CAC 40 : Les marchés financiers de la planète poursuivent inexorablement leur chute

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(BFM Bourse) – La Bourse de Paris, qui vient de perdre 25% en trois semaines du fait des inquiétudes quant aux conséquences économiques du coronavirus Covid-19, s’effondre de nouveau jeudi matin dans le sillage de Wall Street, après l’utilisation du terme “pandémie” par l’OMS pour qualifier la crise sanitaire et les nouvelles mesures restrictives annoncées par Donald Trump.

Nouveau carnage en prévision sur le marché parisien, dans le sillage du nouveau plongeon des principaux indices US mercredi, alors que le marché toujours en proie à la panique face à la multiplication des mesures pour endiguer l’épidémie de Covid-19 à travers le monde. Après avoir ouvert en baisse de 2,37%, plus de la moitié des valeurs étant réservées à la baisse comme lors du “lundi noir” de la semaine dernière, le baromètre du marché parisien a finalement réussi à coter plus de 10 minutes après l’ouverture théorique des échanges. À 10h, le CAC 40 plonge de 6,13% à 4.327,81 points, ce qui porte le repli de l’indice phare à plus de 27,6% depuis le 1er janvier.

Parmi les valeurs les plus sanctionnées à 10h, Air FranceKLM (-14,3%), Europcar (-12,8%) et ADP (-12,1%) souffrent de la crise du tourisme en perspective, d’autant que Donald Trump a annoncé mercredi la suspension des voyages vers les Etats-Unis en provenance d’Europe.

Au sein du CAC, Safran (-8,7%), Accor (-8,2%), TechnipFMC et ArcelorMittal (-8,1%) ou encore Peugeot (-7,9%) accusent les plus fortes chutes de ce début de matinée.

Le Covid-19 confirme son statut de “cygne noir”

En mettant progressivement à l’arrêt début 2019 une bonne partie de la Chine, l’usine du monde, l’épidémie de pneumonie à coronavirus Covid-19 a coupé l’élan des principaux marchés financiers mondiaux. Que va-t-il advenir alors que la planète entre désormais en phase de pandémie ? Les scénarios possibles à cette question ne portent évidemment pas les investisseurs à l’optimisme alors que les gouvernements se résolvent, après à avoir trop tardé aux yeux de l’OMS à mettre en place des mesures banales, à prendre des décisions drastiques à l’image de l’interdiction par Donald Trump de tous les voyages entre l’Europe et les Etats-Unis pendant 30 jours à partir de vendredi. Du jamais-vu depuis la seconde guerre mondiale et l’entrée en guerre des USA contre l’Allemagne nazie…

Fin d’un marché haussier record de 11 années à New York

La réaction du président américain, quoi qu’accompagnée d’une nouvel ensemble de mesures de soutien économique, n’a en rien aidé Wall Street, où le Dow Jones a cédé 5,86% pour entrer à son tour en “bear market”, en bon français en phase de marché baissier (qui signifie qu’un indice a perdu au moins 20% de sa valeur par rapport à son dernier pic). C’est l’analyste en chef des actions américaines chez Goldman Sachs, David Kostin, qui a prononcé l’oraison funèbre du plus long “bull market” qu’a connu la Bourse américaine, qui n’avait jamais connu une correction aussi importante en onze années, du jamais-vu dans l’histoire.

En Asie ce matin, le Nikkei abandonne 4,4%, la Bourse indienne 7%, tandis que Shanghai limite son repli autour de -2%, alors que paradoxalement le cours de l’épidémie dans le pays qui semble en être à l’origine commence à s’infléchir – au prix des sacrifices que l’on sait en termes de mobilité des individus et donc d’activité.

Nouveau paquet de mesures de la BCE attendu, pas de miracle à attendre

Quant aux marchés européens, au vu des contrats à terme plus d’une heure avant l’ouverture, une baisse de l’ordre de 260 points sur le CAC 40 n’est pas exclue, soit une ouverture théorique 5% en dessous de la veille, pour une sixième séance consécutive dans le rouge quoi qu’il en soit.

Dans l’après-midi, les opérateurs suivront avec attention l’intervention de la présidente de la Banque Centrale Européenne Christine Lagarde, qui va dégainer une série de mesures afin de soutenir les secteurs les plus touchés. Mais le panel d’outils à sa disposition se réduit dans un contexte de taux déjà négatifs et il paraît peu probable que l’intervention de la BCE permettre d’inverser le cours de la séance.

“S’il est difficile aujourd’hui de tirer de quelconques plans sur la comète vu que nous ne connaissons absolument pas l’ampleur et les ravages économiques du coronavirus, on peut cependant affirmer que sans actions concertées des banques centrales et des gouvernements, les effets sur une économie chancelante ne seront pas de grande ampleur…” relève John Plassard, chez Mirabaud Securities.

Le pétrole poursuit sa chute

Les cours des deux références mondiales de pétrole brut chutent encore jeudi matin après l’annonce par le président américain Donald Trump d’une suspension pour 30 jours de tous les voyages entre l’Europe et les Etats-Unis. Peu avant 10h, le baril de Brent lâche encore 4,95% à 34,02 dollars, quand le “light sweet crude” texan cède 4,64% à 31,45 dollars. Les prix de l’or noir restent sous pression face à une guerre des prix qui s’intensifie, notamment entre l’Arabie saoudite et la Russie.

Guillaume Bayre – ©2020 BFM Bourse

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