Une nouvelle fois, le groupe de santé animale Virbac domine le palmarès du SBF 120 (+11,6%), après un second relèvement d’objectifs en l’espace d’un mois !

Egalement en vue, la biotech Genfit remonte de 3,6%, certains intervenants soulignant qu’après avoir atteint la semaine dernière un plancher depuis janvier 2014, le titre rebondit sur un support technique majeur. En hausse de près de 10% à la mi-journée, Bolloré limite finalement ses gains à 2,2% après le relèvement par HSBC de son conseil à acheter, au lieu de conserver. Le résumé des changements de recommandations du jour sont à retrouver ici. Le titre Euronext, qui avait corrigé de 2,8% vendredi, remonte de 2,9% dans le sillage de la présentation des objectifs 2022 de l’opérateur boursier.

À la baisse, Bic perd 2,8% à la suite de la révision en baisse des perspectives 2019, tandis que le projet de reprise de la part de son ex-partenaire Continental dans leur co-entreprise SAS (assemblage et la logistique de modules complexes pour l’intérieur des véhicules, qui emploie 4.500 collaborateurs répartis sur 19 sites en Europe et aux Amériques) pèse sur Faurecia (-1,6%).

Lagardère en difficulté

Enfin, Lagardère lâche 1,6% en clôture alors que le groupe dénonce une campagne de déstabilisation menée par le fonds britannique Amber Capital, quand bien même Lagardère a mis en oeuvre l’essentiel des préconisations du fonds activiste.

Les valeurs pétrolières comme Vallourec (-3,8%) sont par ailleurs pénalisée par la chute des cours du baril. Le contrat sur le baril de WTI texan perd 2,32% à 53,43 dollars, et le Brent 2,76% à 58,84 dollars.

Sur le marché des changes, l’euro corrige de nouveau à 1,1024 dollar (-0,16%) à 18h10.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

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