CAC 40 : Malgré les nouveaux records à Wall Street, le CAC 40 efface ses gains

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(BFM Bourse) – Dans le vert pratiquement toute la journée, la Bourse de Paris a fini quasiment neutre (+0,04%) jeudi, tandis que la BCE a tenté de mettre fin au débat naissant sur l’hypothèse d’une annulation des dettes des Etats européens qu’elle détient en portefeuille.

La politique s’est invitée jeudi après-midi sur le marché parisien, qui n’en demandait pas tant. Porté initialement, et comme c’est le cas depuis le début de la semaine, par l’espoir de voir l’économie redémarrer en 2021 grâce au démarrage de la vaccination et aux liquidités colossales apportées par les banques centrales et au soutien budgétaire des Etats, l’indice CAC 40 est revenu à 5.549,46 points en clôture, n’affichant plus qu’un gain anecdotique de 0,03%. Des fuites en marge des discussions britannico-européennes au sujet du Brexit révélant qu’un accord n’était vraisemblablement pas d’actualité d’ici vendredi sont venues rafraîchir l’atmosphère. De plus, la Banque Centrale Européenne a dû couper court à l’idée d’annuler les dettes des Etats membres. Isabel Schnabel, membre du directoire de l’institution, a qualifié de “nuisible” le débat naissant au sujet d’une annulation pure et simple des dettes des Etats – qui pour la plupart empruntent à taux négatif grâce au soutien de la BCE.

Par contraste, la Bourse de New York profitait d’un nouvel élan, amenant les trois principaux indices à de nouveaux sommets historiques alors qu’après des mois de blocage, les membres du Congrès américains semblent sur le point de s’entendre enfin au sujet d’une nouvelle enveloppe de soutien, d’un total de plus de 900 milliards de dollars, éventuellement fractionné en deux dans l’immédiat, qui retient l’attention des intervenants. “Nous discutons toujours et je pense que nous allons y arriver”, a indiqué le chef de file républicain au Sénat Mitch McConnell. Le package comprendrait notamment une aide directe aux ménages en difficultés, de 600 à 700 dollars par personne, et pourrait être validé avant le week-end, selon la presse US.

Au moment de la clôture européenne, le Nasdaq Composite grimpait de près de 0,5%, et le Dow Jones ainsi que le S&P 500 d’environ 0,4%.

Longtemps en tête de l’indice, Publicis a réduit son avance à 1,2% en clôture. Le titre a profité de l’ascension de 4,2% de WPP à Londres, alors que le britannique a fait état d’un redressement de son chiffre d’affaires plus rapide qu’attendu. En outre, Oddo BHF a relevé de 42 à 50 euros son objectif sur le groupe français. Dans un contexte de vigueur du secteur technologique, Capgemini a signé finalement la plus forte hausse (+3,6%) du jour, devant Kering qui a rebondi de près de 2,9% après le recul de 2,35% provoqué mercredi par la divulgation d’une enquête du PNF pour blanchiment de fraude fiscale (le groupe en a eu ce matin la confirmation officielle, et continue à se défendre des allégations relayées mercredi dans la presse).

Ayant révisé à la hausse son objectif d’Ebitda pour 2020 à un niveau “égal ou légèrement supérieur” à 16 milliards d’euros, EDF a progressé de 2%.

Solutions 30 au rebond

À la suite de la chute des dernières séances provoquées par les accusations anonymes à l’encontre de la gouvernance de Solutions 30, doublées de deux courriers du fonds Muddy Waters, l’action a connu un rebond de 11,3%, la plaçant en tête du SBF 120 devant la biotech Genfit (+4,5%), laquelle sortira le 21 décembre de l’indice large tricolore.

Quelques publications d’exercices décalés ont amené les opérateurs à s’intéresser à des dossiers souvent peu mis en avant. Détenue à plus de 75% par la famille Ballu, la société Exel Industries, spécialisée dans les matériels de pulvérisation, a vu son titre prendre 8% après avoir amélioré son résultat opérationnel en 2019-2020 malgré un chiffre d’affaires globalement en repli.

Lacroix Group, spécialiste de l’internet des objets, a gagné 6,9% après l’annonce d’une nouvelle étape dans son partenariat avec Amazon en intégrant le programme Consulting and Professionnal Service (CPS) du géant américain en tant que consultant stratégique et prestataire de services design et développement au service des partenaires d’Amazon désireux intégrer la commande vocale Alexa à leurs offres.

Showroomprivé (+7,4%), étant donné une fin d’exercice dynamique, s’attend désormais à dégager un Ebitda de plus 30 millions d’euros, au lieu d’un montant proche de 20 millions visé jusqu’alors.

Le dollar sous pression

Après le discours de Jerome Powell, tous les actifs s’appréciaient face au billet vert, de l’euro (+0,42% à 1,2251 dollar) à l’or (+1,84% à 1893,40 dollars l’once), en passant évidemment par le bitcoin. Le plus connu des actifs cryptographiques -véritable monnaie selon ses partisans, simple concept sans contrepartie véritable aux yeux de ses détracteurs- flambait encore de 10,9% à 23.606,95 dollars, à de nouveaux records après avoir dépassé la veille pour la première fois le cap de 20.000 dollars.

La tendance restait également bien orientée en fin de journée pour les cours pétroliers, soit +0,72% pour le Brent à 51,45 dollars, et une hausse de 0,96% à 48,28 dollars pour le brut léger WTI.

Guillaume Bayre – ©2020 BFM Bourse

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