CAC 40 : En deux semaines, le CAC 40 a effacé une année de hausse

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(BFM Bourse) – Plus rien ne semble en mesure de stopper la baisse des marchés financiers, pris de panique face aux conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. L’indice phare parisien s’est effondré vendredi de 4,14%, un nouveau record depuis le référendum sur le Brexit en 2016.

Nouvelle débâcle pour le CAC 40, qui a chuté vendredi encore plus fortement qu’il ne l’avait fait le 24 février dernier. La Bourse de Paris a flanché dès l’ouverture des échanges vendredi et n’a fait que creuser ses pertes pour terminer à 5.139,11 points. Soit une chute de 4,14% sur la journée, un nouveau “record” en son genre depuis l’effondrement enregistré par l’indice parisien le 24 juin 2016 après le vote britannique sur le Brexit.

Ce faisant, le marché parisien retombe à son plus bas niveau depuis le 15 février 2019. Autrement dit, la chute des deux dernières semaines a effacé plus d’une année de progression.

Les volumes d’échanges ont atteint 6,84 milliards d’euros, niveau exceptionnel dans la lignée des derniers jours et d’autant plus préoccupant en ce qu’il révèle une fuite massive des investisseurs.

Au moment de la mi-séance outre-Atlantique, la place américaine était teintée de rouge vif avec un repli de plus de 3% pour l’indice de référence des gérants, le S&P 500, de -2,6% pour le Dow Jones et de 3,1% pour le Nasdaq Composite.

Tandis que le nombre de cas de contamination recensés a dépassé le cap de 100.000 personnes, et que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déplore que certains pays ne prennent pas la menace suffisamment au sérieux face à la progression du Covid-19, la source de la panique qui s’est emparée des investisseurs est évidemment l’extension de l’épidémie aux pays occidentaux. Ce qui fait craindre aux investisseurs que les économies développées subissent le même sort que la Chine, avec des confinements massifs et un écroulement de l’activité économique.

“Comme ce fut le cas pour d’autres chocs, comme celui de la guerre commerciale, l’ampleur des dégâts économiques va aussi dépendre des marchés #financiers eux-mêmes”, observe Dorval AM dans sa lettre hebdo. “Très enclins aux mouvements de panique, ceux-ci agissent comme des multiplicateurs. C’est précisément ce que les banques centrales commencent à combattre”, développe la société de gestion. Si la Réserve fédérale n’a pas encore réussi à stabiliser les bourses mondiales, son action surprise de mardi a tout de même permis de fortement limiter la hausse des taux d’emprunt des entreprises les plus fragiles (high yield).

Du côté de la Banque Centrale Européenne, “une augmentation temporaire des achats d’actifs, qui aiderait l’Italie, de nouvelles mesures incitatives pour les banques, voire une petite baisse des taux seraient complètement justifiées”, estime Dorval.

Face à l’épidémie de pessimisme qui s’est emparée des marchés financiers, un scénario de stabilisation des bourses mondiales semble devoir passer par trois axes principaux, développe la société de gestion. Le premier, qui reste très incertain, concerne la pertinence et le coût économique des dispositifs de lutte contre le virus aux Etats-Unis et en Europe. Le deuxième, qui évolue positivement à ce stade, est celui de la confirmation de la reprise du travail en Chine, et peut-être bientôt en Corée, après un mois de février catastrophique. Le troisième est celui des ripostes monétaires et budgétaires occidentales, dont le rôle est à la fois d’éviter une panique financière et de compenser les effets économiques parfois très disruptifs du coronavirus. “La Réserve fédérale américaine est déjà entrée dans la bataille, et sa détermination ne fait aucun doute. La Banque Centrale Européenne devra elle aussi montrer, jeudi 12 mars, qu’elle a saisi l’enjeu”.

Dorval relève également un paradoxe intéressant, à savoir que la référence à la Chine devrait davantage rassurer qu’inquiéter les investisseurs. Après un arrêt quasi complet au mois de février (l’indice PMI a plongé à son plus bas historique, nettement plus bas encore qu’en 2009), l’économie chinoise se normalise en effet progressivement. Foxconn prévoit par exemple que ses usines, qui fabriquent les produits d’Apple, reviendront à pleine capacité à la fin du mois de mars. La consommation d’électricité et de charbon, ainsi que le trafic automobile et les transactions immobilières ont aussi nettement repris. “À ce stade, la Chine est donc toujours dans les clous du scénario «en J», celui d’une forte dégradation suivie d’une normalisation assez rapide. C’est important pour nombre d’entreprises occidentales qui dépendent soit de la demande chinoise, soit de la chaîne de production chinoise, soit des deux. Et c’est crucial pour l’économie et les marchés mondiaux, car la Chine prouve pour l’instant (mais cela reste à confirmer) que le choc économique du coronavirus est à la fois gérable et assez largement réversible”, indique Dorval.

De fait, à contre-courant des marchés occidentaux, la bourse de Shanghai affiche une surperformance considérable, puisque l’indice CSI est déjà remonté à son niveau de début d’année. “Il faut dire que les autorités n’ont pas hésité à s’engager fermement pour limiter le risque d’une crise financière et soutenir l’économie. C’est cette voie que se doivent d’emprunter aujourd’hui les pays occidentaux”, conclut Dorval Asset Management.

En attendant, une seule des quarante valeurs de l’indice vedette est parvenue à évoluer en territoire positif (Renault, à +1,01%) ce vendredi.

Airbus en grande difficulté

Au lendemain de la mise à jour par l’association internationale du transport aérien (IATA) des répercussions financières de la crise sanitaire, avec désormais un manque à gagner potentiel de plus de 100 milliards d’euros pour les compagnies aériennes, Airbus enregistre l’une des plus mauvaises performances (-7,63%) de l’indice phare de la cote parisienne, et Safran dans son sillage a reculé de 5,61%.

Des chutes particulièrement marquées sont à déplorer en particulier sur les compartiments des banques et de l’automobile. BNP Paribas a perdu 4,94%, Société Générale 6,08% et Crédit Agricole 3,75%. Le leader mondial du luxe lui-même, LVMH, a flanché de 3,79%. Peugeot a lâché 3,24%.

Hors du CAC, seules quelques valeurs concernées par le Covid-19 échappent à la purge et prennent de la hauteur (+41% pour Orapi, fabriquant des gels hydro-alcooliques, +7,5% pour Novacyt, qui a développé un test de diagnostic).

Le Brent de nouveau sous les 50 dollars, l’euro au plus haut depuis juin 2019

La panique gagne également le marché énergétique, alors que la Russie et l’Arabie saoudite ne sont pas parvenus à trouver un accord pour limiter la production. Le Brent lâche 7,9% à 46,2 dollars vers 18h et le WTI cède 8,13% à 42,35 dollars.

Enfin, sur le marché des changes, la monnaie unique continue de s’apprécier nettement face au billet vert. L’euro prend 0,74% à 1,1315 dollar, un plus haut depuis juin 2019.

G. B. – ©2020 BFM Bourse

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