CAC 40 : Pourquoi le marché regarde aPPR (ex Pinault Printemps)ocher le Brexit sans paniquer

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Les marchés restent stoïques face à l'imminence théorique du Brexit

(BFM Bourse) – Indécrottable optimisme ou simple pragmatisme ? L’imminence de la date théorique du Brexit ne perturbe pas plus que cela les marchés européen ou britannique.

Si le marché a toujours raison, force est de reconnaître que sa placidité face à l’imminence du Brexit étonne. Après le rejet par le Parlement britannique du projet d’accord avec l’Union européenne qu’avait réussi à décrocher Theresa May, la fin du compte à rebours enclenché en 2016 se profile sans aucune solution. L’invocation du fameux article 50 le 29 mars 2016 fait que le Brexit entrera en vigueur le 29 mars prochain à 23 heures GMT précises – minuit en France.

À observer la montée continuelle des indices depuis le 1er janvier, cette perspective ne perturbe guère le marché. L’indice Eurostoxx50 a grimpé de plus de 11%, mais le FTSE 100 britannique affiche lui même près de 7,9% de gains depuis le début de l’année…

Le marché est composé d’une multitude d’intervenants, rappelle Jacques de Panisse Passis, président d’Optigestion, et la moyenne de leurs décisions imprime une tendance qui se révèle presque toujours pertinente. Ainsi, la Bourse parvient fréquemment à anticiper un ralentissement, une fin de cycle, une reprise… avec un taux d’échec remarquablement faible.

Les investisseurs ne croient pas à un Brexit dur

Dans l’exemple du Brexit, une analyse de tous les paramètres en présence suggère rationnellement que le Royaume-Uni et l’Europe ne parviendront pas à concilier leurs positions, trop éloignées et en partie polluées par des manœuvres de politique intérieure. Et pourtant, le marché continue à acheter les actions européennes et britanniques comme si de rien n’était.

Pour Jacques de Panisse Passis, ce sang-froid apparemment est un parfait exemple de la capacité de la Bourse à prendre du recul sur les événements, sans se préoccuper de l’itinéraire emprunté. “Avec un pragmatisme indécent, [le marché] se focalise sur la seule certitude incontournable : ni le Royaume-Uni, ni l’Europe n’ont intérêt à un Brexit dur”.

Cette faculté de pouvoir s’extraire du déroulement du calendrier et des moyens déployés, pour ne retenir que la finalité, est étonnante, souligne le stratège. Certes, un Brexit désordonné reste une issue possible, potentiellement par accident. Mais les investisseurs parient que le processus aboutira à une résolution pragmatique. Sans parler d’un report au-delà du 29 mars – une option qui apparaît de plus en plus probable, selon Dean Turner, économiste chez UBS. Pour la banque, un accord proche de celui négocié par Theresa May -aussi critiqué ait été ce texte- pourrait être finalement validé pour la simple et bonne raison que des obstacles encore plus grands se posent face aux alternatives (comme un Brexit dur).

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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