CAC 40 : La Bourse de Paris plonge encore et signe sa pire semaine depuis la crise de 2008

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(BFM Bourse) – Le CAC 40 a accru de 3,4% son repli vendredi, portant son recul hebdomadaire à -11,94%. C’est la pire semaine à la Bourse de Paris depuis le mois de… novembre 2008, époque où l’économie américaine affrontait la plus grande crise financière depuis 1929 après la chute de la banque Lehman Brothers.

De mal en pis. Déjà laminé jeudi le CAC 40 a coulé de 3,38% vendredi -la chute a même approché 4,5% au pire de la séance- et terminé à 5.309,90 points. Plus de 9,7 milliards d’euros ont été échangés, un volume exceptionnel soulignant le caractère massif de cette chute. Ajouté aux baisses des précédentes séances, cela porte à -11,94% le recul hebdomadaire de l’indice parisien, soit la pire semaine depuis novembre 2008.

Alors que les indices américains trônaient il y a une semaine à des records historiques, Wall Street se dirigeait également vers une correction hebdomadaire de plus de 10%. Le Dow Jones reculait encore de 2,10% au moment de la clôture en Europe, tandis que le Nasdaq Composite ne cédait “que” 0,8%. Si le nombre de cas reste peu élevé aux Etats-Unis, l’agence fédérale des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) s’attend à ce que le virus se répande plus largement prochainement. La CDC a par ailleurs recensé un premier patient pour lequel l’origine de la contamination n’a pas pu être établie.

La chute avait été presque aussi violente en Asie. Le Nikkei japonais a cédé 3,67% et le Shanghai Composite 3,71%.

“Une semaine très difficile”

D’une façon générale, la plus part des marchés mondiaux sont désormais entrés dans une zone conventionnellement qualifiée de correction (soit une baisse d’au moins 10% par rapport à un précédent pic, mais pas de plus de 20%, le seuil à partir duquel on évoque un marché baissier ou “bear market”).

Ce vendredi marque “la dernière journée d’une semaine très difficile et les gens [opérateurs de marché] ne veulent prendre aucun risque avant le week-end”, a indiqué Peter Dixon, économiste chez Commerbank. “Alors autant préempter les dégâts – vendre sur le champ et examiner plus tard les conséquences, parce que personne ne va vous sanctionner d’être vendeur dans un tel marché”, indique l’économiste pour résumer l’état d’esprit actuel des traders.

Dans l’actualité des valeurs parisiennes -clairement passée à l’arrière-plan vendredi- Veolia (-3,3%) a fait état d’un résultat net part en croissance de 41,8% à 625 millions d’euros au titre de 2019.

Saint-Gobain a perdu 4,3% tandis que le groupe a multiplié son bénéfice par 3,5 en 2019, à 1,4 milliard d’euros, avec une marge d’exploitation en progression de 30 points de base à 8% pour un chiffre d’affaires de 42,6 milliards d’euros.

Le groupe de prise en charge de la dépendance Korian a flanché de 4,2%, après avoir annoncé une amélioration de 10% de son bénéfice net annuel.

De très rares valeurs parviennent à se maintenir dans le vert, dont Rallye (+6,6%), la maison mère de Casino, tandis que selon l’Agefi le tribunal de commerce de Paris devrait, sauf coup de théâtre, approuver le plan de sortie de procédure de sauvegarde concocté sous l’égide des administrateurs judiciaires.

Le spécialiste des systèmes de stockage de gaz naturel liquéfié GTT, après avoir tenté d’accélérer jusqu’à près de 2%, le groupe n’ayant constaté aucun retard dans le calendrier de construction de navires équipés de sa technologie, essentiellement construits dans les chantiers navales coréens, s’est finalement retourné (-4,4%) en clôture. S’agissant de l’exercice écoulé, le résultat net de GTT a atteint 143,4 millions d’euros, en légère hausse de 0,4% par rapport à 2018.

Certains titres ont pourtant été fortement recherchés, dans la mesure où ils émanent d’entreprises dont l’activité est potentiellement dopée par le coronavirus. La biotech franco-britannique Novacyt a ainsi flambé de 29,6% étant donné une importante demande pour le test visant à dépister le coronavirus conçu par sa filiale Primerdesign. La firme a notamment conclu des accords de distribution avec une grosse société des sciences de la vie et avec un groupe spécialiste du diagnostic.

L’industriel UV Germi, qui conçoit, fabrique (en Corrèze) et commercialise (jusqu’au Moyen-Orient) un système de désinfection de l’air ambiant par ultra-violets atteint un nouveau pic historique, à plus de 10 euros, en hausse de 32,5%.

L’or noir est également en situation de “correction”, la propagation du coronavirus faisant peser des craintes sur la demande d’hydrocarbures. En fin de journée on assistait à un effondrement de 5,1% du WTI texan à 44,68 dollars, tandis que le Brent de la Mer du Nord chutait de 4% à 49,65 dollars.

En plein rebond depuis une semaine, dans la perspective de prochaines baisses de taux de la Réserve fédérale américaine qui rendraient moins attrayant le dollar, l’euro se stabilisait à 1,10 dollar pile.

Guillaume Bayre – ©2020 BFM Bourse

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