CAC 40 : Le marché parisien subit sa plus forte baisse depuis le Brexit et chute de 10% sur l'année

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(BFM Bourse) – Les investisseurs ont complètement baissé les bras jeudi en Bourse de Paris face à l’accumulation des risques sur l’économie mondiale. Le CAC 40 a perdu 3,32%, du jamais vu depuis la chute occasionnée par le référendum britannique actant le retrait de l’Union européenne.

Séance de capitulation à la Bourse de Paris. Perdant près de 1% dès l’ouverture, l’indice phare n’a cessé de creuser ses pertes pour clôturer en baisse de 3,32% à 4.780,46 points. Il faut remonter au 24 juin 2016, pour observer une telle déconfiture. Ce jour-là, l’annonce du résultat du référendum en Grande-Bretagne en vue de la sortie de l’Union européenne avait provoqué un séisme (-8%). Ce jeudi, toutes les valeurs du CAC 40 ont fini dans le rouge et moins d’une dizaine de titres ont réussi à conserver le cap à l’échelle du SRD. Depuis le début de l’année, le repli du marché parisien dépasse désormais le seuil de 10%.

L’optimisme des investisseurs quant à un éventuel règlement amiable de la question de relations commerciales entre les États-Unis et la Chine, né de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en marge du sommet du G20 la semaine dernière a volé en éclats ce jeudi. Les autorités canadiennes ont en effet arrêté lors d’une escale à Vancouver Meng Wenzhou, directrice financière -et fille du fondateur- du groupe Huawei, en lien avec des accusations de violations des sanctions américaines contre l’Iran. La dirigeante est désormais menacée d’être extradée vers les Etats-Unis. Les investisseurs ont pris en compte d’emblée une détérioration des relations commerciales sino-américaines, note Paul Flood, gérant chez Newton Investment Management (BNY Mellon).

Par ailleurs, le marché américain se trouve face à la menace d’une inversion de la courbe des taux. Le rendement des bons du Trésor à cinq ans est déjà passé sous celui du deux ans. Les investisseurs ont les yeux rivés sur l’écart entre les bons du Trésor à deux et à dix ans, indicateur généralement le plus efficace d’une récession. « En moyenne, une récession intervient deux ans après une inversion de la courbe de rendement. Cependant, une guerre commerciale pourrait très bien faire rapprocher l’échéance », avance Paul Flood. Vers 17h35, l’écart de rendement était cependant toujours favorable au dix ans (2,846% contre 2,713% sur le deux ans).

Au moment de la clôture parisienne, Wall Street s’inscrivait également en très vif repli de 2,83% pour le Dow Jones Industrial Average, de 2,51% pour le S&P 500 et de 2% pour le Nasdaq. Fait rare, l’ensemble des sous-secteurs industriels du S&P 500 reculaient d’au moins 1%, les financières et l’énergie étant les plus touchés.

Capgemini et Latécoère boivent la tasse

Au sein du palmarès parisien, pour ne citer que les plus fortes baisses, Capgemini a chuté de 6,4% après la dégradation de surpondérer à neutre du conseil de Barclays. Dans le sillage d’une nouvelle chute du baril, CGG a perdu 7,3% et Vallourec 6,8%. Le pétrole Brent plongeait en effet 4,3% et le WTI 4,6%, après les propos du ministre saoudien de l’Énergie, Khaled al-Faleh, en préambule à la réunion de l’Opep, augurant mal d’un accord de réduction de la production.

Le segment des semi-conducteurs a aussi particulièrement souffert avec -5,9% pour Soitec et -3,1% pour STMicroelectronics. Latécoère a remporté la palme avec une chute de 18,4% alors que le groupe a abaissé ses prévisions 2019.

La seule progression significative du jour est revenue à la biotech Genfit qui a gagné près de 6%, après le succès d’une étude dans une maladie du foie qui apporte au groupe des arguments en vue de son projet d’introduction en Bourse aux Etats-Unis.

Guillaume Bayre – ©2018 BFM Bourse

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