CAC 40 : Le cours du cuivre s'envole à un sommet depuis mars 2013

Mots-clefs : , , , , , ,

(BFM Bourse) – De moins de 4800 dollars mi-mars dernier, la tonne de cuivre a bondi à près de 7800 dollars en fin de semaine, au plus haut depuis mars 2013. La hausse s’est accélérée alors que les annonces de vaccins vaccins alimentent l’espoir d’une reprise de l’activité économique… et que l’offre est perturbée par des tensions politiques.

Les cours du cuivre sur le London Metal Exchange (LME) n’en finissent plus de se hisser à des nouveaux plafonds, portés par un ensemble de facteurs dont la bonne santé économique de la Chine, grande consommatrice de métaux de base. Après quelques incursions au-dessus de la barre symbolique des 7000 dollars la tonne au début du mois de novembre, le métal rouge s’y est installé et s’approche dorénavant de celle des 8000 dollars. Sur le London Metal Exchange, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s’échangeait à 7.746,50 vendredi à 17h15, contre 7.499,50 dollars le vendredi précédent à la clôture.

La hausse du prix cette semaine “peut être attribuée à un certain nombre de facteurs”, a estimé David Madden, analyste de CMC Markets, qui cite en vrac “les chiffres de l’activité manufacturière chinoise, la faiblesse du dollar et l’optimisme général sur les marchés”.

L’activité manufacturière en Chine a connu en novembre sa plus forte progression depuis dix ans, selon un indice indépendant de référence, qui confirme la nette reprise de la deuxième économie mondiale. L’indice des directeurs d’achats (PMI) pour le secteur manufacturier, calculé par le cabinet IHS Markit pour le groupe de médias Caixin, s’est établi à 54,9 points le mois dernier contre 53,6 en octobre. Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis novembre 2010. Berceau de la pandémie, la Chine devrait finalement être la seule grande économie à afficher une croissance en 2020, estimée à 1,9% par le FMI, et son appétit apparemment insatiable pour les importations de cuivre raffiné constitue l’une des principaux facteurs derrière ce spectaculaire redressement du cuivre en 2020. “La Chine importe des quantités record de cuivre avec une demande en hausse de 12,5%” par rapport à l’année dernière, constate Daniel Briesemann, analyste de Commberzbank.

Parallèlement, du côté de l’offre, le ralentissement de la production chez les deux principaux producteurs -le Chili et le Pérou- en raison de la crise sanitaire, ajoute à la pression haussière, a noté Daniel Briesemann. Le Pérou, en particulier, a en effet traversé une période de turbulences politiques ces dix derniers jours, avec pas moins de trois présidents sur la période, ce qui a inquiété les investisseurs souligne l’analyste. Il ajoute que les relations tendues entre Pékin et Canberra (respectivement 3e et 5e producteurs mondiaux) ont également alimenté cette hausse.

Dans un environnement de relance de la demande plus rapide que celle de l’offre pour le métal rouge, le cours du cuivre avait reçu un coup d’accélérateur lundi dernier, après la publication du rapport mensuel du Groupe d’étude international du cuivre (ICSG) qui signalait un déficit sur le marché du métal rouge de 293.000 tonnes entre janvier et août. Plus que la reprise de la demande, l’ICSG pointait surtout du doigt la baisse de l’offre sur la période, une situation qui ne devrait pas s’arranger avec la crise politique à l’œuvre au Pérou.

Autre facteur contribuant à la vive remontée du prix du cuivre: l’affaiblissement du dollar. Une baisse de la devise américaine rendant automatiquement le métal rouge moins onéreux pour les acheteurs utilisant d’autres devises.

Pour rappel, l’évolution de son prix est souvent considérée comme une bonne indication de la santé de l’économie mondiale, une utilisation qui lui vaut le sobriquet de “Dr Copper”.

(avec AFP)

©2020 BFM Bourse

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article