CAC 40 : Nouvelle journée noire pour le CAC 40, qui trébuche de près de 2%

Mots-clefs : , , , , ,

(BFM Bourse) – Loin de se redresser au lendemain d’une chute de 2,1%, l’indice parisien a perdu 1,9% supplémentaires jeudi, non loin d’un plus bas d’un an. Seules 5 valeurs du CAC 40 sont restées à flot.

A l’issue d’une séance marquée par une forte volatilité intraday et d’importants volumes d’échanges, supérieurs à 6 milliards d’euros, le CAC 40 a clôturé jeudi sur un repli d’ampleur comparable à celui de la veille, en baisse de 1,92% à 5106,37 points.

L’indice tricolore flirte désormais avec le seuil de 5100 points, sous lequel il n’était plus descendu depuis plus d’un an.

L’ensemble des Bourses européennes se sont du reste encore inscrites en net repli, dans le sillage du « carnage boursier sur les marchés américains » selon la formule des experts de Mirabaud Securities : -1,48% pour le Dax allemand, -1,84% pour le FTSE MIB italien et -1,94% pour le FTSE 100 londonien.

Le luxe et la tech encore attaqués

Après avoir touché plus particulièrement les valeurs du luxe et des hautes technologies mercredi, la baisse a cette fois touché sans discrimination la plupart des secteurs. Les valeurs tech sont une nouvelle fois particulièrement attaquées. Kering (-2,36%) et LVHM (-1,26%) sont restées déprimées, mais d’autres valeurs à l’image d’Axa (-3,5%), Safran (-2,6%) ont fait encore pire.

Le secteur de l’énergie a également flanché alors que l’aversion au risque a gagné le marché pétrolier. Le baril de pétrole texan WTI perdait 2,5% et le Brent de la mer du Nord 2,7%. Dans ce contexte, Total a reculé de 3,4%, TechnipFMC et Engie de 2,6%.

Dans ce marché très mal orienté, certains secteurs résistent mieux que d’autres, à l’image de l’automobile : +0,63% pour Peugeot, -0,3% pour Michelin et -0,66% pour Renault. En dehors du titre Peugeot, Carrefour a gagné 0,3%, Publicis 0,24%, Sodexo 0,2% et -à contre-courant de son secteur- STMicroelectronics a repris 1,9%.

La correction s’est poursuivie à Wall Street, lesté par la chute des GAFA

La dégringolade des valeurs technologiques qui a fait vivre, mercredi, sa pire séance depuis deux ans au Nasdaq Composite, s’est poursuivie mais l’indice phare de la Silicon Valley en cédant 0,6% au moment de la clôture parisienne faisait cette fois un peu moins mal que les indices généralistes Dow Jones (-1% au même moment) et S&P 500 (-1,08%)

Les investisseurs retournent sur le marché obligataire

Nerveux, les investisseurs délaissent donc les valeurs jugées les plus risquées, appartenant aux secteurs de croissance (dit « growth ») pour se reporter notamment sur les emprunts d’État dont les rendements apparaissent soudainement plus attractifs. Les propos de Jerome Powell en début de semaine n’ont pas non plus rassuré les investisseurs. Le président de la Fed a en effet laissé entendre que l’institution allait durcir sa politique monétaire et procéder à un nouveau relèvement des taux d’intérêts américains plus rapide que celui anticipé par les marchés

Plusieurs éléments perturbateurs

Attendue, la seule remontée des taux d’intérêts américains ne saurait justifier la panique qui semble s’emparer des marchés depuis hier. Les experts de Mirabaud Securities ont relevé « plusieurs éléments perturbateurs » parmi lesquels la Chine (tensions commerciales et ralentissement économiques), la baisse des devises émergentes (notamment à cause de la hausse du dollar), les récents records du Dow Jones et du S&P 500 (qui amènent à une consolidation logique), les interrogations concernant les FANGs et dans une moindre mesure les problèmes politiques des « FIA » (France, Italie et Allemagne).

À ces éléments s’ajoutent la révision à la baisse de la croissance économique mondiale par le FMI en début de semaine car celle-ci a remis en cause les scénarios de progression de bénéfices des entreprises qui étaient jusque là plutôt optimistes pour 2019 et 2020.

Trump accuse la Fed

Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi soir que la Fed était tombée sur la tête, dans une nouvelle critique vis-à-vis de la banque centrale et sa politique de durcissement monétaire. Habitué à vanter chaque record haussier des indices, il a également tenté de rassurer les 35% d’Américains qui détiennent des actions en déclarant que cette « saine correction » était attendue depuis longtemps.

Si le rôle du président américain n’est pas en principe de commenter les actions de la banque centrale, et encore moins de la traiter de folle, « derrière ces propos cavaliers il y a certaines réalités qu’on ne peut nier…. », observe John Plassard chez Mirabaud : une erreur de politique monétaire serait potentiellement encore plus dévastatrice que la mise en place de mesures protectionnistes, selon le stratège.

Guillaume Bayre – ©2018 BFM Bourse

Votre avis

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article