CAC 40 : La remontée des rendements obligataires a plombé le CAC 40

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(BFM Bourse) – Plombé par les remontée des taux obligataires, la Bourse de Paris a lâché 1,5% jeudi, sa plus forte baisse en un mois. Le secteur du luxe, fortement pondéré dans le CAC 40, a subi d’importants dégagements. Inversement, le secteur bancaire a profité de la perspective de rendements plus importants.

Alternant depuis une semaine les séances de hausse et de baisse, le marché parisien s’est replié de 1,47% à 5410,85 points jeudi vers 16h45, au lendemain d’un gain de 0,43%, alors que le rendement obligataires outre-Atlantique ne cessent d’augmenter

De solides indicateurs économiques en provenance des Etats-Unis ont renforcé les anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine en décembre. Le T-Bond à dix ans a grimpé à un sommet depuis sept ans dans la nuit de mercredi à jeudi, à 3,18%. Face à une dégradation mécanique de l’attrait des actions, le Dow Jones reculait de 0,8% au moment de la clôture européenne, après avoir certes battu la veille (et pour la quinzième fois cette année) son précédent record. Le Nasdaq reculait encore plus fortement de 1,53%.

En Europe, la tonalité du discours du nouveau gouvernement italien face aux instances européennes s’est dernièrement quelque peu apaisé, le président du Conseil Giuseppe Conte ayant affirmé mercredi soir que l’Italie entendait réduire progressivement son déficit budgétaire jusqu’à 1,8% en 2021, permettant une certaine détente des taux longs. Mais à 3,34% le rendement du buono del Tesoro (BTP) à dix ans accuse encore un fort écart avec les taux allemands, sachant qu’il s’établissait il y a une semaine encore sous la barre de 3%, démontrant que les préoccupations des investisseurs vis-à-vis de la trajectoire de l’économie italienne sont loin d’être apaisées.

Après avoir largement surperformé, les valeurs de croissance comme celles du luxe à Paris subissent l’amorce d’une rotation sectorielle au profit de secteurs jusqu’ici délaissés à commencer par les bancaires. D’autant plus que le taux de croissance à deux chiffres dégagé jusqu’ici par les acteurs tels LVMH (-4,89% en clôture) et Kering (-5,36%), sans s’inverser totalement, risque de ralentir quelque peu au deuxième semestre, avertit Bryan Garnier. Dans une note, l’intermédiaire a adressé ainsi un signal de prudence peu de temps avant la publication des résultats trimestriels des groupes de luxe.

Inversement, tandis que leur activité serait mécaniquement favorisée par un contexte de rendements obligataires plus élevé, les financières continuent à regagner des suffrages, à l’image de Crédit Agricole en hausse de 2,19% à la cloche ou Axa (+1,89%). BNP Paribas et Société Générale ont aussi nettement surperformé le reste du marché (+0,31% et +0,67% respectivement).

Parmi les plus fortes baisses, Faurecia (-5,25%) et Valeo (-6,56%) pâtissent d’une note négative d’Exane BNP Paribas affirmant que les équipementiers ne méritent plus de bénéficier d’une prime boursière par rapport aux constructeurs automobiles. Plastic Omnium (-4%) et Michelin (-2%) en ont aussi souffert.

Du côté des changes, l’euro cotait 1,1506 contre dollar, peinant à se stabiliser face au billet vert après sa récente baisse.

Pour ce qui est de l’énergie, le prix du baril de WTI refluait à 75,31 dollars (-1,43%) et le Brent à 85,49 dollars (-0,93%), après le pic depuis 2014 atteint mercredi dans le sillage du durcissement des positions américaines vis-à-vis de l’Iran et de l’Opep.

Guillaume Bayre – ©2018 BFM Bourse

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