CAC 40 : La Bourse de Paris temporise dans l’attente de l’emploi américain

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(BFM Bourse) – Après avoir repris plus de 3% sur les quatre premières séances de la semaine et être revenu au-dessus de 6.000 points, le CAC 40 se stabilise vendredi alors que des interrogations demeurent quant au bilan officiel du coronavirus. Le marché parisien pourrait trouver un nouveau relais de croissance dans les chiffres de l’emploi américain, attendus en début d’après-midi.

Revenu en territoire positif depuis le 1er janvier jeudi à la faveur d’une quatrième séance consécutive bouclée en nette progression, le baromètre du marché parisien marque une pause vendredi matin. Le CAC 40 évolue ainsi sans tendance claire depuis l’ouverture. Les craintes entourant la propagation du coronavirus et ses retombées économiques reviennent au premier plan avec un bilan qui ne cesse de s’alourdir – 638 morts pour 31,500 personnes infectées selon les derniers chiffres officiels. D’autant que “les investisseurs commencent à douter de plus en plus des chiffres officiels donnés par les autorités après qu’un médecin chinois sanctionné pour avoir sonné l’alarme à l’apparition du nouveau coronavirus ait succombé à l’épidémie”, souligne John Plassard, spécialiste de l’investissement chez Mirabaud.

À 12h45, l’indice vedette de la cote parisienne cède 0,31% à 6.019,58 points dans un volume d’échanges moyen d’un milliard d’euros.

Toujours sur le volet du coronavirus 2019-nCoV, qui souffle le chaud et le froid depuis plusieurs semaine sur les marchés, le président chinois Xi Jinping a assuré à son homologue américain Donald Trump que la Chine faisait tout ce qui était en son pouvoir pour contenir l’épidémie, selon la télévision publique chinoise.

Ce qui n’empêche pas l’inquiétude de grandir avec, outre les dizaines de milliers de cas confirmés, des villes en quarantaine, des vols annulés, des usines fermées et des chaînes d’approvisionnement perturbées. Tout cela contribue à donner un coup d’arrêt au rebond des actions observé ces derniers jours. Autre élément susceptible de peser à la baisse sur les indices européens, l’annonce du repli de la production industrielle allemande, le plus marqué depuis plus de dix ans .

Les investisseurs attendent désormais les chiffres du rapport mensuel sur l’emploi américain. “Les marchés ont été bénis par quatre séances consécutives de gains cette semaine. Une cinquième sur cinq dépendra des chiffres de l’emploi américain”, prévient Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group. “Un bon chiffre conforterait évidemment la Réserve fédérale américaine dans sa stratégie actuelle qui consiste à faire preuve d’attentisme” et “l’emploi américain devrait en tout cas faire temporairement oublier aux investisseurs les aléas liés au coronavirus”, souligne pour sa part Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque. Le consensus est positionné autour de 164.000 créations nettes.

L’Oréal à un sommet historique, l’automobile victime du coronavirus

Sur le front des valeurs, l’actualité fait toujours la part belle aux publications annuelles, avec notamment celle de LOréal jeudi en clôture. Le n°1 mondial des cosmétiques a enregistré en 2019 la plus forte croissance de ses ventes depuis 2007, notamment grâce au luxe, à l’e-commerce et à l’Asie, et prend 1,5% peu avant 13h après avoir bondi de près de 4% -à un sommet historique- en début de matinée. Fort d’un excellent 4e trimestre, Natixis a enregistré une progression dans tous ses métiers lors de l’exercice précédent et la filiale cotée du groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne grimpe de 3,6%.

De l’autre côté du palmarès, le secteur automobile est à la peine avec des replis de 2,8% pour Peugeot et Renault alors que le coronavirus bouscule désormais la production hors de Chine. En Corée du Sud, le plus grand centre de production automobile du monde est ainsi à l’arrêt: Hyundai y a cessé ses opérations, victime de l’épidémie qui paralyse les usines chinoises au risque de déstabiliser des chaînes de production à travers tout le globe. Sa filiale Kia a suspendu l’activité de trois usines lundi, et la branche sud-coréenne du français Renault (Renault Samsung Motors) envisage d’arrêter la semaine prochaine son usine de Pusan (sud-est).

“Les entreprises sud-coréennes dépendent cruellement de la Chine pour leurs pièces détachées. Problème: il suffit d’une pièce manquante pour ne plus rien pouvoir faire”, observe Cheong In-kyo, économiste à l’université sud-coréenne d’Inha. Loin de l’Asie, des répercussions sont aussi attendues. L’italo-américain Fiat Chrysler pourrait stopper la production d’une de ses usines européennes faute de composants venant de Chine, a déclaré son patron Mike Manley au Financial Times.

Toujours au sein du CAC, Technip (-3,7%, plus forte chute de l’indice) subit le rebond avorté des cours de l’or noir. La Russie s’est opposée jeudi à la recommandation du comité technique de l’Opep -en réunion extraordinaire à Vienne- de baisser la production de 600.000 barils supplémentaires par jour pour enrayer la chute des cours provoquée (elle aussi) par l’épidémie de coronavirus. La Russie semble toutefois vouloir temporiser, annonçant qu’elle prendrait position sur une éventuelle réduction supplémentaire de production “dans les prochains jours”. Le baril de Brent recule de 0,4% à 54,77 dollars et celui de WTI lâche 0,57% à 50,66 dollars.

Enfin, Engie lâche 1,2% alors que le conseil d’administration du géant de l’énergie s’est prononcé contre le renouvellement du mandat de directrice générale Isabelle Kocher.

Dans le même temps, la monnaie unique poursuit son repli face au billet vert (-0,22%à 1,0955 dollar.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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