CAC 40 : Le regain des tensions commerciales et la dégradation des prévisions du FMI plombent la Bourse de Paris

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(BFM Bourse) – Sans direction à la mi-séance, le CAC 40 s’est replié (-0,65%) dans l’après-midi sous l’effet conjoint de la dégradation des prévisions du FMI sur la croissance mondiale et du regain de tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE, à la veille de la réunion de la BCE.

La Bourse de Paris a clôturé en nette baisse mardi (-0,65%), à 5.436,42 points, au lendemain d’une variation insignifiante (-0,08%) et dans un marché toujours étroit (2,8 milliards d’euros d’échanges), alors que les investisseurs s’inquiètent de la réouverture du front commercial entre les États-Unis et l’UE. Donald Trump a en effet haussé le ton, mardi, menaçant l’Union européenne de nouveaux tarifs douaniers sur des centaines de produits (vin, fromage, etc.) si elle ne mettait pas un terme aux subventions à Airbus.

“L’Organisation mondiale du commerce indique que les subventions de l’Union européenne ont eu un impact négatif sur les Etats-Unis, qui vont maintenant imposer des taxes sur 11 milliards de produits européens! L’UE profite des Etats-Unis en matière de commerce depuis plusieurs années. Ça va bientôt s’arrêter!”, a écrit le président américain sur son réseau social favori. Un tweet ambigu car sa formulation laisse entendre que la décision d’imposer ces taxes punitives est prise, là où le Représentant américain au commerce (USTR) a publié la veille une liste de produits pouvant potentiellement être frappés si l’UE ne renonçait pas à certaines subventions à Airbus.

Dans le reste de l’actualité, le Fonds monétaire internationale (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2019. La croissance économique des États-Unis resterait, selon l’institution financière, la plus robuste parmi les économies avancées, mais celle-ci va tout de même ralentir plus que prévu cette année. L’expansion de l’économie américaine devrait ainsi marquer le pas à 2,3% cette année, contre 2,9% l’année dernière, dans le sillage du fléchissement prévu de la croissance mondiale. Cette nouvelle prévision est inférieure de 0,2 point de pourcentage à ce qu’anticipait le FMI en janvier, selon son rapport sur les perspectives économiques mondiales publié mardi.

Du côté du Brexit, face à la perspective d’une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne dès vendredi, qui apparaît comme la plus mauvaise solution pour toutes les parties, Theresa May traverse aujourd’hui la Manche pour rencontrer Angela Merkel et Emmanuel Macron pour essayer d’obtenir un nouveau report du délai, au 30 juin. Le Parlement britannique a de nouveau fermement repoussé l’option d’un Brexit sans accord, mais c’est grosso modo la seule chose sur laquelle les députés britanniques soient capables de s’entendre actuellement, sans pour autant proposer une alternative crédible.

La semaine va certes progressivement se charger en rendez-vous susceptibles de conditionner l’orientation à venir des indices, avec notamment la nouvelle réunion de la Banque centrale européenne mercredi et le début de la saison des résultats aux Etats-Unis, où les banques ouvriront le bal dès la fin de semaine.

Wall Street en repli

À l’image de l’ensemble des places boursières européennes (-0,35% pour le Footsie britannique et -0,94% pour le Dax allemand), les principaux indices new-yorkais évoluent dans le rouge ce matin à Wall Street, face à la nouvelle attaque commerciale des États-Unis à l’encontre de l’UE. Vers 18h, le Dow Jones cède 0,6%, le S&P abandonne 0,45% et le Nasdaq limite les pertes avec un repli de 0,25%.

Airbus subit le regain des tensions commerciales

Sur le marché parisien, Airbus (-1,85%) menacé par le courroux du gouvernement américain accuse donc l’une des plus fortes baisses du CAC 40, au contraire de la veille où le titre avait profité de la révision en baisse du planning de production du 737 MAX de Boeing, après deux catastrophes aériennes en moins de six mois. Atos (-3,1%), Carrefour (-2,15%) et TechnipFMC (-1,9%) ferment la marche sur l’indice phare de la cote parisienne.

En hausse, Nexans se distingue (+3,5%), tandis que son concurrent Prysmian a reconnu un incident sur le câble à haute tension reliant l’Ecosse à l’Angleterre (Western HVDC Link), un projet qui semble mettre à mal les capacités du groupe italien, ayant accumulé les difficultés et les retards depuis 2014. Également bien orientée même si son titre a effacé une grosse partie de ses gains matinaux, la biotech Poxel (+0,7%) franchit un nouveau pas en vue de la commercialisation de son antidiabétique au Japon. Dans le même secteur, Nanobiotix (-14%) a profité du franchissement d’une étape-clé avec l’obtention du marquage CE pour son radio-enhancer Hensify, pour lever près de 30 millions d’euros. La biotech a désormais le marché US en ligne de mire.

Les cours du pétrole se replient mardi en cours d’échanges européens, après avoir atteint plus tôt dans la journée de nouveaux sommets en cinq mois, aidés par les combats en Libye. Vers 18h10, le baril de WTI se traite à 64,01 dollars (+-0,65%) et le Brent à 70,72 dollars (-0,53%).

Sur le marché des changes, l’euro poursuit sa progression à 1,1277 dollar (+0,14%) après une déception sur le niveau des entrées de commandes dans l’industrie aux Etats-Unis.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

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