CAC 40 : Suspendu au plan de relance américain, le CAC 40 termine dans le rouge

Mots-clefs : , , , , , ,

(BFM Bourse) – Les désaccords subsistant entre démocrates et républicains sur le plan de relance incite toujours les investisseurs à la prudence. Le CAC a cédé 0,27% mardi, au lendemain d’une séance affligée de gros soucis techniques.

Un début de semaine pour pas grand chose sur le marché parisien. Au lendemain d’une séance marquée par de nombreux problèmes techniques où le score avait finalement été arrêté à +0,14%, le CAC 40 a reperdu 0,27% mardi. L’indice vedette de la cote parisienne aura néanmoins eu le mérite de boucler la séance du jour à l’heure, après avoir refusé de clore celle d’hier avant 18h20 (tous les ordres passés après 17h30 ont toutefois été annulés par Euronext, qui a écarté la piste de la cyber-attaque). Le volume de transactions, inférieur à 3 milliards d’euros, témoigne de la circonspection qui règne toujours dans l’esprit d’opérateurs suspendus au vote ou non d’un plan de relance budgétaire aux États-Unis dans les prochaines heures.

À New York en revanche, les investisseurs semblent s’accrocher aux espoirs de voir les deux camps politiques parvenir à un accord, comme l’indique l’ouverture en hausse des indices à Wall Street. Alors que l’optimisme des opérateurs a été mis à rude épreuve lundi, des responsables politiques ayant pointé du doigt des “désaccord subsistants”, “les marchés continuent de garder le faible espoir d’un accord sur des mesures budgétaires avant l’ultimatum (fixée par Nancy Pelosi) pour l’adoption d’un plan avant l’élection présidentielle”, ont estimé les analystes de Charles Schwab.

La responsable des démocrates au Congrès a en effet fixé à mardi soir la date limite pour parvenir à un consensus sur un texte pouvant être entériné avant le 3 novembre. Et son porte-parole a assuré lundi soir que Mme Pelosi et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin s’étaient encore parlés dans la journée et que leurs différences “continuaient à se réduire”. Ces dernières déclarations portent donc Wall Street mardi matin, le Dow et le S&P avançant de 0,65% à 17h55 quand le Nasdaq grappille 0,4%. La veille, le Dow Jones avait cédé 1,44% et le Nasdaq 1,65%.

À Paris, les craintes d’un reconfinement (qu’il soit général ou localisé) semblent également peser dans l’esprit des investisseurs. L’Irlande et le Pays de Galles sont devenus cette semaine les premiers territoires européens à reconfiner leurs populations, tandis que de nouveaux tours de vis sont entrés en vigueur en Italie, Belgique et Slovénie…

Sur le volet du Brexit, Londres et Bruxelles poursuivent leur partie de ping-pong, s’appelant mutuellement à faire un pas l’un vers l’autre pour débloquer les négociations commerciales post-Brexit, plus enlisées que jamais. Le négociateur européen, Michel Barnier, s’est entretenu dans l’après-midi avec son homologue britannique, David Frost, pour tenter de débloquer la situation. “Mon message: nous devrions tirer le meilleur parti du peu de temps qu’il nous reste. Notre porte reste ouverte”, a-t-il twitté à l’issue de ce coup de fil. Downing Street a parallèlement fait savoir que la discussion avait été “constructive”, mais que “la situation” restait “la même qu’hier”.

Relèvement d’objectif pour Sartorius Stedim

Du côté des valeurs, à Paris, l’action Euronext a lâché 2% en clôture au lendemain des pannes géantes rencontrées par l’opérateur et ce, en dépit du relèvement du conseil d’AlphaValue à l’achat (au lieu d’accumuler).

Le fournisseur de l’industrie pharmaceutique Sartorius Stedim Biotech a pris 3,8% après un relèvement de ses perspectives annuelles -le troisième depuis le début de l’année- pour son exercice 2020, et signait ainsi un nouveau record avec une capitalisation proche de 30 milliards d’euros en clôture (dépassant largement une bonne partie des entreprises du CAC 40 à cette aune).

ALD s’est envolé de 11,9%, la filiale de financement automobile de la Société Générale ayant fait part d’une prévision de bénéfices supérieure aux attentes des analystes pour le troisième trimestre, au vu d’une reprise plus rapide que prévu du marché des véhicules d’occasion et d’un maintien des marges sur les activités de leasing.

Les objectifs de Rémy Cointreau revus à la hausse

Rémy Cointreau a en revanche reculé de 2,3% malgré, là aussi, un relèvement de ses objectifs, le groupe de spiritueux estimant que la baisse de son résultat opérationnel courant devrait se limiter à 25 à 30%, au lieu d’un effondrement jusqu’à 40% redouté jusqu’alors.

Alors que la direction d’Unibail-Rodamco-Westfield assure que son plan Reset, comprenant une opération de capital très dilutive, est “la seule réponse crédible” pour répondre aux défis qui se posent au groupe, une position violemment contestée par Xavier Niel et Léon Bressler (détenteurs d’une fraction de 4,2% du capital), le titre a reculé de 2,6%. Au sein du CAC 40, la meilleure performance de la journée était signée Société Générale (+2,3%) après de bons chiffres du suisse UBS, tandis qu’Hermès a signé un nouveau record historique en clôture -à plus de 85 milliards de valorisation- après s’être adjugé 1,5%.

Dans l’autre sens, Danone a lâché 2,6%, au lendemain d’un léger gain tandis que le géant alimentaire évoquait lundi la possibilité de céder quelques marques afin de retrouver une trajectoire de croissance à la hauteur de ses ambitions.

L’euro à un plus haut d’un mois face au dollar

En dehors des actions, les cours des principales références mondiales de pétrole brut évoluaient à l’équilibre mardi en fin d’après-midi, faisant fi des doubles pressions sur l’offre -avec l’augmentation de la production libyenne- et la demande, menacée par la résurgence pandémique. La Russie a par ailleurs évoqué une possible reconduction des coupes pétrolières si le marché du pétrole venait à se détériorer encore, une annonce susceptible de soutenir les cours. À 18h10, le baril de WTI grignotait 0,07% à 41,09 dollars et celui de Brent affiche un recul anecdotique de 0,02% à 42,61 dollars.

Enfin, la devise européenne s’appréciait nettement face au billet vert, qui creuse ses pertes dans l’attente de résultats concrets des discussions sur la relance budgétaire à Washington et à deux semaines des élections. À 18h15, la monnaie unique gagnait ainsi 0,51% à 1,1827 dollar.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article