CAC 40 : Gros rallye (+3,23% sur la semaine) pour petit accord commercial

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(BFM Bourse) – La Bourse de Paris est restée dans de très bonnes dispositions vendredi, dans le sillage de sa hausse de la veille (+1,27%), s’adjugeant 1,73% en clôture sur fond d’optimisme concernant la conclusion d’un accord commercial partiel entre les États-Unis et la Chine. Parallèlement, la Fed a annoncé une nouvelle série de mesures pour améliorer la liquidité sur le marché.

Au lendemain d’une nette progression de 1,27%, le marché parisien a de nouveau accéléré vendredi pour boucler la semaine sur une hausse de 1,73% en clôture, à 5.665,48 points, non loin de son sommet annuel, dans un volume d’échanges largement supérieur à l’accoutumée, de près de 4,6 milliards d’euros. L’indice européen Stoxx 600 termine de son côté sur sa plus forte progression sur une séance depuis le 4 janvier avec un gain de 2,22%. Sur la semaine, le CAC 40 rebondit de 3,23%, un rallye d’envergure si l’on considère l’accord commercial a minima qui se profile entre les deux plus grandes puissances économiques.

Après des mois de menaces et de cajoleries alternées, qui ont conduit les investisseurs à réviser leurs espérances quant à un accord entre Pékin et Washington, Donald Trump a assuré que les pourparlers commencés jeudi s’étaient très (très) bien passés et indiqué qu’il rencontrerait lui-même le vice-Premier ministre chinois Liu He. Le président américain a réaffirmé son optimisme ce vendredi, estimant que l’atmosphère entre les délégations était “plus chaleureuse”, après des mois d’impasse. “De bonnes choses sont en train de se produire dans les négociations commerciales avec la Chine”, a-t-il tweeté dans l’après-midi, ajoutant que “tout le monde aimerait voir quelque chose d’important se produire”, quelques heures avant qu’il ne rencontre en personne le chef de la délégation chinoise.

Concrètement, les discussions en cours pourraient déboucher sur un accord sur les devises ainsi qu’une suspension de la hausse de tarifs douaniers prévue le 15 octobre par les Etats-Unis sur 250 milliards de produits chinois, en échange d’une augmentation des achats de produits agricoles américains par la Chine.

Autre bonne nouvelle dans un dossier géopolitique majeur, avec une piste d’accord d’ici la fin du mois entre la Grande-Bretagne et l’Irlande au sujet du “backstop”, pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Ulster, rattaché au Royaume-Uni, et le reste de l’Irlande.

La Fed encore au soutien, Wall Street dans le vert

Le rallye de fin d’après-midi sur la cote parisienne a également été alimentée par la Banque centrale américaine, qui a annoncé une série de nouvelles mesures pour “améliorer la liquidité et mieux gérer ses taux d’intérêt”. Celles-ci comprennent notamment un vaste programme d’achat de bons du Trésor à hauteur de 60 milliards de dollars par mois, au moins jusqu’au deuxième trimestre 2020 ainsi que des opérations “repo” (taux d’intérêt interbancaire) au moins jusqu’à la fin janvier, a précisé l’institution. Celle-ci a néanmoins souligné qu’il ne s’agissait “en aucune manière d’un changement de politique monétaire”. Autrement dit : “This is not QE4”. Du Magritte dans le texte…

L’optimisme commercial et les nouvelles mesures annoncées par la Fed portent les indices américains, qui évoluent en nette hausse vers 18h (+1,5% pour le Dow et le S&P, +1,6% pour le Nasdaq).

Les valeurs cycliques bondissent

De ces signaux est née une vague d’espoir qui profite en premier lieu aux valeurs cycliques, dont les technologiques (+7,1% pour STMicroelectronics), l’automobile (+5,1% pour Renault, +4,6% pour Peugeot), mais aussi la banque (+5,3% pour Société Générale, +4,7% pour BNP et +4,5% pour Crédit Agricole).

L’actualité micro-économique ce vendredi a mis en valeur EOS Imaging, qui a pris près de 15% en clôture avec le retour d’une belle croissance des ventes après plusieurs trimestres pénalisés par le changement du mode de facturation (désormais à la livraison et non plus à la commande, ce qui avait provoqué mécaniquement un trou dans les encaissements).

À l’inverse, Publicis a sombré et lâché 14,5% à un niveau inédit depuis l’été 2012, à la suite d’un nouvel avertissement. Le groupe, qui subit de plein fouet les coupes des budgets traditionnels des annonceurs, révise en baisse son objectif de croissance organique, et ramène ses prévisions de marge tout en bas de la fourchette visée précédemment.

Euronext, qui a récemment signé un nouveau sommet historique (à plus de 75 euros le 1er octobre) a subi quelques prises de bénéfices (-2,7%) après la présentation des objectifs de son nouveau plan stratégique.

S’agissant des matières premières, les cours du pétrole poursuivaient leur progression à 54,22 dollars pour le baril de WTI (+1,25%) et 59,91 dollars le Brent (+1,37%) peu après 18h.

Enfin l’euro qui est repassé au-delà de 1,10 dollar pour la première fois depuis le 24 septembre gagne encore 0,29% à 1,1040 dollar.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

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