CAC 40 : Plombée par la Chine et Apple, la Bourse de Paris creuse ses pertes

Mots-clefs : , , , , , ,

(BFM Bourse) – Alors qu’il accusait déjà un recul supérieur à 1% à la mi-séance, le CAC 40 a accru ses pertes dans l’après-midi. Une chute à mettre à l’actif de la confirmation du ralentissement de l’économie chinoise et du plongeon de Wall Street dans le sillage d’Apple.

Après avoir terminé en baisse de 0,87% la première séance de 2019 (en limitant tout de même les dégâts par rapport à une chute de 2,6% en cours de journée), le CAC 40 enchaîne une deuxième journée dans le rouge. À la clôture, l’indice phare de la place parisienne cède 1,66% à 4611,48 points dans un volume d’échanges encore assez faible de 2,7 milliards d’euros. Le CAC avait pourtant tenté un timide rebond en début d’après-midi mais l’ouverture en nette baisse à Wall Street aura eu raison de ce dernier.

La Bourse de Paris avait déjà mal démarré la séance après l’avertissement d’Apple mercredi soir sur son chiffre d’affaires venant renforcer les craintes sur la croissance de l’économie chinoise. Alors que Wall Street était parvenu à boucler la séance de mercredi sur une hausse symbolique de 0,08% dans le cas du Dow Jones et un peu plus consistante sur le Nasdaq (+0,46%), le géant californien est venu jeter un froid après la clôture. Dans une lettre aux investisseurs, son patron Tim Cook a reconnu que l’objectif de chiffre d’affaires pour le premier trimestre ne serait pas atteint. Attendus initialement entre 89 et 93 milliards de dollars, les revenus de la période devraient se limiter à environ 84 milliards de dollars, un montant non seulement inférieur aux ambitions mais qui marquerait un repli de 4,9% par rapport au trimestre correspondant de l’exercice précédent. Résultat, Apple est bien parti pour vivre sa plus mauvaise séance boursière depuis janvier 2014, cédant 8,3% vers 17h45.

La firme de Cupertino entraînait d’ailleurs dans son sillage l’ensemble de la bourse new-yorkaise qui, après avoir démarré en forte baisse (entre -1,08% pour le Nasdaq et -1,46% pour le Dow), continuait à creuser ses pertes dans la matinée. Vers 17h45, l’indice technologique abandonnait 1,7% et le Dow lâchait 1,9%.

À noter également sur le marché américain, Bristol-Myers Squibb avale la biotech Celgene pour une méga-fusion à 74 milliards de dollars. Le laboratoire n’a pas hésite à casser sa tirelire pour acquérir la doyenne des biotechs US, forte d’un portefeuille prometteur dans les traitements de certains cancers.

Les secteurs du luxe et des technologies en souffrance

À la Bourse de Paris, les valeurs exposées à l’économie chinoise ont été durement sanctionnées ce jeudi. Les fournisseurs d’Apple à l’image de STMicroelectronics (-11,6%) en premier lieu, mais également le luxe : Kering perd 5,5%, LVMH recule de 3,8% et Hermès de 2,9%. Les valeurs technologiques telles qu’Atos (-5,3%), Dassault Systèmes (-6,4%) et Capgemini (-5,3%) ont également beaucoup souffert

L’éditeur Ubisoft, qui affiche de fortes ambitions en Chine via son partenariat avec Tencent, lâche pas moins de 5%. Mais c’est globalement la majorité des valeurs de l’indice vedette qui s’inscrit dans le rouge puisque seuls Carrefour (+1,9%), Orange (+0,6%) et Unibail-Rodamco (+0,5%) bouclent cette séance dans le vert.

Les biotechs bien orientées

Hors du principal indice, le palmarès fait toutefois apparaître quelques hausses notables en particulier sur le secteur des biotechs dans le sillage de bonnes nouvelles pour DBV Technologies (+13,6%) et pour Genfit (+1,5%). Le premier a annoncé un remaniement de sa direction avec pour objectif premier de soumettre de nouveau une demande de mise sur le marché de son traitement Viaskin Peanut, et le second a noué un partenariat avec l’américain Covance (Labcorp) en vue de diffuser son test de diagnostic de la NASH, un élément perçu comme indispensable pour préparer le terrain d’un traitement de cette maladie du foie qui peut rester asymptomatique pendant des années. Dans leur sillage, Genkyotex (+9,6%), Cellnovo (+4,5%), Onxeo (+3,2%), Cerenis (+3%) ou encore AB Science (+2,6%) progressent aussi.

Au chapitre pétrolier, l’indécision règne toujours mais les barils de Brent européen et de WTI américain évoluent tout deux en nette hausse vers 18h (+1,25% à 55,4 dollars pour le premier et +1,2% à 46,7 dollars pour le « light sweet crude » texan). En fin de journée, mercredi, les cours avaient rebondi de plus de 3% grâce à des signaux de fermeté de l’Arabie Saoudite vis-à-vis de l’accord de réduction de la production qui entre en vigueur ce mois-ci entre les membres de l’Opep et certains de leurs alliés producteurs. Riyad a en effet annoncé, mercredi, une diminution de ses exportations de l’ordre de 500.000 barils par jour au mois de décembre.

Du côté des devises, l’euro rebondissait assez nettement, à 1,1397 dollar (+0,53%), après avoir cédé plus de 1% la veille.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

Votre avis

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article