Cahuzac : l’arbre qui cacherait la forêt ?

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Jérome Cahuzac serait-il au final un bouc émissaire « idéal » pour nombre de personnes impliquées comme lui dans de sombres malversations ?
Pierre Condamin-Gerbier, un ancien cadre de l’établissement financier suisse Reyl et Cie, témoin dans l’enquête dans l’affaire Cahuzac, a affirmé jeudi devant une commission parlementaire disposer d’une liste « d’une quinzaine » de noms d’ex-ministres ou d’actuels ministres détenteurs d’un compte en Suisse. Ajoutant que l’ancien ministre n’aurait été qu’un « fusible ».

Précisons que Pierre Condamin-Gerbier et Nicolas Forissier, ancien banquier d’UBS, ont été auditionnés à l’Assemblée dans le cadre du projet de loi de lutte contre la fraude fiscale  présenté après l’éclatement de l’affaire Cahuzac.

Pierre Condamin-Gerbier a par ailleurs indiqué que les documents constituant « des éléments de preuve », avaient été remis à « une partie tiers ». Considérant au final qu’il s’agit non pas d’un mensonge d’un homme mais d’un « mensonge d’un système et d’un Etat ».
Interrogé sur une éventuelle publication au grand jour des noms de la liste qu’il affirme détenir, l’ancien banquier a répondu qu’il attendait « le bon moment pour le faire », estimant que la période opportune serait celle qui « aura le moins de répercussions » pour lui et sa famille.
Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie sociale, a demandé pour sa part que Pierre Condamin-Gerbier « donne sa liste » à la justice.
Le député PS Yann Galut, le rapporteur du projet de loi de lutte contre la fraude fiscale, qui a interrogé entendu à huis clos Nicolas Forissier, lequel a dénoncé des pratiques de la banque suisse UBS, et Pierre Condamin-Gerbier, a indiqué que ce dernier avait déclaré avoir “eu connaissance d’hommes politiques, sans citer ni leur appartenance, ni leur sensibilité qui, d’après lui, auraient pratiqué cette évasion fiscale« .
Ajoutant que l’ancien banquier avait ajouté vouloir réserver ses déclarations aux autorités judiciaires. Précisant qu’aucun nom n’avait été cité par deux anciens banquiers interrogés.
« Nous ne sommes pas entrés dans le détail mais il nous a confirmé, sans nous dire ‘c’est l’actuel ou l’ancien gouvernement’, que c’était un système généralisé qui touchait une minorité d’élus qui avaient des postes importants de notre République », a par ailleurs précisé Yann Galut.
Selon François de Rugy, le co-président du groupe écologiste, Pierre Condamin-Gerbier et Nicolas Forissier auraient dit avoir découvert un système « industriel » de « fuites et d’évasions fiscales », l’un d’eux parlant de « pillage de notre épargne par la Suisse ».
Ajoutant que tous les deux ont été “extrêmement précis” en ce qui concerne les méthodes mises en place afin de prospecter une certaine clientèle en France, de l’approcher, en vue d’aboutir au final à l’ouverture de comptes en Suisse via des intermédiaires ou des pratiques totalement illégales.
Pierre Condamin-Gerbier et Nicolas Forissier auraient par ailleurs estimé cette évasion fiscale à « plusieurs milliards d’euros par an », ajoutant que « toutes les banques suisses » y participaient.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 15 juin 2013


Le Blog Finance

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