CAC 40 : La Bourse de Paris se crispe (-1,18%) alors que les tensions commerciales refont surface

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(BFM Bourse) – À l’avant-veille de la reprise des pourparlers sino-américains, les tensions refont surface entre les deux plus grandes puissances économiques et l’optimisme modéré laisse place à l’appréhension chez les investisseurs. Après trois séances consécutives de rebond, le baromètre parisien se contracte de 1,18% et repasse sous le seuil des 5.500 points jeudi.

La Bourse de Paris cède 0,92% vers 12h20 mardi à 5.456,62 points, après avoir accumulé un rebond de 1,8% au cours des trois précédentes séances, dans un volume d’échanges toujours inférieur à 3 milliards d’euros, signe que la prudence reste de mise avant la reprise des négociations commerciales.

Avant l’ouverture des discussions sino-américaines jeudi à Washington, “la rationalité économique” voudrait que “des progrès soient actés en conclusion de cette nouvelle phase de dialogue”, note Hervé Goulletquer. Les économies des deux pays semblent avoir bien besoin d’enrayer le ralentissement marqué du commerce mondial et d’amoindrir le choc d’incertitude qui pèse actuellement sur la confiance des agents économiques. Pourtant,” force est de reconnaître que chaque camp s’emploie à faire monter la pression avant le démarrage de la rencontre”, détaille le stratégiste de La Banque Postale AM.

Le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, a notamment annoncé lundi que 28 entités chinoises (dont 8 entreprises de grande taille), surtout présentes dans les domaines de la vidéo-surveillance et de l’intelligence artificielle, devront désormais obtenir une licence spéciale pour vendre aux Etats-Unis. Côté chinois, le vice-Premier ministre Liu He ne portera pas le titre d'”envoyé spécial”, “ce qui laisse entendre qu’il n’a pas d’instruction claire de Pékin. Il y a le sentiment que les négociations commerciales sont finies avant d’avoir commencé”, note de son côté David Madden, analyste pour CMC Markets.

Dans ce contexte, un accord large couvrant toutes les dimensions de la rivalité entre les deux pays semble impossible. Mais Hervé Goulletquer espère “des concessions suffisamment tangibles pour que les milieux économiques puissent se dire que la tendance aux restrictions des échanges, si elle ne s’inverse, au moins se stabilise”. Quoi qu’il en soit, le dossier commercial restera très présent dans l’actualité à l’horizon des deux prochains mois, avec la tentation pour les marchés de considérer élevée la probabilité que cela se passe mal en cas d’absence de toute avancée les 10 et 11 octobre.

Autre point noir qui fait pression sur le marché, les discussions entre européens et britanniques semblaient au bord de la rupture mardi à un peu plus de trois semaines de la date prévue du Brexit. Le président du conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a accusé mardi le premier ministre britannique Boris Johnson de jouer avec “l’avenir de l’Europe” tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a jugé un accord “extrêmement improbable” sans compromis de la part de Londres. Une sortie de l’UE sans accord le 31 octobre prochain n’est toujours pas à exclure. La Bourse de Londres cède 0,78%.

Wall Sreet dans le rouge

Les principaux indices américains évoluent également en net repli mardi, les investisseurs craignant que l’annonce de nouvelles sanctions américaines à l’encontre d’entités chinoises (Le département du Commerce a annoncé lundi soir avoir placé 28 organisations gouvernementales et commerciales chinoises sur liste noire, leur reprochant d’être impliquées dans la campagne de répression des autorités visant notamment la minorité musulmane ouïghoure, NDLR) puisse contrarier les négociations commerciales à venir. À 18h20, le Dow lâche 1%, le S&P 1,15% et le Nasdaq 1,2%.

Airbus surnage

En attendant la reprise de ces négociations, ce mardi, le palmarès parisien s’avère peu animé. Le gain de 0,41% d’Airbus représente la deuxième meilleure performance de l’indice phare (+0,45% pour Thales), alors que l’avionneur a annoncé avoir livré 71 appareils en septembre, augmentant encore le rythme par rapport aux mois précédents, en vue d’atteindre sur l’ensemble de 2019 son objectif de 880 livraisons.

L’autre côté du palmarès est plus fourni, les valeurs de l’industrie et de l’automobile étant les plus affectées par les incertitudes à l’image de Peugeot (-2,8%), Schneider (-2,9%), Legrand (-2,8%) Saint-Gobain (-3,3%) etc. À noter que Renault parvient à boucler la séance à l’équilibre (-0,04%) tandis que selon le Nikkei le conseil d’administration de son partenaire Nissan aurait finalement choisi Makoto Uchida pour prochain directeur général.

Hors de l’indice principal, Air France-KLM perd 1,3% après la publication des chiffres du trafic de septembre.

Le compartiment biotech subit une nouvelle correction, avec 11,5% de recul pour Pixium Vision, 4,5% pour Amplitude Surgical, 11,8% pour DBV (-7,6%) ou encore Genfit (-2,3%).

Également à souligner, l’effondrement d’Atari (-16%) après des révélations du sulfureux site britannique d’actualité technologique The Register selon lequel l’architecte de l’Atari VCS, Rob Wyatt, aurait tout simplement quitté le projet

Sur le marché du pétrole, les barils corrigent avec -1,01% pour le Brent à 57,76 dollars, et -1,04% à 52,20 dollars pour le WTI.

Au chapitre des devises, l’euro efface ses gains de la veille (-0,15%) à 1,0955 dollar à 18h30.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

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