CAC 40 : Net recul pour la Bourse de Paris, sur fond de crise politique britannique

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(BFM Bourse) – Le CAC 40 signe une cinquième baisse sur les six dernières séances, terminant en repli de 0,70% à 5.033,62 points jeudi, plombé par les démissions en cascade au sein du gouvernement britannique et les incertitudes grandissantes vis-à-vis du Brexit.

L’indice vedette de la place parisienne perd de nouveau du terrain jeudi (-0,70%), après avoir déjà fini en baisse hier (-0,65%). Ce nouveau recul le rapproche du seuil des 5.000 points (à 5.033,62 points) vis-à-vis duquel il peine à prendre ses distances. En cause, les tout derniers développements politiques outre-Manche au lendemain de l’accord trouvé entre Bruxelles et Londres sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

En obtenant l’accord de son cabinet pour signer cet accord, Theresa May imaginait peut-être avoir fait le plus dur. Il n’en est rien. Loin de satisfaire les pro-Brexit, cet accord n’est pas non plus du goût de ceux qui auraient souhaité rester dans l’UE. En clair, si la Première ministre a remporté une bataille à Bruxelles, il lui reste encore à « gagner la bataille de l’opinion publique britannique pour espérer gagner celle de Westminster [siège du Parlement] », explique La Banque Postale Asset Management. Or, quatre de ses propres ministres, jugeant la teneur de l’accord inacceptable, ont démissionné coup sur coup dans la matinée, à commencer par Dominic Raab, ministre en charge du… Brexit ! Les répercussions de cette décision ne se seront pas fait attendre puisque la livre sterling cédait immédiatement plus de 1,5% face à la monnaie unique et au billet vert.

Vers un vote de défiance ?

Dans ce contexte, la capacité de Theresa May à rallier le parti conservateur ainsi que le DUP (Parti unioniste démocrate) d’Irlande du Nord au plan négocié avec Bruxelles est clairement mise en doute. D’autant qu’en début d’après-midi, le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg a réclamé un vote de défiance contre la Première ministre britannique. « Le projet d’accord de divorce (avec l’Union européenne) présenté au parlement aujourd’hui s’avère pire qu’attendu et échoue à remplir les promesses faites à la nation » écrit-il dans sa lettre adressée au président du comité 1922, responsable de l’organisation interne des Tories.

La question du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne apparaît donc loin d’être réglée, et elle s’ajoute à la longue liste des dossiers politiques épineux qui préoccupent les marchés, dont la délicate reprise du dialogue commercial entre les Etats-Unis et la Chine et les dissensions entre l’Italie et l’Union européenne sur le budget transalpin.

Capelli et Bouygues grimpent

Face à cette actualité politique bouillonnante, celle des valeurs individuelles tend à être quelque peu occultée, mais les investisseurs ont tout de même délivré quelques bons points à certaines publications d’entreprises. Le promoteur immobilier Capelli, parvenu à accélérer encore son rythme de croissance au semestre écoulé malgré un marché en ralentissement, bondit ainsi de 6,55%, entraînant par ricochet un autre intervenant également en phase d’expansion, Réalités (+3,38%). Parmi les grosses capitalisations, Bouygues recule très légèrement (-0,22%) après avoir évolué dans le vert toute la séance à la suite de l’annonce de bénéfices à fin septembre relativement solides, grâce à la vigueur de sa branche télécom. Dans le même secteur, Iliad amplifiait sa hausse de mercredi (+9,64%) en s’adjugeant encore 1,1%, dans le sillage également du point d’activité à fin septembre.

Une autre annonce, celle du recul du marché automobile en Europe le mois dernier, a fait plonger les valeurs du secteur qui s’inscrivent parmi les plus fortes baisses de la séance. Peugeot, également plombé par le Brexit, signe même la plus grosse chute du jours sur le CAC 40 (-5,28%), suivi de Valeo (-3,53%). Renault (-0,7%), Michelin (-0,6%) ou Plastic Omnium (-1,74%) terminent également la séance dans le rouge.

Wall Street ouvre en baisse puis rebondit

Les marchés nord-américains reculaient aussi à l’ouverture jeudi, sur leurs gardes face aux remous du Brexit et de l’Italie ainsi qu’aux propos tempérés du président de la Réserve fédérale la veille, malgré des résultats d’entreprises et des indicateurs plutôt encourageants. Vers 18h20, Wall Street reprenait toutefois des couleurs avec l’indice technologique, le Nasdaq, qui évoluait en territoire positif à +0,42% et 7.166,47 points, tout comme le S&P 500 élargi à +0.11% et 2.704,21 points. Seul l’indice phare, le Dow Jones, restait dans le rouge (-0,19% à 25.033,87 points).

Parallèlement, les cours du baril effaçaient une partie de leurs (lourdes) pertes de la semaine vers 18h20 avec une hausse de 1,64% du Brent (66,94 dollars) et un WTI en hausse de 1,5% à 56,80 dollars).

A la même heure, du côté des changes, l’euro s’affichait peu changé à 1,3119 dollar (+0.05%), la chute de la livre constituant le principal mouvement parmi les devises, de l’ordre de 1,7% face au dollar et presque autant face à l’euro.

Quentin Soubranne – ©2018 BFM Bourse

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