CAC 40 : Le CAC 40 minimise à nouveau son repli sur la semaine

Mots-clefs : , , ,

(BFM Bourse) – Ragaillardi vendredi (+1,2%) après une nouvelle vague de publications majoritairement bien accueillies, l’indice parisien boucle la semaine sur un recul limité de 0,53%, malgré les menaces que la dégradation de la situation sanitaire fait planer sur l’économie.

Les investisseurs sont passé outre des indicateurs laissant suggérer un net ralentissement de l’activité en France et opté pour l’optimisme vendredi après une nouvelle salve de publications trimestrielles, malgré les menaces de reconfinement. Le CAC 40 a même reconquis le seuil des 4.900 points, à 4.909,64 points exactement en clôture (+1,2%). L’indice phare a de la sorte effacé une bonne part du retard de la semaine, notamment le repli de mercredi, en limitant son repli hebdomadaire à -0,53% ce qui peut apparaître comme une sanction bénigne en regard des inquiétudes sur la situation sanitaire en Europe notamment.

Occupés à faire le tri dans la première grosse salve de publications trimestrielles, les opérateurs ont également pris connaissance dans la matinée d’indicateurs peu réjouissants. Après une première baisse depuis le déconfinement en septembre, l’activité du secteur privé a de nouveau reculé en octobre en France, confirmant l’arrêt de la reprise économique, selon un indicateur provisoire publié vendredi par le cabinet IHS Markit. L’indice composite de l’activité globale s’est replié à 47,3 points en octobre, contre 48,5 points en septembre, tombant ainsi à un plus bas niveau depuis cinq mois. L’activité du secteur privé s’est également contractée en octobre dans la zone euro, à 49,4 points en octobre, au plus bas depuis 4 mois, après 50,4 en septembre. Une éclaircie est toutefois venue d’Allemagne, où l’indicateur manufacturier s’est montré bien supérieur aux attentes des analystes interrogés par la société Factset (à 58 contre 55,1). Les services ont néanmoins souffert outre-Rhin, l’indice ressortant à 48,9 contre un consensus de 49,2 et après 50,6 en septembre.

Au moment où la pandémie reprend en Europe, poussant les gouvernements à durcir leurs mesures de restrictions jusqu’au reconfinement parfois, les indicateurs économiques virent donc de nouveau au rouge. Avant l’indicateur français d’octobre celui de septembre avait “renforcé les craintes d’une économie au bord de la falaise alors que l’on va bientôt entrer dans le froid de l’hiver européen”, s’inquiète Michael Hewson, analyste en chef pour CMC Markets UK. Une crainte développée par le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire, qui a reconnu ce matin le risque d’un repli de l’activité au quatrième trimestre sous l’effet notamment du couvre-feu.

Quelques bonnes nouvelles à signaler néanmoins sur le plan sanitaire, avec des espoirs du côté des traitements et vaccins, avec l’approbation par la FDA du Remdesivir de Gilead comme traitement du Covid-19. L’Agence américaine des médicaments a plus précisément accordé une autorisation permanente au médicament antiviral pour les malades hospitalisés, confirmant l’autorisation conditionnelle accordée en mai. Les essais du vaccin développé par l’Université d’Oxford entraînerait par ailleurs une solide réponse immunitaire des patients, selon les études menées auprès des milliers de volontaires auxquels il a été injecté. De quoi donner un peu de baume au cœur des investisseurs.

À 11 jours de l’élection présidentielle aux Etats-Unis, les marchés misent désormais sur un succès assez net de Joe Biden tout en guettant des avancées dans les (très difficiles) négociations entre démocrates et républicains sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l’économie américaine. Le dernier débat, jeudi, entre Donald Trump et son adversaire démocrate n’a pas vraiment changé la donne. Les deux hommes ont livré des visions diamétralement opposées de la crise sanitaire, dans un affrontement moins violent que le précédent mais tout de même marqué par des attaques personnelles.

Airbus, Renault et les banques recherchées

L’optimisme des investisseurs vendredi était à mettre sur le compte des nouvelles publications trimestrielles, qui suggèrent un net rebond de l’activité des fleurons français entre juillet et septembre, par rapport au deuxième trimestre. Outre les résultats, certaines annonces comme celle d’Airbus invite également les opérateurs à penser que le pire de la crise est peut être passé, l’avionneur européen ayant demandé à ses fournisseurs de se tenir prêts pour une augmentation de la cadence de production de la famille A320neo. Le titre de l’avionneur a bondi de 5,55%, précédé par celui de Safran (+5,64%), alors que via sa co-entreprise CFM le motoriste équipe plus de la moitié des appareils (Pratt & Whitney est un peu moins choisi jusqu’à présent par les clients).

Sans actualité particulière si ce n’est les résultats convaincants publiés par leurs concurrentes américaines, notamment sous l’effet des bonnes performances de leurs activités de marché, les valeurs bancaires ont également été recherchées vendredi. BNP Paribas a repris 2,8%, Crédit Agricole et Société Générale 1,9%.

Air Liquide a battu les attentes des analystes sur son troisième trimestre et confirmé sa capacité à améliorer sa marge opérationnelle de façon à afficher cette année un bénéfice proche de celui de 2019 en dépit de la crise sanitaire. Le spécialiste des gaz industriels a vu son cours grimper de 2,4%.

Hors du CAC, ADP a perdu plus de la moitié de son chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de l’année à cause de la pandémie et a revu à la baisse ses hypothèses de trafic pour Paris avec une chute qui pourrait aller jusqu’à 70% mais son titre a rebondi de 3%.

Le groupe français d’études et de sondages Ipsos a vu son chiffre d’affaires baisser de 6,2% au troisième trimestre à 468,6 millions d’euros, un recul moins prononcé qu’au premier semestre où il avait baissé de 13%, son titre (+13,3%) est revenu au plus haut depuis fin juillet.

Satisfectic aussi adressé à Bureau Veritas (+6,5%) qui a affiché un chiffre d’affaires de 1,148 milliard d’euros au troisième trimestre, en baisse de 4,4% mais supérieur aux attentes.

Le blanchisseur Elis a relevé sa prévision de marge malgré des revenus toujours sous pression au 3e trimestre (-12% à 755 millions, supérieur au consensus qui misait sur 715 millions). L’action a gagné 5,9%.

Renault qui prenait environ 1,7% en matinée, après avoir fait état d’un net ralentissement de la chute de ses revenus sur les trois derniers mois, a pour sa part fini en repli de 0,5%.

Kering a flanché de 3,2%, pénalisé par les ventes décevantes de Gucci, une marque apparemment plus exposée que ses concurrents aux achats des touristes chinois lors de leurs déplacements à l’international.

Les cours pétroliers retombaient dans le rouge en fin de journée, soit 0,35% de recul sur le Brent à 42,31 dollars, et de 0,49% à 40,44 dollars pour le WTI texan.

Sur le Forex, la monnaie unique récupérait une bonne partie de ce qu’elle a cédé au billet vert jeudi, avec un gain de 0,18% à 1,1842 dollar.

Guillaume Bayre – ©2020 BFM Bourse

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article