CAC 40 : Le retour des inquiétudes sanitaires et politiques émousse nettement l'appétit pour le risque

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(BFM Bourse) – Revenu à plus de 5600 points la semaine dernière pour la première fois depuis février, la cote parisienne s’est quelque peu (-0,64%) effritée lundi face à un cocktail de menaces – flambée pandémique en tête.

Parvenu à enchaîner une cinquième hausse hebdomadaire grâce à un gain de 0,62% vendredi, le CAC 40 entame la nouvelle semaine dans le rouge face au regain d’incertitudes sur de multiples fronts. Notamment “l’absence d’accord entre républicains et démocrates aux Etats-Unis, de tergiversations sur le sujet du Brexit et de triste constat que les Etats-Unis viennent de connaître un nouveau nombre record d’infections au coronavirus”, selon l’énumération de John Plassard, directeur des investissements chez Mirabaud.

Après avoir ouvert en repli de 0,25%, l’échantillon principal du marché parisien a creusé ses pertes dans la matinée et fini par s’arrêter à 5.573,38 points en clôture, soit un repli de 0,64% dans un volume d’échanges en repli de 3,1 milliards d’euros.

La prudence -et les prises de bénéfices- pourraient désormais persister en attendant les décisions de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, qui devraient amplifier et prolonger son soutien à l’économie, via le programme d’achats de titres PEPP et les prêts de liquidités aux banques (TLTRO), et la Fed mercredi prochain. D’ici-là, “la volatilité devrait aussi monter d’un cran ces prochains jours”, anticipe John Plassard. Le VIX, indice de volatilité (du marché US) prenait 4,3%, après être récemment tombé à un plancher depuis février dernier.

Wall Street dans le désordre

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en ordre dispersé. Les craintes des retombées économiques de nouvelles mesures de confinement (comme celles imposées depuis dimanche en Californie) pesaient sur les valeurs cycliques, mais épargnaient les technologiques. Le Dow Jones perdait près de 0,35%, le S&P 500 0,1% mais le Nasdaq gagnait plus de 0,4%.

Parmi les raisons qui incitent les investisseurs à faire preuve de prudence lundi, les Etats-Unis ont enregistré samedi, pour la troisième journée consécutive, un nombre record de contaminations au coronavirus en 24h avec près de 230.000 cas, selon le comptage de l’université Johns Hopkins. Dans le même temps, la France a enregistré, dimanche, plus de 11.000 nouveaux cas selon les données officielles, un chiffre largement au-dessus de l’objectif des 5.000 cas fixé par le gouvernement pour lever les mesures de confinement le 15 décembre.

Des informations de presse selon lesquelles les Etats-Unis envisageraient de sanctionner des responsables chinois au sujet des récents événements à Hong Kong pèsent également sur la tendance, tout comme l’impasse des négociations à Bruxelles sur l’après-Brexit concernant les trois grands dossiers qui continuent d’empêcher la conclusion d’un accord global: à savoir la pêche, les règles de libre et équitable concurrence et le mécanisme de règlement des litiges.

Ces incertitudes éclipsent les nouvelles statistiques rassurantes publiées ce matin, notamment en Chine où les exportations ont progressé de 21,1% sur un an au mois de novembre. Une hausse bien supérieure aux attentes du marché, et la plus forte depuis plus de deux ans. En Allemagne, la production industrielle a crû à nouveau en octobre, dissipant les craintes d’une chute de la conjoncture pour la fin d’année.

Calme plat sur le front des valeurs

La mollesse de l’actualité sur le front des valeurs a donné ce lundi aux opérateurs un avant-goût de la trêve des confiseurs. Au sein du CAC 40, ils ont plutôt joué les valeurs sûres (Air Liquide +1,2%) ou défensives (Carrefour +1,15%), tandis qu’ils se sont détournés des bancaires. Crédit Agricole a cédé 2,9%, Société Générale et BNP Paribas 2,7%. Axa a flanché de 1,2% tandis que Bercy convoquait les assureurs pour évoquer la question du gel des primes d’assurance des hôteliers et restaurateurs.

Alors que les discussions entre le gouvernement français et la Commission européenne en vue d’une réforme de la régulation du marché du nucléaire (qui avaient porté le titre depuis novembre) n’ont toujours pas abouti, EDF a reflué de 2,1%. Malgré un climant “constructif”, a confié une source français à Reuters “sur des paramètres qui sont essentiels, il n’y a pas encore d’accord avec la Commission”.

La société lilloise de biotechnologie Genfit spécialisée dans la NASH (pathologie chronique du foie surnommée “maladie du foie gras”) a grappillé 0,4% après le succès de l’offre de rachat lancée sur une partie de sa dette convertible. L’opération reste conditionnée au vote des actionnaires et des obligataires, lors d’une AGE prévue courant janvier. Mais sur le compartiment des biotechs, c’est Erytech Pharma qui a signé la plus forte hausse, décollant de plus de 9% à l’annonce de résultats positifs dans une étude testant son traitement expérimental eryaspase dans la leucémie aiguë lymphoblastique. De son côté, DBV Technologies (+4,8%) a signé une troisième séance consécutive de progression, sans actualité particulière.

Dépréciés en matinée en raison du regain d’inquiétude des investisseurs sur la crise sanitaire, les cours pétroliers réduisaient leurs pertes en fin de séance européenne. Le baril de Brent s’échangeait à 49,15 dollars (-0,1%), quand le WTI perd 0,22% à 46,16 dollars.

De même, après avoir lâché du lest dans la matinée, la monnaie unique reprenait 0,14% à 1,2138 dollar.

Guillaume Bayre – ©2020 BFM Bourse

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