CAC 40 : Le CAC lâche du lest peu avant la clôture dans le sillage des indices new-yorkais

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(BFM Bourse) – Le marché parisien a bien résisté avant de céder en fin de séance, les statistiques alarmistes notamment sur le front de l’emploi américain ayant semble-t-il fini par avoir raison du moral des investisseurs, alors que les incertitudes -sanitaires et économiques- demeurent nombreuses.

Après être parvenu à limiter son recul durant la quasi-totalité de la séance -faisant même une brève incursion en territoire positif peu avant 16h30- le CAC 40 a finalement craqué peu avant la clôture, dans le sillage du repli des indices new-yorkais. Le baromètre du marché parisien termine une séance peu animée pour cause de jour férié sur une baisse de 1,15% à 4.445,45 points, dans un volume d’échanges logiquement restreint de 2,1 milliards d’euros en l’absence de nombreux opérateurs.

“Les trois premières semaines de mai auront donc été des semaines de consolidation sur les marchés financiers après le fort rebond observé en mars et avril”, observe Alexandre Baradez, responsable analyses marchés chez IG France. Et si la première partie de la semaine a été portée par les espoirs d’un redémarrage rapide de l’activité économique mondiale avec la levée des mesures de confinement, les marchés se montrent désormais plus circonspects face aux incertitudes qui demeurent et aux indicateurs économiques toujours alarmistes qui s’accumulent.

Les premiers résultats des enquêtes mensuelles d’IHS Markit auprès des directeurs d’achats (PMI) en Europe témoignent certes d’une remontée de l’activité, mais celle-ci reste largement en territoire de contraction, en Allemagne comme en France. Dans l’Hexagone, l’indice composite, qui réunit le secteur manufacturier et celui des services, est remonté à 30,5 en première estimation après le plus bas historique de 11,1 inscrit en avril. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne un chiffre de 32,0. “Les chiffres soulignent les difficultés que pourraient éprouver les économies à se reprendre après cette crise, les entreprises continuant de licencier des salariés face à des perspectives durablement incertaines”, commente Eliot Kerr, économiste d’IHS Markit.

En début d’après-midi, les nouveaux chiffres des demandeurs d’allocation chômage aux États-Unis ont jeté un nouveau froid sur les marchés, 2,43 millions d’américains ayant réalisé la démarche au cours de la semaine écoulée. Au total, depuis l’arrêt brutal de l’économie mi-mars avec la mise en place de mesures massives de confinement pour contenir la pandémie, plus de 38,6 millions de personnes ont pointé au chômage.

Outre les fortes préoccupations économiques, les tensions entre les Etats-Unis et la Chine tout comme le risque de déception sur le front d’un vaccin représentent un risque pour les marchés. Le président américain Donald Trump a encore haussé le ton mercredi sur la gestion du coronavirus par la Chine, affirmant qu’elle portait la responsabilité d’une “tuerie de masse mondiale”.

Le nombre de personne contaminées à travers le monde a franchi le seuil des 5 millions, pour plus de 328.000 morts.

Wall Street ouvre à l’équilibre puis recule

Malgré un nombre toujours exceptionnellement élevé de nouveaux demandeurs d’allocation chômage, la Bourse de New York a ouvert proche de l’équilibre jeudi. Après avoir fini en nette hausse mercredi dans un marché optimiste sur le redémarrage de l’économie américaine et soutenu par plusieurs valeurs technologiques, dont Facebook et Amazon qui ont atteint un nouveau record, les indices reculent néanmoins jeudi matin. Le Dow cède 0,7%, le S&P 1% et le Nasdaq 1,2% à 17h30.

Saint Gobain flambe, Unibail souffre

Peu d’actualités en ce jour férié du côté des valeurs, si ce n’est le recul de Total (-1,8%) et d’EDF (-0,6%) après que le tribunal de commerce de Paris a donné raison au géant pétrolier, qui souhaite renoncer, en raison de la crise du Covid-19, à l’électricité nucléaire qu’il avait commandée à EDF.

Au sein du CAC, Saint Gobain prend 4,8% et signe la meilleure performance de la séance, le spécialiste de la transformation de matériaux ayant redémarré son haut fourneau dans l’usine de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) mercredi. Carrefour (+2,4%) et Engie (+1,3%) avancent aussi.

Dans l’autre sens, Unibail lâche 8,2% et Publicis cède 4,8%.

Sur le SBF 120, Air France-KLM recule de 1,3% après sa décision la veille d’arrêter l’exploitation de l’A380 deux ans et demi avant la date prévue.

Les cours pétroliers restent pour leur part bien orientés sur fond de rééquilibrage du marché, le baril de WTI reprenant 1,05% à 33,84 dollars quand celui de Brent s’échange à 36,16 dollars (+1,15%).

Sur le Forex, enfin, la monnaie unique recule après avoir touché les 1,10 dollar dans l’après-midi pour la première fois depuis mi-avril. À 18h05, elle cède 0,25% à 1,0952 dollar.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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