CAC 40 : Le marché parisien boucle sa meilleure semaine depuis début juin

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(BFM Bourse) – Au terme d’une semaine faste pour des marchés complètement rassurés par la tournure des élections américaines, le CAC 40 signe sa meilleure performance hebdomadaire (+8%) depuis cinq mois.

Atterrissage en douceur pour le marché parisien, qui met vendredi un terme à son spectaculaire rallye des précédentes séances en redonnant 0,46% en clôture, à 4.960,88 points. Ce recul limité n’empêche pas le CAC 40 de signer sa meilleure performance hebdomadaire (+8%) depuis début juin. De quoi effacer -et même plus- les lourdes pertes subies la semaine dernière (-6,4%) sur fond de craintes sanitaires.

Les craintes sanitaires toujours au premier plan

Au terme d’une semaine faste qui a vu les marchés mondiaux se réjouir d’une victoire probable de Joe Biden, dans la mesure où ce dernier serait loin d’avoir les mains libres pour appliquer un programme économique trop exubérant en raison du probable maintien de la majorité Démocrate au Sénat, la chambre haute du Congrès, les investisseurs sont donc revenus à un peu plus de prudence. Il faut dire que les craintes sanitaires à l’œuvre au cours des semaines précédentes continuent de se matérialiser. Sur la journée de jeudi, 8.875 nouveaux décès et 608.869 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. C’est la première fois que le seuil des 600.000 cas enregistrés quotidiennement sur la planète est franchi. Avec plus de 1200 décès jeudi, les États-Unis sont toujours le pays qui en comptent le plus, loin devant l’Inde ou le Brésil.

Les marchés digèrent également une probabilité diminuée pour le lancement rapide d’un plan de relance massif, compte tenu de la situation probable de cohabitation au parlement américain.

Prise de bénéfices à Wall Street aussi

Dans ce contexte, l’attention s’est une nouvelle fois reportée sur la Réserve fédérale américaine, qui terminait jeudi sa réunion de politique monétaire. “La Fed reste en mode autopilote et n’a pas estimé, malgré les vents contraires (Covid-19, incertitudes quant au nouveau président américain et manque de stimulus) devoir agir avant décembre” relève John Plassard, chez Mirabaud, qui estime que les investisseurs ont “cependant semblé rassurés du soutien “moral” de l’institution monétaire américaine. Si elle a opté sans surprise pour le statu quo monétaire, la Fed redit qu’elle “ferait le nécessaire pour soutenir la reprise de l’économie”. Attention, maintenant, à ne pas décevoir, prévient toutefois le spécialiste en investissement.

Alors que l’élection n’est toujours pas officiellement décidée mais qu’elle ne semble plus pouvoir échapper à Joe Biden, les opérateurs américains ont également eu l’agréable surprise de voir le taux de chômage baisser à 6,9% en octobre, soit un point de pourcentage de moins qu’un mois auparavant, alors que le consensus des analystes misait sur 7,7%. Malgré cette bonne nouvelle, les indices new-yorkais subissent également de légères prises de bénéfices (-0,1% pour le S&P et le Dow, -0,2% pour le Nasdaq à 18h).

Scor et Elior grimpent après leurs résultats

Bien que le flux se réduise, la cote parisienne est restée animée vendredi par son lot quotidien de publications trimestrielles, et les réactions ont été tranchées dans un sens comme dans l’autre. Les opérateurs ont ainsi salué celle du réassureur Scor (+5,2%), parvenu à engranger des bénéfices copieux grâce à des sinistres moins coûteux que prévu.

Les résultats supérieurs aux attentes du groupe de restauration collective Elior ont également étébien accueillis (+7,7%), au contraire de ceux de Natixis (-8,4%), la filiale de BPCE qui se résout à un programme d’économies tout en se préparant à se séparer de sa filiale de gestion H2O.

Pénalisé par l’annonce d’un nouveau repli organique de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, JCDecaux a perdu 3,5%.

Peu d’actualités au sein d’un l’indice phare dominé par Alstom (+3,7%) et Legrand (+3,3%), tandis que Renault et Peugeot (-2,7%) sont restés en queue de peloton. Les constructeurs ont légèrement creusé leurs pertes après les informations de Bercy sur le marché automobile français. Le gouvernement français a décidé de prolonger de six mois les aides à l’achat de voitures neuves pour soutenir la filière alors que les nouvelles commandes ont chuté de 70% à 90% depuis le reconfinement, a appris l’AFP de source du ministère de l’Economie et des Finances. Veolia a lâché 2,9% au lendemain du nouveau “non” de Suez.

Les cours pétroliers repartaient également nettement à la baisse après avoir aussi rebondi ces derniers jours, le baril de Brent reculant de 3,27% à 39,59 dollars vers 18h05, quand celui de WTI lâche 3,89% à 37,28 dollars.

Enfin, l’incertitude sur l’issue des élections américaines pesait sur le billet vert et l’euro reprend encore 0,55% à 1,1889 dollar.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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