CAC 40 : La Bourse de Paris efface ses gains à la clôture

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(BFM Bourse) – Dans le vert tout au long de la séance de lundi, à la suite d’une nouvelle annonce de résultats positifs sur un vaccin (celui d’AstraZeneca), le CAC 40 a basculé dans le rouge à la cloche.

La partition interprétée lundi par le marché parisien a changé de tonalité en toute fin de séance. L’indice parisien qui semblait en mesure de conserver un cap haussier après un nouveau gain hebdomadaire, de 2,15%, s’est retourné en toute fin de séance. Le CAC 40 termine ainsi proche de l’équilibre, mais symboliquement dans le rouge (-0,07% à 5.492,15 points), dans un volume de transactions en recul de 3,5 milliards d’euros.

Le lundi, c’est vaccin

Les annonces se poursuivent pourtant sur les différents vaccins à l’étude, et après les annonces de Pfizer il y a quinze jours puis de Moderna la semaine dernière, c’est AstraZeneca qui a fait état de résultats encourageants. Les essais du laboratoire britannique ont en effet satisfait à leur principal critère d’évaluation, avec une efficacité allant de 62% à 90% en fonction des doses administrées.

La première vague de vaccination pourrait arriver dès la fin d’année aux Etats-Unis, qui visent un taux d’immunisation de 70% d’ici mai 2021. Le calendrier pour l’Europe semble moins avancé, mais la (légère) décrue du taux d’infections ces derniers jours sur le Vieux Continent compense en partie. Si les reconfinements semblent ainsi porter leurs fruits, le revers de la médaille risque de transparaître dans les prochains chiffres macro-économiques, notamment cette semaine avec le PIB ou le moral des patrons en Allemagne.

L’activité sur les marchés financiers risque aussi de ralentir en deuxième partie de semaine en raison de la fête de Thanksgiving jeudi aux Etats-Unis. Wall Street sera fermée le 26, et n’ouvrira que pour une demi-séance vendredi 27, autant dire qu’une forte baisse des flux en provenance des investisseurs américains est à attendre.

En attendant “malgré l’augmentation des risques liés à la crise sanitaire, aux conséquences sur la situation économique, aux tensions en mer de Chine, au manque de soutien budgétaire aux Etats-Unis ou encore des risques liés à la transition entre Donald Trump et Jo Biden, les marchés restent optimistes” grâce aux progrès des laboratoires sur la piste des vaccins, observe Vincent Boy, analyste marché chez IG France. “Cette situation pourrait durer encore et la perspective de voir les principales banques centrales annoncer une poursuite du soutien sans faille début décembre, cela confirme l’idée d’une poursuite de l’optimisme des investisseurs”.

L’appétit pour les actifs s’est fait sentir à l’ouverture de Wall Street, où les trois principaux indices ont gagné 0,6% dans les premières minutes. Peu avant 18h00 toutefois, le S&P revenait à l’équilibre et le Nasdaq cède 0,2%, tandis que le Dow maintenait son avance (+0,5%), bien aidé par Boeing et Chevron.

Ce dernier profite notamment du renchérissement des cours pétroliers, le Brent étant repassé au-dessus des 45 dollars par baril, pour la première fois depuis août, avec un gain de 2,02% à 45,98 dollars à 17h55. Le WTI est soutenu aussi à 42,96 dollars (+1,27%). Dans la foulée Total gagne 4,7%, et Vallourec reprend 13%.

Les bancaires sont restées recherchés tout au long de la journée, Crédit Agricole monteant de 4,1% après l’annonce d’une OPA amicale sur Credito Valtellinese (Creval), soit un investissement total de 737 millions d’euros pour cet établissement transalpin. Société Générale a pris 2,3%. C’est toutefois URW qui a signé la meilleure performance du CAC 40 avec un gain de 5,2%, devant Total donc et Renault (+4,3%).

Si LVMH a bouclé la séance proche de l’équilibre, le n°1 mondial du luxe a vu sa capitalisation boursière dépasser en séance un record remontant à l’envolée de France Télécom au printemps 2000 !

Le segment des sociétés dédiées à l’innovation thérapeutique n’était pas en reste, avec un bond de 5,9% pour Voluntis (contre 15% en début de séance) après le bouclage d’une augmentation de capital réservée à des investisseurs de référence dans la santé, principalement la branche de capital risques des laboratoires Debiopharm et la holding personnelle du fondateur et patron de Withings. Nicox s’est également distingué (+3,9%) alors que son partenaire Bausch + Lomb a débuté la commercialisation du Vyzulta sur un nouveau marché (l’Argentine). Dans un autre registre, le spécialiste des véhicules autonomes Navya (+25%) a connu une énième flambée.

Parmi les replis les plus significatifs, Danone a cédé 3,2% à l’annonce de projets d’adaptation de son organisation, entraînant 1500 à 2000 suppressions de postes dans le monde. Et Teleperformance a perdu 1%, comme si les actionnaires étaient déçu que le groupe ait consenti à s’acquitter d’un taux d’intérêt annuel de… 0,25% sur un emprunt à sept ans de 500 millions d’euros (certes Thales a réussi quelques jours auparavant à placer le même montant d’obligations à 0% d’intérêts sur six ans). Alstom et Dassault Systèmes ont lâché 3% chacun.

Du côté des devises, le billet vert remontait face à la monnaie unique. L’euro rétrocédait 0,21% à 1,1830 dollar en fin de journée.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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