CAC 40 : En proie aux inquiétudes et pas soutenu par Wall Street, le CAC rechute lourdement

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(BFM Bourse) – Le marché parisien recule de nouveau mercredi alors que les espoirs s’amincissent concernant le plan de relance américain, et que les craintes d’un reconfinement gagnent du terrain en Europe.

Pris en étau entre des inquiétudes sanitaires, économiques et politiques, le CAC 40 déjà peu inspiré ces derniers jours a nettement rechuté mercredi. L’indice principal du marché parisien a lâché 1,53% à 4.853,95 points.

“Les principaux marchés actions européens marquent le pas. La prudence reste de mise face à la crise sanitaire et au risque de nouvelles restrictions en Europe”, observe Franklin Pichard, directeur de Kiplink Finance. Le volume de transactions resserré de 2,8 milliards d’euros lui donnent raison. Nombre de pays européens ont de fait récemment renforcé leurs mesures coercitives pour tenter d’endiguer la deuxième vague de coronavirus. La réintroduction d’un confinement complet, tant redouté par les acteurs financiers, s’est concrétisé mercredi en Irlande et le Pays de Galles lui emboîtera le pas vendredi. Ce retour à l’immobilisation pourrait mettre à mal la reprise économique. “La propagation du virus en Europe et la réponse des gouvernements pèsent clairement sur le marché tandis que la relance budgétaire américaine et les risques liés à l’élection présidentielle sont toujours sur le devant de la scène”, confirme Neil Wilson, analyste chez markets.com.

Il faut dire que la probabilité de voir les deux camps politiques parvenir in extremis à un accord se réduit de jour en jour. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, en charge des négociations, a beau avoir affirmé mardi que “malgré certains sujets toujours en discussion, le texte était en train d’être rédigé”, la position ferme du président républicain du Sénat Mitch McConnell, qui aurait en privé conseillé à son camp de ne rien conclure avant l’élection présidentielle, semble signer la fin de partie sur ce plan de relance. Après une ouverture légèrement dans le vert, les indices new-yorkais ont rapidement effacé leurs gains initiaux et évoluent légèrement dans le rouge en fin de matinée (-0,2% pour le Dow et le Nasdaq, -0,1%). Ce retournement a accentué le repli du marché parisien, alors que le CAC parvenait à limiter son repli à environ 1% jusqu’à ce que Wall Street commence à flancher peu avant 17h.

Et si on redescendait au niveau micro-économique ? Force est de reconnaître que s’ils se lancent avec une optique bottom-up -qu’on pourrait traduire par méthode ascendante, ce mode de gestion qui consiste à investir dans des sociétés parce qu’on estime que leurs qualités intrinsèques ne sont pas reconnues par le marché à leur juste valeur, et pas en fonction du cycle économique- les investisseurs ne manquent pas de pistes intéressantes.

À ce jeu la société savoyarde Somfy a tiré son épingle du jeu, grimpant de 10,6% après avoir relevé ses prévisions financières pour l’exercice au vu d’un redressement de l’activité d’une intensité inattendue. Orapi, fabricant de produits d’hygiène et notamment de gel hydroalcoolique, a pris 6,4% dans l’anticipation de la publication jeudi de son chiffre d’affaires du troisième trimestre. Sans oublier Aures Technologies qui, malgré un environnement très difficile pour la vente de terminaux d’encaissement, a estimé qu’il devrait finir l’année sur un résultat opérationnel néanmoins positif. L’action s’est envolée de 12,2%.

Carmat a gagné 4,3% après le feu vert des autorités sanitaires françaises à la reprise des essais de son coeur artificiel en France. La biotech AB Science a finalement cédé 0,6% malgré le succès d’un essai de phase finale dans l’asthme sévère, après avoir passé l’essentiel de la séance dans le vert.

Parmi les poids lourds de la cote, Vivendi a dominé le palmarès avec un gain de 1,6% alors que le conglomérat de médias a publié jeudi soir un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros, supérieur aux attentes, grâce aux performances d’Universal Music Group (qui pourrait être introduit en Bourse en 2022). Inversement, URW s’est encore retrouvé en dernière position de l’indice, cédant 5,1% (après avoir toutefois repris 42% entre le 2 et le 19 octobre) alors que la direction réaffirme son intention de mener à bien une augmentation de capital dilutive. Danone s’est replié encore de 2,8%, dans le sillage du chiffre d’affaires trimestriel publié lundi (éclipsé par les chiffres plus dynamiques publiés par Nestlé ce jour).

Les cours pétroliers refluaient nettement sous l’effet de l’augmentation inattendue des stocks de brut (selon les données de l’American Petroleum Institute (API), jugée toutefois moins fiable que l’EIA dont les chiffres seront dévoilés demain) aux Etats-Unis qui ravive les craintes pour la demande. À 18h10, le baril de Brent, pétrole de la Mer du Nord flanche de 3,01% à 41,86 dollars et celui de WTI recule de 3,45% à 40,26 dollars.

Sur le marché des changes, l’euro confirmait cependant son regain de forme à 1,1873 dollar (+0,40%), au plus haut depuis plus d’un mois, alimenté par l’impasse des négociations au Congrès américain.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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