CAC 40 : Entame positive pour le marché parisien en 2020, malgré l’escalade au Proche-Orient

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(BFM Bourse) – Dans le rouge après l’attaque américaine contre le général iranien Soleimani, le CAC 40 a pourtant progressivement réduit ses pertes vendredi. Le palmarès s’est clairement divisé, les opérateurs arbitrant leurs portefeuille en faveur des valeurs défensives (défense, santé, agroalimentaire) au dépens des cycliques comme l’automobile ou les matériaux industriels.

Les marchés financiers n’ont pas cédé à la panique malgré la brutale escalade des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Le CAC 40 tricolore notamment est parvenu à revenir à l’équilibre après avoir passé l’essentiel de la séance dans le rouge, finissant à 6.044,16 points (+0,04%). Au cours des deux premières séances de 2020, l’indice parisien affiche ainsi 1,11% de gains, après avoir signé en 2019 sa plus forte hausse annuelle depuis vingt ans.

Les volumes d’échanges se sont toutefois repliés vendredi à 2,3 milliards d’euros, démontrant que les investisseurs ont surtout opté pour l’attentisme.

Les Etats-Unis ont annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir mené sur ordre de Donald Trump une attaque en Irak ayant tué le général iranien Ghassem Soleimani, à la tête d’une unité d’élite iranienne, ainsi que l’un de ses conseillers, le commandant Abou Mahdi al Mouhandis. Une frappe “liée à l’attaque de l’ambassade américaine à Bagdad par des manifestants pro-iraniens le 31 décembre”, indique Stéphane Déo de La Banque Postale Asset Management, qui marque une escalade majeure dans le conflit – latent entre les deux pays depuis le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien en 2018. “Les tensions au Moyen-Orient nous rappellent qu’une crise pétrolière, si elle est peu probable, constitue néanmoins un risque majeur cette année”, souligne le stratégiste.

Au moment de la clôture européenne, Wall Street s’installait en territoire négatif, mais sur des baisses relativement contenues de 0,6% pour le Dow, de 0,5% pour le S&P 500 et de 0,43% pour le Nasdaq, après un indice ISM manufacturier (souvent considéré comme plus pertinent que l’indice PMI déjà publié) en repli à 47,2 en décembre, son plus bas niveau depuis juin 2009 quand les économistes tablaient sur une légère amélioration.

Une hausse pour l’instant mesurée du pétrole

Les cours pétroliers ont sans surprise accéléré après la frappe américaine, les principales références de brut mondial grimpant jusqu’à +4%. Toutefois, la hausse se réduisait nettement en fin de séance européenne avec un baril de WTI à 62,62 dollars (+1,41 dollar soit +2,3%) et le Brent à 68,07 dollars (+2,75% ou 1,82 dollar de plus que la veille). Alors que le marché mondial fait actuellement face à une offre excédentaire (que l’Opep et ses partenaires essaient de pallier en réduisant leur production), la réaction a donc été bien plus mesurée que ce qui avait été observé en septembre dernier lors d’une attaque de drones sur des installations de l’Arabie Saoudite, premier exportateur mondial, alors que l’Iran pèse beaucoup moins qu’auparavant en termes d’exportations du fait des sanctions mises en place dès 2018 par les Etats-Unis.

Les valeurs pétrolières et parapétrolières en ont profité avec un gain de 1,1% pour Total et TechnipFMC. Mais c’est le groupe d’aéronautique et de défense Thales qui a fini en tête de l’indice phare (+1,3%). Aux Etats-Unis, le secteur de la défense s’affichait en forte hausse au même moment, avec par exemple 4,2% pour le géant mondial Lockheed Martin, lequel a par ailleurs annoncé jeudi avoir accru de près de moitié les livraisons de son appareil phare, le F-35, tout en réduisant les coûts de ce chasseur de cinquième génération.

Au contraire les firmes appartenant à des secteurs cycliques comme ArcelorMittal (-3,6%), Peugeot (-1,9%), Saint-Gobain (-1,75%) ou Accor (-1,3%) ont clairement subi une vague d’aversion au risque.

Air France à la peine

Le renchérissement des tarifs pétroliers n’a en rien aidé Air France-KLM qui a trébuché de 7,9%, déjà plombée par l’appel à la grève de deux syndicats de stewards et hôtesses et par la baisse de ses concurrents Lufthansa et Ryanair.

Première entreprise tricolore à présenter ses revenus 2019, la foncière d’entrepôts Argan a gagné 1,75%, ayant dépassé le cap de 100 millions d’euros (+17% par rapport à 2018, bien au-delà de l’objectif de +6% grâce à l’acquisition d’un portefeuille d’entrepôts auprès de Carrefour et d’un groupe d’investisseurs).

En dépit du contexte, le secteur biotech plaçait toujours plusieurs représentants parmi les plus forte progressions avec 16,3% de hausse pour Abionyx (anciennement Cerenis), +6,5% pour Gensight ou +5,2% pour DBV Technologies, qui a fait part de la nomination d’un nouveau directeur financier, passé par la firme américaine Spark Therapeutics.

Sur le marché des changes l’euro reprenait 0,04% à 1,1176 dollar en fin de journée, après un mouvement de fuite vers le billet vert en matinée. L’or a conservé les faveurs des opérateurs en revanche, en hausse de 1,58% à 1552,30 dollars l’once, un sommet de quatre mois.

Guillaume Bayre – ©2020 BFM Bourse

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