CAC 40 : Plus forte chute du CAC 40 depuis 3 ans après la nouvelle offensive de Trump sur la Chine

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(BFM Bourse) – En annonçant de nouveaux droits de douane sur des produits chinois dès le mois prochain, le président des Etats-Unis a provoqué une vague de panique sur les marchés d’actions. Le marché parisien s’est effondré de 3,57%, une baisse d’ampleur inédite depuis juin 2016. Alors que les discussions entre les deux grandes puissances venaient de reprendre cette semaine, les opérateurs craignent désormais qu’elles ne déraillent pour de bon.

Panique à bord. L’indice phare de la Bourse de Paris a sombré de 3,57% à 5539 points vendredi en clôture sa plus forte chute sur une séance depuis juin 2016. A titre de comparaison, la plus forte baisse sur les douze derniers mois n’était que de 2,03% en décembre 2018 après la publication d’indices PMI (pour l’activité manufacturière) en zone euro nettement inférieurs aux attentes. Compte tenu de cette séance éprouvante, le marché parisien accuse un repli hebdomadaire de 4,48%, retombant à son niveau de la mi-juin.

Donald Trump ravive les craintes de guerre commerciale

La chute du CAC s’inscrit dans un mouvement généralisé de repli des investisseurs alors que le président des Etats-Unis a tiré une énième salve contre la Chine en annonçant de nouvelles taxes douanières dès le 1er septembre prochain. Une décision susceptible de relancer le conflit commercial entre les deux principales puissances économies mondiales qui a pris les marchés complètement au dépourvu, dans la mesure où les discussions entre les envoyés américains et les autorités chinoises avaient semblé reprendre cette semaine à Shanghai dans un climat constructif.

Si Donald Trump reconnaît à son “ami” Xi Jinping la volonté d’arriver à un accord, son homologue chinois “ne va franchement pas assez vite !”. Il affirme que la Chine n’a pas encore tenu deux engagements auxquels il tient : l’achat massif de produits agricoles américains et l’arrêt des exportations de l’opioïde fentanyl (ce qui fait que “de nombreux Américains continuent de mourir”, en référence à l’épidémie d’overdoses liées à la prise de médicaments anti-douleur). Espère-t-il ainsi aiguillonner son interlocuteur ? Toujours est-il que dans la continuité de ses critiques, le président des Etats-Unis a décidé d’imposer “de petits droits de douane supplémentaires de 10% sur les 300 milliards de dollars” d’importations chinoises jusque-là épargnées.

Lourd repli des cours de l’or noir

Prononcées en milieu de journée jeudi outre-Atlantique, alors que Wall Street avait accumulé les gains au cours de la matinée, ces annonces ont aussitôt fait retomber la cote des actions américaines, avec un score à la clôture de -1,05% pour le Dow Jones, de -0,9% pour le S&P 500 et de -0,79% pour le Nasdaq. Vendredi en séance, les principaux indices US n’enregistraient toutefois qu’un repli relativement limité (de -0,6% pour le Dow à -1,3% pour le Nasdaq vers 18h), le marché américain profitant malgré tout de son statut refuge par rapport à l’Europe.

Les ménages américains touchés par ces nouvelles sanctions

À terme les analystes redoutent néanmoins que les taxes supplémentaires sur des produits achetés directement par les ménages américains (alors que les taxes en vigueur touchent plutôt des biens industriels) ne contribuent à propager à la consommation le déclin actuel constaté en matière d’investissements des entreprises. Selon JPMorgan, ce sont surtout des articles d’électronique grand public et des biens de consommation discrétionnaire -notamment prêt-à-porter- qui seraient touchés par la nouvelle taxe de 10%. Un niveau qui semble d’ailleurs n’être qu’un point de départ dans l’esprit de Donald Trump, qui n’a pas manqué de préciser qu’il pourrait au besoin aller jusqu’à 25%. Les fédérations professionnelles de la distribution ont averti de l’impact direct de ces taxes sur les prix des courses qu’effectueront les ménages américains en vue de la rentrée… “Le président Trump prend en otage les familles américaines dans sa guerre commerciale”, a par exemple déploré le patron de Footwear Distributors And Release Association.

Onde de choc

En Asie , l’indice Shanghai Composite à lâché 1,41% et le Nikkei japonais a perdu 2,4%. Mais c’est en Europe que la secousse a été plus durement ressentie, les opérateurs craignant de voir les exportateurs de la région pris entre deux feux et perdre à la fois des volumes de ventes en Chine et aux Etats-Unis. Le FTSE 100 britannique a perdu 2,3%, le FTSE MIB milanais 2,4% et le Dax 3,1%, alors que l’Ibex madrilène a limité son recul à 1,5%.

Les matières premières, l’automobile et le luxe dévissent

Sur le terrain des valeurs, une seule a échappé à la purge à la cloche: Unibail-Rodamco-Westfield (+0,65%) grâce au relèvement de sa guidance annuelle. Après avoir longtemps tenté de se maintenir grâce au relèvement du conseil d’AlphaValue, Veolia a fini également par céder à la baisse, terminant à -0,27%.

De l’autre côté du palmarès, les matières premières et l’automobile ont payé au prix fort les dernières déclarations de Donald Trump. ArcelorMittal a lâché 3,5%, Eramet 4,5% ou Arkema 6,7%. Également très sensible à l’évolution de la conjoncture économique mondiale, le secteur automobile a aussi fortement reculé, équipementiers en tête. Valeo a abandonné 6,7%, Faurecia 6%, tandis que Plastic Omnium a cédé 4%. Parmi les constructeurs, Peugeot a perdu 3,7% et Renault 2,3%.

Du côté des biotechs, Transgene a dévissé de 13,2% après avoir indiqué que l’étude menée par un partenaire sur le vaccin thérapeutique Pexa-Vec, développé en tant que traitement du cancer du foie, avait peu de chance d’aboutir à un résultat concluant.

Le secteur du luxe plonge

Les valeurs du luxe -poids lourds de l’indice parisien- ont aussi évidemment pâti des nouvelles sanctions imposées à la Chine (premier marché mondial du luxe) par les États-Unis. LVMH -première capitalisation européenne et deuxième pondération du CAC 40, a perdu 5,5%, Hermès (-3,5%) et Kering (-4%) ne résistant guère mieux.

Sur le marché pétrolier, un certain rebond est observé après l’effondrement de jeudi, le baril de Brent reprenant 2,55% à 62,04 dollars quand celui de WTI rebondissait de 3% à 55,57 dollars. De son côté, l’euro remontait de 0,2% à 1,1107 dollar.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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