CAC 40 : Spirale baissière sans fin pour le CAC 40 et les autres indices boursiers

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(BFM Bourse) – En dépit des nouvelles mesures de soutien monétaire annoncées par la Réserve fédérale américaine et la banque centrale japonaise au cours ce week-end, les marchés financiers continuent à dévisser face à une crise mondiale d’ampleur inédite.

éLes événements se sont précipités au cours du week-end face à une crise sanitaire qui prend une ampleur mondiale et inédite, aboutissant à l’arrêt des activités jugées non-essentielles dans la plupart des pays européens et dans un nombre grandissant de grandes villes américaines, dont New York.

L’époque où la situation chinoise inquiétait le monde est bien loin désormais. Au 15 mars (selon le dernier rapport de situation publié sur le site de l’OMS), le nombre de nouveaux cas de coronavirus a atteint 3497 personnes dans les dernières 24 heures, dépassant le nombre de nouveaux cas quotidiens observés au pic dans la province du Hubei d’où est partie l’épidémie, observe Oddo BHF. Et dans le monde, le nombre de nouveaux cas suit une tendance exponentielle, et pour une fois l’adjectif souvent galvaudé est malheureusement d’actualité.

Comble de l’ironie, l’activité semble graduellement reprendre en Asie mais les pouvoirs publics chinois s’inquiètent… du nombre de nouveaux cas concernant des personnes qui rentrent au pays en provenance d’Europe ou des Etats-Unis.

Le président américain, après avoir longtemps minimisé, a finalement des mesures pour retreindre la population aux déplacements nécessaires uniquement. Mais le manque de réactivité de la part de l’administration américaine pourrait donner lieu à une augmentation du nombre de cas bien plus rapide qu’en Europe, redoute Vincent Bloy, analyste marché chez IG France – d’autant que la proportion de patients testés outre-Atlantique semble jusqu’ici plutôt faible.

Baisse de 1% des taux de la Fed

La Réserve fédérale américaine est à nouveau intervenue ce week-end en abaissant son taux de 100 points de base à 0%-0,25% et annonçant une injection de liquidité de 700 milliards de dollars, en amont de sa réunion de politique monétaire prévue mardi et mercredi. Ce geste “pourrait être catastrophique si la pandémie venait à se poursuivre car cela restreint les possibilités de la Réserve fédérale américaine pour rassurer les marchés. Le manque de liquidité fait craindre de plus en plus une crise financière sans précédent”, observe Vincent Bloy. “En effet, le monde est inondé de liquidité depuis 10 ans alors même que l’économie se portait bien mais au vu de l’ampleur de la crise à venir les banques centrales mondiales pourraient se retrouver sans marges de manœuvre pour soutenir l’économie mondiale”.

La Bank of Japan a de son côté maintenu son taux à -0,10% mais a choisi de doubler le montant consacré aux rachats d’actifs, à 12.000 milliards de yen.

L’étendue des dégâts en Chine, où les ventes au détail ont chuté de 20,5%, du jamais-vu, et où la production industrielle a chuté à son plus bas depuis 1990, ne semble donner qu’un avant-goût des retombées catastrophiques des mesures de confinement en Europe et aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, les marchés financiers ne cessent d’établir de nouveaux planchers, mais quelle attention faut-il vraiment accorder à des indicateurs de toute façon totalement déboussolés ? Les dirigeants du monde entier “devraient plutôt se concentrer sur le ralentissement de la propagation, puis annoncer des mesures fiscales et budgétaires immédiates et efficaces avant d’intervenir au niveau monétaire”, poursuit l’analyste d’IG France.

Car “si l’épidémie perdure et si les petits commerçants ne sont pas massivement soutenus, une relance monétaire sur un tissu économique décimé n’aura aucun impact et mènera probablement à la prise crise financière que le monde ait connu”, redoute-t-il.

Les Bourses européennes s’effondrent

Pour ce qui est des indices européens ce lundi matin, le CAC 40 s’effondre de 10% à 3706,51 points à 9h40. Soit son plus bas niveau depuis octobre 2014. Le Dax allemand flanche de 6,5%, le FTSE 100 britannique de 7,7% et l’indice milanais de 7,9%.

Si pratiquement la totalité des valeurs parisiennes sont en forte baisse, les plus touchées sont notamment celles de la distribution spécialisée comme Fnac Darty (-23,6%) ou Maisons du Monde (-18,8%). L’aérien est aussi laminé avec une chute de près de 20% d’Air France-KLM, qui va réduire son offre de 70 à 90% pour deux mois. Airbus Group cède également 17,6%.

Guillaume Bayre – ©2020 BFM Bourse

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